Le 13 avril prochain

En 2005,  le visage de l’édition québécoise recevait une balafre de plus alors que François Couture se résignait à fermer l’Effet Pourpre, une maison d’édition qui avait su, pendant six ans, revigorer le milieu en introduisant dans l’arène plusieurs nouvelles voix qui ont rapidement su s’imposer durant la 1ère décénnie de notre XXIe siècle littéraire. L’Effet Pourpre proposait une politique éditoriale franchement atypique en refusant de faire des livres comme on doit les faire, préférant plutôt faire des livres comme on peut les faire. Mais malgré la volonté de Couture de «changer les lecteurs, un à la fois», l’Effet Pourpre a du mettre un terme à sa mission.
L’Effet Pourpre reste, à mon sens, l’une des maisons d’éditions les plus respectables de la dernière décennie.

Ce qui est triste lorsqu’une maison d’édition (québécoise) disparaît, ce n’est pas tant que les auteurs se retrouvent orphelins (l’écurie de l’Effet Pourpre a réussi à se tailler une place ailleurs), c’est surtout que le catalogue de la maison naufragée est pratiquement voué aux oubliettes – beaucoup de titres se retrouvent dans les limbes. Pour un auteur comme Patrick Brisebois, c’était quelque chose de relativement dramatique : il avait publié l’essentiel de ses titres chez l’Effet Pourpre. (D’ailleurs, son premier roman, Que jeunesse trépasse, fut le coup de semonce de la jeune maison d’édition). Même s’il s’est retrouvé chez Alto, Brisebois se voyait en quelque sorte coupé du reste de son travail alors que plus rien après la déroute de l’Effet Pourpre ne pouvait assurer la diffusion de ses premiers textes.

On a longtemps espéré que la chose se produise et finalement, c’est le Quartanier qui a décidé de rééditer les trois premiers romans de Brisebois. Ça commence avec Trépanés, un récit edgy et morbide aux airs d’autofiction (ça c’est une des forces de Brisebois – ses romans critiquent formellement la classification moribonde des genres); un livre qui exige de nos «maîtres de l’horreur» auto-proclamés qu’ils retournent faire leurs devoirs. Pour vrai. En pénitence, dans l’coin.  

Les premières phases de la résurrection s’opéreront mercredi le 13 avril à la librairie le Port de Tête (262, Mont-Royal Est). Le Quartanier y dévoilera deux autres titres dont celui de Raymond Bock – Atavismes – un recueil de nouvelles «posterroir», pour piquer l’expression à Alexie.

 

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Comments
6 Responses to “Le 13 avril prochain”
  1. C’est une excellente nouvelle ça! J’ai hâte d’enfin lire Les trépanés.

  2. Le Mercenaire dit :

    Tu pourras te taper la version redux et définitive. Si tu ne l’as pas encore lu, surveille aussi la sortie de _Chant pour enfants morts_.

  3. Funky Jack C. dit :

    Je pense que la Carson de « Chant pour enfants morts » est devenue ma voisine… Au fond, c’est peut-être juste un fantasme.

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  1. […] ne répèterai pas ce que je vous ai raconté dans cette note-là. Mais je n’allais pas laisser la semaine se terminer avant de manifester publiquement ma joie. […]

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