Prix Patrick Brisebois par Canette Anger

NDLR : Malgré  la marde avec Robert ne veut pas lire, la Terreur Académie se poursuit, YÉ ! Émotions, trahisons pis éjaculations dans le jacuzzi sont à prévoir ! Encouragez ou vargez dins candidats, pis notez, commentez et partagez leurs textes… dans 3, 2, 1, GO ! 

Prix Patrick Brisebois

par Canette Anger

Moi au gérant du Red Light de Val d’or : « C’est pas vrai que je vais me faire manquer de respect de la sorte. Ça fait trois ans que je viens ici. Je décalisse de ton bar, gros imbécile. »

J’ai entrevu dans le cahier du gérant le formulaire que j’ai rempli il y a trois ans. Mon adresse de Trois-Rivières, mon numéro de téléphone du temps que j’avais le nouveau HTC Touch Diamond. Je change souvent. D’adresse, de téléphone, de calligraphie. Caméléon jusque dans les articulations. Vie point de fuite. Rotule girouette à force de toujours lui tracer de nouveaux rayons. Il y a trois ans, je déménageais à Trois-Rivières, signais un bail dans Ste-Cécile, planifiais y héberger tout le monde de l’OFF Festival de Poésie de Trois-Rivières. Dans le sous-sol du six et demi, il y avait un enclot. Je voulais m’acheter des poneys. Mais la vie est compliquée. J’ai été rappelée d’urgence à Montréal. Ma mère était à l’hôpital. Je ne suis plus jamais retournée dans cet appartement, n’ai plus jamais payé le loyer. Clé qui en plein ramonage de serrure entrevoit le char des parents par l’œil magique. La clé n’a que préparé le terrain. Un tampon dans une préadolescente au ketchup early. Le projet a débandé solide. Je suis revenue à Montréal.

J’avais le même trousseau de clés depuis mes 17 ans. Quand ton écriture carbure à la haine et au dégoût, t’as le trash huileux, les agences de recouvrement dans le cul et le GPS à random. J’ai utilisé ce trousseau de clés pour faire un des trophées du premier Gala de l’Académie de la vie littéraire au 21ième siècle. Socle de terre cuite à l’envers.Peinture or en aérosol. Fixé avec le gun à colle chaude. La fille a jamais réclamé son trophée. Il traine toujours chez Catherine Cormier-Larose. Que quelqu’un ne veule pas de son trophée, ça m’a toujours travaillé. Mais avons le. Je ne m’étais pas vraiment forcé. Ce que j’obtiens dans la vie, je veux l’avoir mérité. Le respect de mes paires, l’attention du lecteur, la reconnaissance du milieu. Les reproches, les commentaires, la critique aussi. (Loco Locass, really?!) Mettons que je sors dans la prochaine année un recueil de poésie, je vais pas aller sucer Pierre Nepveu pour avoir le Leclerc ou le Nelligan. Pas que je crois que ce soit pratique courante, ni même pratique. J’aime la littérature pour sa ténacité, ses gros yeux. On ne peut pas tous être Émile Nelligan. C’est vrai et le nom de la soirée de poésie adolescente qu’organisent Mathieu Arsenault et Catherine Cormier-Larose au moins une fois par année. Mes écrits du secondaire se sont presque tous perdus dans mes déménagements. Je fixais des fleurs bleus sur la courbe de tant d’adjectifs avec mon gun à colle chaude dans le temps. J’écris encore des trucs quétaines. Ça ne veut pas mourir. Est-ce que ça fait de moi une Alexandre Jardin le pénis renversé par en dedans?

