Valhalla Rising ou ce qu’un trailer m’inspire

Je sais, ça ne sert pas à grand-chose de parler d’une œuvre dont on a vu qu’un aperçu.  Par contre, les bandes-annonces semblent très hip en ce moment alors je me permets ce petit plaisir d’herméneute. En flânant sur youtube, je suis tombé ce trailer il y a quelques semaines. Je l’ai regardé cinq-six fois d’affilées.  C’est le teaser de Valhalla Rising (synopsis), un film du réalisateur danois Nicolas Winding Refn1.
En matière de critiques crédibles, ce que j’ai pu glaner ici et là semble dépeindre ce film comme une œuvre difficile d’approche. Le trailer laisse croire à un film d’action bien tassé: apparemment, c’est tout le contraire. Il s’agirait là d’une œuvre hermétique, voire expérimentale: la marque de commerce du réalisateur, dit-on. Ça laisse entrevoir un imaginaire infernal très bien mobilisé, traité avec un certain souci de réalisme. Ma curiosité est piquée.
À cause de mes appétences pour le folklore nordique, pour le souffle des mythèmes chrétiens et surtout pour les quêtes métaphysiques limites vieux-jeu, je tremble de voir ce film. Vite de même, ça a l’air d’une re«montée» des enfers païens; de visu, on dirait l’errance puis la consécration d’un dieu nietzschéen – le héros borgne est une référence directe à Odin – un dieu nietzschéen, disais-je, qui n’est pas encore amputé de sa part néfaste, un dieu qui ne pardonne pas mais se venge, un dieu de colère qui préfère tuer les hommes que les aimer, un dieu affamé de sacrifices. On dirait aussi une fable épique où s’agiteraient désespérément ceux qui veulent à tout prix être sauvés, qui refusent de voir la révélation – soit que rien de doit être sauvé et que la promesse salvatrice est une parole creuse.
Je suis séduit par ce petit deux minutes parce qu’enfin je vois en marche un imaginaire qui m’est très cher. J’ai l’impression d’avoir sous les yeux une œuvre protéiforme, qui répond à plusieurs genres à la fois, faisant fi des codes institués qui surétiquettent n’importe quelle forme narrative. Un beau casse-tête pour les dudes de Solaris qui ne peuvent penser les genres autrement que sous le modèle anthologique.

 

1Je n’ai aucune idée si ce film est sorti dans nos salles ni même si il a survécu ne serait-ce qu’une semaine sur nos écrans (il serait sorti le 24 juillet aux States); en tout cas, il n’est pas à l’affiche en ce moment. Si vous l’avez vu, je vous invite à m’en faire part, à me dire ce que vous en avez pensé, me dire si cinémamontréal.com se trompe et que la chose joue encore quelque part.

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Comments
3 Responses to “Valhalla Rising ou ce qu’un trailer m’inspire”
  1. doctriton dit :

    http://royalflushmagazine.com/2010/07/27/film-review-valhalla-rising/#more-1767

    Tombé sur cette critique en cherchant un autre article… j’ai bien hâte de pouvoir juger par moi-même.

  2. Le Mercenaire dit :

    Merci, collègue.
    Grâce à Brisebois, j’ai pu visionner le film. Et j’ai pas été déçu. Je crois que tu vas aimer toi aussi.

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