Génération Y par Antoine Lussier

NDLR : Hey bitches, voici la deuxième semaine de la Terreur Académie qui s’amorce ! Émotions, trahisons pis éjaculations dans le jacuzzi sont à prévoir ! Encouragez ou vargez dins candidats, pis notez, commentez et partagez leurs textes… dans 3, 2, 1, GO ! 

Génération Y

par Antoine Lussier

« Il n’y a pas de patrie, dans le sens d’un endroit d’où l’on vient et où l’on était si bien.

La patrie c’est le paradis perdu. »

Réjean Ducharme, Les Enfantômes

Je tiens tout d’abord à dire que ma génération est une génération de marde. Aujourd’hui, on est âgé entre 13 et 17 ans. Les plus jeunes ont été élevés avec MusiquePlus pis le beau petit cul de Chéli S.C (paix à son âme même si elle n’était pas si fameuse dans le Summum de Mars 2009), et les vidéoclips de gros basterds noirâtres qui chantaient des chansons à propos de son magasin de bonbons qui se faisait licher par les filles du casting choisie minutieusement pour leurs seins pis leurs belles p’tites fesses. Le fisting devient de plus en plus populaire, j’en entends parler tous les jours de leurs belles partouzes chez le mononcle de 60 ans. Je suis né dans un monde où la femme a acquis des droits, c’est sûr. Le droit d’être un objet aux yeux des hommes, et ça les dérangent plus. Quand on a l’innocence d’avoir 8 ans, on s’en fou des viols, des guerres, tant que ça nous touche pas. Belle mentalité gang d’imbéciles. On a tous l’air de belles marioles ? C’est vrai, on a fait des beaux avancements, on a plus peur maintenant de montrer des putes à la télévision. On a Occupation Double pour ça. Y’a plus de tabou, on fait monter des Dushbags, on les accouple à des babouins, et on fait faire l’animation par P.Y. Belle vision de la réalité.

Je me rends compte aussi que l’intérêt pour la culture se perd, mais ça, c’est pas seulement un problème dans ma réalité, mais dans celle du monde entier. Les derniers illuminés qui connaissent des affaires aussi reconnues que Baudelaire ou Zola, ce sont des criss de fous, ou des Hipsters. Tu lis ? T’es pas normal. Tu vas voir un ciné répertoire au cinéma ? T’es un criss de fucké. T’aimes pas le rap ? T’es un inculte. Pour la société actuelle, on devrait m’interner. Je lis du Nelligan, j’écoute du Bob Dylan, je regarde The Sopranos, et j’écris. Ça m’a fait rire quand un de mes chums de gars m’a demandé, le plus sincèrement du monde : ça te sert à quoi, Lussier, d’écrire sur un blogue que personne ne lit, pis en plus, de pas être payé ? Et moi de lui répondre : à faire la révolte contre ma génération. À essayer de me déculpabiliser d’être dans la même batch que les hosties d’épais comme toi. Je dis épais, parce que j’ai jamais compris les gens qui viennent me brailler dans les oreilles en disant qu’ils n’ont aucune liberté. Faites-moi rire. Ce n’est pas la liberté qui est illusoire, c’est son concept de collectivité qui l’est. En gros, si tu fais partie de ma génération, et que tu ne comprends pas le sens de ces mots, ça signifie autre chose que Hakuna Matata : si tu assumes chacune des conséquences que t’apporteront des gestes vers ta quête de liberté, tu es libre. Si tu te fies à un code décidé par un ramassis d’hommes, tu resteras toujours au même endroit. Qui sont-ils pour décider? Qu’ont-ils de plus que nous pour pouvoir diriger le monde?

Anarchiste, je ne crois pas. J’ai honte de porter le nom d’une génération aussi sale que celle-ci. Mais c’est ainsi pour chacune d’entre elles. Mis à part les baby-boomers, qui eux, s’en contre-crissent, chaque lignée a eu un jour ou l’autre à avoir honte de ses collaborateurs, des gens qui vivaient à la même époque qu’eux. La seule chose qui me désole, c’est de constater comment ma période de vie se dégrade, à cause des valeurs qui changent au fil du temps. L’individualisme a pris le dessus sur chacun de nous. Et tant qu’à penser avec notre queue toute sa vie, aussi bien ne pas penser. Je porte vingt-mille jugements, au fond, je m’interroge moi-même sur le sens du bien et du mal. C’est assez contradictoire. Mais on ne s’écœure jamais de dépeindre la réalité. Après tout, je suis pas là pour me faire des amis. Ni pour que ça fasse beau sur un Curriculum Vitae. Mais pour défendre l’idiosyncrasie. La mienne surtout. Et pourquoi pas la vôtre?

Et une dernière chose.

Après 15 pages, j’ai du arrêter la marde que Karl Hardy a écrit, ce qu’il appelait, quelque chose de bon ? Et j’ai compris qu’il y en avait d’autres, des pas de talents qui écrivaient pareil malgré les critiques. Malgré qu’ils savent qu’ils écrivent mal. Je suis pas tout seul. Mais j’aime pas la comparaison entre moi et lui. Alors, j’assume être pire.

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Comments
17 Responses to “Génération Y par Antoine Lussier”
  1. Intermède Imaginaire. dit :

    Je tiens à dire à Karl Hardy que … je regrette nullement, et j’irais même à dire plus, j’ai pleuré. J’ai pleuré. J’ai lu, et j’ai pleuré.

  2. Doc dit :

    Watch out, génération de pas d’culture, Antoine Lussier monte aux barricades! Grâce à lui, j’ai enfin compris que la société, c’est rien que des mangeux de marde! Je m’en vais de ce pas découvrir Nelligan, Bob Dylan et les Sopranos (non, mais où va-t-il chercher ses références si obscures, ce champion de l’underground?)… Ça fait chaud au coeur de voir que la révolution est entre bonnes mains.

    • Intermède Imaginaire. dit :

      Je m’auto-proclame pas champion de l’underground. Mais , dans le trou perdu où j’ai élu domicile, Ed Hardcore et TerreurTerreur, Gabrielle Lisa Collard, Lorazepam et X nombre d’autre référence à l’underground actuel, tu baragouines du chinois. Sorel est pas Montréal. Le bagage de culture est très différent des gros centres urbains. Mais quand tu aimes pas ce que j’écris , l’option est simple. Tu votes pour moi au prochain vote. Et adviennes que pourras.

    • Souris107 dit :

      Tsé, à Sorel, l’underground c’est aussi Normand D’amour avec sa pogné de porte ou le ptit pinson dans l’buisson…Pis si des milliers d’universitaires trop bien dans leurs cultures parallèles underground regardent de haut cette petite populasse qui se pamoie devant OD ou star académie, devant les frites bien graisseuses de chez Valentine ou encore devant des films à gros budget du genre twilight ou Harry Potter, ils viennent de perdre leurs statues d’underground puisque trop nombreux à le côtoyer! L’underground, à mon avis, c’est un mouvement à contre sens, une rebéllion microscopique qui trouve son essence dans les premiers balbutiements d’un air nouvelle…quand toute la société ou une partie importante change de sens, c’est une nouvelle air; pas de l’underground!

  3. Doc dit :

    Es-tu en train d’essayer poliment de me dire de fermer ma gueule, petit? Parce que si c’est le cas, va falloir repenser ta tactique. Et pis, on s’en sacre un peu de tes références ou de la culture prédominante dans ton code régional. L’essentiel de ma critique, c’est qu’avant de te donner des airs supérieurs et de mépriser le monde entier, faudrait commencer par savoir réfléchir et apprendre à écrire. Pour le moment, tout ce que tu produis, c’est des petits jappements énervés vieux comme le monde. Ça s’appelle la crise d’adolescence pis tu passeras pas à l’histoire avec des textes comme ça. Garde-les pour ton journal intime. Tiens, pour te montrer que je suis bon joueur, je vais te révéler un secret : quasiment tout le monde pense qu’il est spécial, unique pis que sa vie a plus de sens que celle du voisin. Le défi, si tu veux qu’on s’intéresse à ce que tu penses avoir à dire, c’est de nous le faire croire. Pis tu y arriveras pas en grimpant sur les épaules du Marquis, de Bob Dylan ou de Baudelaire.

  4. Doc dit :

    En passant, je reconnais que ça prend du courage pour participer à Terreur Académie et pour ça, je t’admire déjà un peu. Alors ne gâche pas tout en te mettant à geindre comme une pucelle dès que ça échange rough. Si tu veux jouer avec les grands, faut apprendre à encaisser stoïquement. T’en fais pas pour moi, je voterai bien pour qui je veux. En attendant, je vais continuer à faire comme chez nous puisque Terreur! Terreur! c’est un peu chez nous, t’sais.

    • Intermède Imaginaire. dit :

      Je voulais pas te chier sur la tête. Mille excuses si c’est comme ça que tu l’a pris.

      • Doc dit :

        Ben voyons, ça m’en prend plus que ça pour me fâcher! On fait que discuter là. Si je pensais que l’échange en valait pas la peine, je t’aurais ignoré, tout simplement. Allez, dégonfle toi pas, un beau jeune homme en colère comme toi! Je pense juste que cette colère qui t’habite est un carburant qui pourrait te mener beaucoup plus loin si tu l’employais à autre chose qu’à mépriser « la plèbe » ou « la masse ». S’agit simplement de mieux l’affûter et de mieux la diriger, à mon tout sauf humble avis.

        • M. Gregor dit :

          D’accord avec le Doc ! Mépriser le douchebag est une perte de temps, question goût il s’est disqualifié tout seul. Écrire en révolte contre sa génération, je veux bien, mais celle dont vous parlez est encore jeune (on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, attendez de la voir aller pendant quelques années avant de la planter), alors écrire contre son époque (il faut donc la connaître un peu !) me semble moins petit, et une saine activité pour un écrivain qui veut devenir autre chose que Marc Lévy. Et ce sera tout sauf confortable.

      • Le Mercenaire dit :

        Excuse-toi pas auprès du Doc. De toute façon t’es peut-être encore trop petit pour arriver à lui chier sur la tête. Montre-lui plutôt dans ta prochaine note (si on te libère pas de la cage d’ici la semaine prochaine) que t’en as plus que ça dans le ventre.
        Le problème avec ta note, c’est pas simplement qu’elle met en lumière des évidences, c’est qu’elle exprime une colère toute consensuelle. Ta colère devrait servir à briser les consensus.
        By the way, les hipsters ça lit pas de Zola et ça se fait des t-shirts sérigraphiés avec la face de Baudelaire off-registre. Choque-toi donc contre les hipsters, à la place.

  5. Doc dit :

    Et je déclare officiellement cette conversation close parce que j’ai pas que ça à faire non plus, hein.

  6. Darnziak dit :

    Douchebags, pas Dushbags.

  7. Anne Archet dit :

    Le concept de génération est à la critique sociale ce que l’astrologie est à l’astrophysique: dis-moi quand tu es né et je vais t’expliquer le sens de la vie.

  8. Anne Archet dit :

    Ou alors, ta place dans l’univers.

  9. Odile dit :

    Ohhh que je suis d’accord avec toi là-dessus, car bien que je ne soit pas de cette génération, ça a commencer avec la mienne et j’ai vu venir le massacre. J’adore ton texte ^^

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