J’ai rencontré un monsieur à la première soirée du OFF FIL. Un prof de français. Il est venu me voir pour me postillonner un compliment. Il était pas mal avancé, suait sa 50. « Je crois que toi et moi on est de la même espèce. On a du goût. » Ce monsieur, il tenait vraiment à ce qu’on soit ensemble dans sa phrase. Est-ce que ce monsieur et moi on participe à la même communauté? La semaine suivante, je me suis rendue à la deuxième lecture du OFF FIL plus tôt pour finir les flyers pour mon 5 à 7 de performances au OFF Festival de Poésie de Trois-Rivières. Le monsieur est rentré, s’est assis au banc adjacent, ne m’a pas reconnu et s’est présenté. J’ai joué le jeu, comme je pensais que c’en était un. L’était pas. S’en souvenait vraiment pas. Il s’est mis à me dire qu’il aimerait lire lui aussi dans une soirée des Productions Arreuh. Je lui ai expliqué que Catherine préfère tester les nouvelles recrues à la Poésie Prend les Parcs puisque c’est une grande fenêtre pas trop stressante. « Pas de la poésie que j’écris moi. Moi, mon style, je dirais que c’est un mélange entre Camus et Jack Kerouac etc. » Est-ce que je dois expliquer mon style au gens en faisant référence à d’autres auteurs plus connus? Est-ce que je dois expliquer mon style tout court? Je peux pas juste écrire? Participer a un courant. Être tranquillement admise dans cette communauté. Que si je le mérite bien sure. Suis-je à travers mon blog la version agace de Nelly Arcan? Ou encore, suis-je la version espionne de Josée Yvon? Prétentions.

En moment de détresse, j’écris sur mon corps. Suis-je une artiste de performance ou suis-je simplement une auteure au corps bavard? Le grand écart pour alinéa, la split pour tabulation, les doigts dans le nez pour deux points. Toutes les photos incluses dans ce message ont été prises avec mon nouveau Android Optimum 1. J’y corrige les fautes que j’ai fait dans les entrées précédentes. Ed va être content d’ailleurs. Extrait de mes vraies boules :

Le weekend dernier, nous avons inauguré le Prix Patrick Brisebois du Gala de l’Académie de la vie littéraire au tournant du 21ième siècle. On donnera ce prix à la personne qui nous aura offert le meilleur récit (poésie, nouvelle, fabliau…) de l’OFF Festival de Poésie de Trois-Rivières, toutes éditions confondues. Pourquoi ça s’appelle le Prix Patrick Brisebois? Parce que c’est à la lecture d’une scène mordante de Trépanés, l’édition de l’Effet Pourpre, que m’est venue l’idée et que Pat, c’en est donc carrément le papa. Son personnage, Morvan, et sa copine, Fabia, se rendent au vrai festival, stone d’une nouvelle pilule hallucinatoire qui vient d’arriver sur le marché, un mélange entre les amphétamines et les skittles. Il leur arrive des tas de péripéties. Morvan se bat avec Claude Beausoleil. Denis Vanier vient les sauver et les reconduit à leur chambre d’hôtel sur son Bigfoot. Cette scène parle de cette communauté de l’écriture. Le but de notre Académie, c’est de la raconter, cette vie littéraire. De montrer qu’elle existe.

On encourage donc quiconque a déjà assisté ou participé à l’OFF de Trois-Rivières de nous faire parvenir un texte de 1750 mots maximum au canetteanger@gmail.com avant le 1er février 2012.  Le temps en masse.

À venir cette semaine :

Un exemple de récit pour le Prix Patrick Brisebois à être publié sur Fins et Spirituels. Dialogue pétillant avec Frédéric Dumont.

Extraits de la scène sur nos trois blogs respectifs à l’Académie de la vie littéraire au tournant du 21ième siècle : Doctorak, Go!, Productions Arreuh et Pète sa coche.

À lire ce mois-ci :

Trépanés, réédité au Quartanier, sorti au printemps 2011.  Patrick a comme moi mis du rouge à lèvres dans son livre.  Puis si vous êtes 20 à avoir lu le livre pour le 13 novembre et que vous répondez au petit quiz de confirmation, je vous promets que je montre la totalité de mes vraies totons.

Publicités
Comments
7 Responses to “Prix Patrick Brisebois par Canette Anger”
  1. François C. dit :

    Une vraie scène d’anthologie. Et un honneur pleinement mérité pour Monsieur Brisebois.

  2. cette fille-là est fucking cool. corriger en lipstick sur ton corps? NICE.

  3. Simon D. dit :

    J’me sens quand même hot d’avoir été le gars avec l’exacto.

  4. Fred dit :

    On dirait qu’il y a moins de commentaires quand c’est bon. Correct ça.

  5. Sophy dit :

    EN TOUT CAS C’EST DES MAUDITES BELLES BOULES (partielles).

    Voilà. Je commente même si c’est (très!) bon. Et je suis super excitée à l’idée du Prix Patrick-Brisebois!

  6. ambidextre dit :

    Je suis resté sur mon appétit. Elle est où la photo des deux points?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :