Terreur Terreur Érotisme par Canette Anger

NDLR : Chuis pas d’humeur à faire des blagues aujourd’hui, c’est un jour sombre au bureau, mises à pied à la pelletée, je suis sauvé, mais pas ma partner que j’adorais. Faque c’est sur ça que commence la troisième et dernière semaine de la Terreur Académie… Frenchkisses sous la douches, coups bas et encore plus bas, et émotions ! Juge ! Note ! Commente ! Pis partage, bon yenne !

Terreur Terreur Érostisme

par Canette Anger

Dans le dernier numéro de Jet d’encre, piloté par Les suspects de service, Mélanie Jannard nous offre un texte témoignant de sa violente passion pour Iggy Pop. Ça m’a carrément levé le cœur. Jannard nous demande d’acheter le gabarit suivant dés le début : tu fumes un joint facque tu hallucines des affaires. Dans son cas, Iggy. Iggy avec des accessoires, Iggy dans des décors.

Comme selon Wikipédia, aujourd’hui c’est la Journée du Straight Edge, mouvement punk provenant de deux chansons de Minor Threat, band des années 80, je vais faire ma rebelle un brin.  Je vais suggérer l’application des lyrics de Ian McKaye à Mélanie Jannard pour ce qui est de ses quêtes littéraires : « I don’t smoke, Don’t drink, Don’t fuck, At least I can fucking think. »  Puis, je vais aller faire la tournée des lancements où je vais BOIRE DE L’ALCOOL, sortir pour FUMER DES CIGARETTES, ME FAIRE FOURRER le cerveau ben comme faut par les commentaires salés de Sophie Bernier et NE PAS RÉFLÉCHIR.  Comme, en cette Journée du Straight Edge, des myriades d’individus sont présentement en train de réfléchir, je me dis que c’est la journée idéale pour, de mon côté, en prendre un congé.  Les réservoirs de l’univers se font déjà suffisamment ramoner comme ça.

Je vous invite donc à transgresser avec moi.  Je partage avec vous ce petit texte que j’ai écrit pour un garçon avec qui je travaillais il y a de ça quelques années.  Zéro joint.  À défaut de pouvoir vous transmettre vin et cigarette, je vous offre humblement de me laisser vous FOURRER DANS TÊTE avec ma spacebar pis mes couilles en étoiles.

CANETTEMEFOURREDANSTÊTE.MOV

Tu es arrivé en retard.  Je sais que tu l’as fait exprès.  Le rendez-vous t’a rendu nerveux.  Tu te demandais quoi dire pour commencer, en entrant ou en me voyant passer la porte.  Rien.  Nothing.  Too much testostérone.  Trop peu de couilles.  Tu as mentis, je le sais.  La politesse, les convenances de devoir expliquer la raison de notre retard.  Wet suit cérébral.  Explication tuba.  Je suis pas conne, pas un poisson, ai un gros cerveau.

**

Excuse moi du retard.  Il m’est arrivé la chose la plus incroyable.  J’étais en train de boire une bière avec Luc.  Tu te souviens de Luc?  Le boss de l’infographie, webmestre, cheveux blancs.  L’hôpital l’a appelé, sa femme a perdu ses eaux.  Eaux de mer.  Enceinte de jumeaux.  Bedaine grosse comme deux têtes de requins.  Ils disent aux parents de faire écouter de la musique à leurs fœtus.  Excès de France Gall.  Luc.  Sans voix.  Gueule ouverte.  Houle de bave.  Téléphone tombe par terre.  Main vrombit.  Capote.  Pas en avoir mis.  Résultat pluralisé.  Compte d’épargnes chicken.  À sec.  M’en a parlé toute la soirée.  Angoisse.  Anticipation.  Bonheur.  Misère.  En vagues successives sur ses joues.  Taxi.  Bras dessus, bras dessous.  Salle d’attente.  Pause papa.  J’ai attendu dix minutes avec lui.  Quand je l’ai laissé, il zignait déjà l’infirmière et il y avait des torrents d’écume qui lui sortait des poches.

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Lire entre les lignes.  Les premières phrases sont maladroites.  Paraissent cruciales.  Trop de pression.  Tout croche.  Tu voulais avoir l’air important, serviable à la limite.  Tu as dit n’importe quoi.  Tu lui as dit que tu venais me rejoindre?  Il fait dire bonjour?  Toi, tu en veux des enfants?  Sa femme, elle s’appelle comment?  Elle ressemble à Angelina Jolie?  C’est pour ça qu’il l’avait pour fond d’écran?  J’ai dit tout ça de mes yeux en trois cent soixante.  J’ai roulé le mensonge et je l’ai fumé.  Ton doigt sur le menu joue à sonne décrisse.  Regard lecteur optique.  Je me demande combien de battements de paupières ça te prend normalement avant de démagnétiser les vêtements des filles.  J’ai déjà la peau des joues qui rouillent et ça n’en fait que vingt cinq.  Le serveur t’amène ta pinte.  Mouillée.  Bien mouillée.  La table a le hoquet.  Patte lobotomisée.  Une petite pourvoirie pour ce moment de silence.  Tandis que le serveur répare les dégâts avec son chiffon, je farfouille dans mon sac.  Paquet d’allumettes.  Sachet de sucre.  Tu sens le dessert, la crème brûlée.  Question petite culière.

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« Tu as fantasmé sur moi, toi, quand on travaillait ensemble? »

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Tu gardes la bouche ouverte, sais pas quoi dire, quoi répondre.  Soupir d’un poumon gêné.  Besoin de renversement.  Qu’on t’inspire.  Je fixe l’entrebâillement et me demande combien de piles je vais devoir y insérer entre ici et chez toi, ce verre et le suivant, aujourd’hui et demain.  Tu gèles sur place.  Petite victoire.  C’est toujours l’effet que tu m’as fait.  Gelée.  Point d’interrogation.  Envie de rebooter la conversation.  Je t’avoue, pour détendre l’atmosphère, que j’ai souhaité longtemps que les fenêtres de mes lunettes soient deux onglets puisque j’ai souvent l’impression d’avoir de besoin de googler et wikipédier les technologies dont tu me parles.  Culture patte de mouche.  Passion de geek.  Engouement avorté.  Tu travailles encore à la même boîte où on s’est rencontré à nombre de paragraphes à pitons.  Tu es la matrice.  Le préposé à l’interactivité.  C’est toi le point virgule entre moi et la machine ; tu nous mets en relation.  Je me souviens de ton atelier au sous-sol.  Tes claviers plein de clitoris.  Des rallonges à clips.  Bouclées.  Tu parles et, moi, je ne comprends rien, je me mets la tête en italique.  Je pense à ce message cochon que je t’ai envoyé.  Je m’amuse à t’imaginer pencher la tête sur le côté, à glisser ta langue entre deux lignes, t’acharner sur le point et à froncer des sourcils de n’avoir assez de lubrifiant pour y insérer quelque chose.  Je sors une bague laser de ma sacoche.

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Cancre lumineux.

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Le pointeur sur tes lèvres, puis les miennes.  Chorégraphie stroboscopique.  Message subliminal.  As-tu compris le message?  Régler l’addition.  Chaussée.  Je t’avoue qu’il n’y a rien qui me brise le cœur plus instantanément que deux becs à la fin d’un message.

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24 Mont-Royal Ouest

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L’ascenseur brisé.  Les marches.  La bass dans mes tripes qui augmentent d’un octet, la marche.  Pas d’air climatisé.  Cage d’escaliers à broil.  Nous, comme deux parfaits imbéciles, on va se pendre à l’élément.  Cons de désir.  Étage 7.  Dans le nuage.  Dans mes bobettes, un vent de jalousie pour la serrure que tu pénètres de ta clé.  Tandis que je passe le seuil de ta porte, je deviens tel un animal hostile qu’on vient de sortir de sa cage.  Cage du doute.  Voudra-t-il de moi?  Ou non?  Oui.  Jouons.   Le bout de mon index posé horizontal sur tes lèvres.  Manette épidurale.  Pause.  Menottées.  Mon tour de scanner.  Je remarque la peau morte sur ton petit doigt effilochée en six toutes maigres lanières, les examinent, les dressent perpendiculaires.  Une pelote de gazon de bédéiste en trois dimensions.  Main fertile.  Main pop-up.  Petit doigt vumètre.  Ton nom.  Deux des afficheurs de ton doigt se remplissent de cristaux liquides.  Rouges.  Moi : taurine.  Winzip tes pantalons.  Ton bassin, toréador, se dévoile.  Vois rouge.  Caméra épaules.  Record.  J’enfonce mes deux yeux dans la chair de tes hanches.  Je décompresse le fichier que ton torse.  Complexe de la peau blanche. Langue crayon.  Lettres attachées.  Salive verge.  Bite d’eau. Bouchon sport.  Marqueur de fellation.  Ton sexe zoom dans ma gorge.

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Scubba et Rumba, tes robots ménagers, valsent autour de ton lit.

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 À chaque fois que tu gémis mon nom, les lumières de mon appartement s’éteignent.

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Tes voisins d’en face ont de la misère à interpréter le code morse de nos ébats.  Du haut de ce moment, nous pouvons, plus que quiconque, regarder les lampadaires de haut.  Il n’y a plus rien, plus personne autour.  Surdité par traumatisme sonore.  Je te regarde droit dans les yeux.

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Tu me regardes droit dans les yeux.

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Je crois qu’on vient de perdre un cil en même temps.  Sens miroir.

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Si nos corps s’effritent, quelque chose de nous restera au moins.

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Les vagues se brisent sur le rivage.  

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Pour rejouer la vidéo, cliquez ici.

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Comments
6 Responses to “Terreur Terreur Érotisme par Canette Anger”
  1. Ed.Hardcore dit :

    J’ai un p’tit que’que chose contre le double space après un point. Si quelqu’un m’explique la logique derrière ça, peut-être que je me rangerai derrière lui/elle.

  2. Sophy dit :

    Ramat dit : «On ne doit pas mettre deux espaces de suite après une ponctuation finale.» (Aurel Ramat, « Le Ramat de la typographie », p.190.)

    Moi j’veux être dans gang à Ramat.

  3. M. Gregor dit :

    Et un quidam femelle répondra : « Il faut aller au-delà des deux espace et ressentir la spacebarre de l’auteure. »
    Et un quidam mâle répondra : « Moi je pense que la première condition pour penser c’est de s’avoir écrit. »
    *
    M. Gregor dira qu’il veut faire partie lui aussi de la bande à Ramat et aller dévaliser les commerces qui arboreront des enseignes bourrées de fautes d’orthographe (trop d’exemples), de syntaxe (« Jouez illimité au billard ») et qui mésuseront des guillemets (« Chez Yvan des stripes, un service « de qualité » »). Sans oublier les jeux de mots poches (encore une fois, trop d’exemples).

  4. Sophy dit :

    Paraît qu’on n’a pas encore fait le tour des jeux de mots avec « oeufs » et « eggs ». Je suggère « Oeufs Rien » en ton honneur.

  5. Sophy dit :

    Ah non, j’ai pas mis d’espace insécable! OSSETIE!

  6. Avis :
    À tous les gens qui m’ont traités de grosse méchante et dit de fermer ma yeule pour ce qui est de mon appréciation du texte de Mélanie Jannard, je vous prie de vous référer à ma dernière missive dans la grande correspondance Antoine Lussier/Canette Anger.
    http://terreurterreur.com/2011/10/20/correspondance-entre-antoine-et-canette/

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