Le bassment de l’enfer.

Filet mignon gone wrong. Le chocolat au piment d’Espelette est en morceaux et copeaux sur la petite planche à découper en bois. La petite planche est beige. Ma main, elle, est rouge, dedans le, badigeonnée de rouge. Va surement boursouffler. Putain de symétrie corps et esprit des obsessions. Tout me revient en flashs. L’herpès lumineux à la gueule du four. Ses gencives diaboliques.

« Surtout pas de pâte à dents, disait la madame d’Info Santé toute à l’heure. Les gens pensent que la menthe va calmer l’inflammation, mais c’est faux. Écoutez nous, pas vos grand-mères. »

Je suis d’accord, je seconde. Je ne comprends pas ma grand-mère quand elle parle de toute manière. A le cervelet écarté, les jambes et les sens en poudre. Parle comme avec une pastille sur la langue, une autre en dessous. Les joues congelées. Nick Carter chantait comme avec une pastille sur la langue. Peut-être que Nick Carter a le cervelet écarté. Pas obligé de me vouvoyer, je suis une petite fille, je capote quand je vois un carrousel et je tripe sur un des lutins du Père Noël.

« Donnez-moi votre code postal que je vous aide à trouver la pharmacie la plus proche. L’hôpital aussi au cas où ça soit une brulure au troisième degré. »

Je le connais pas, je viens de déménager, je suis à Trois-Rivières! Trois-Rivières!, au centre-ville, en haut d’un restaurant cubain.

« Votre nom de famille et votre prénom. »

Canette. Cette semaine, depuis lundi 1h AM, Canette Sadness. Middle name : Infinite. Angry contre la vie, l’univers mais purement triste au fond. Triste et trash rare. Une chance que je ne connais pas de numéro de dealer de drogues trifluvien. J’en aurais fait beaucoup et je serais peut-être morte en ce moment. Morte la main beige et lisse, le filet mignon encore dans son emballage, surement dans le frigidaire de quelqu’un d’autre, celui d’un couple peut-être, un couple qui fonctionne. Je n’aurais pas acheté le chocolat. Il serait resté dans son présentoir. Personne ne l’aurait acheté. Il est ben trop cher. Mon portefeuille a le dos large cette semaine, il fait de son mieux pour éponger ma profonde mélancolie. Rien n’est trop beau. Le vent, la marée. La bay window pour l’âme. Le chocolat à quinze piastres. Le râper, l’émietter pour le mélanger à la sauce sucrée qui accompagnera la viande. Recette importante. Avec du canard normalement mais aussi flexible que la vie peut être laxative. Recette qui ponctue les évènements importants de l’année d’mes vingt deux ans. Jusqu’à aujourd’hui, preuve du contraire.

Je sais pas c’est qui qui va acheter le chocolat à quinze piastres dorénavant mais ce sera pas moi. Mon livre saigne, ma main est rouge, ma pièce de théâtre est menstruée. Dans sa semaine. Sa semaine la plus productive.

« Votre année de naissance, date et mois. »

Je suis démasquée.

LUNDI.mp3

On m’a jeté, il m’a laissé. Le lutin m’a laissé. Je fréquentais un lutin et il m’a laissé.

Adieu poésie. Bonjour Corona.

Je viens de déménager, je suis arrivée dans mon nouveau chez moi il y a quelques heures seulement, le lutin arrive chez moi à 1h du matin. Nous parlons dans la cuisine en buvant chacun notre couleur de bière respective. Il y a le lavabo qui nous sépare. Il me dit grosso modo qu’il y aura toujours un lavabo pour nous séparer. Je suis trop dans ma tête, trop dans ma poésie.

Fuck you poésie. Bonjour Corona.

Je m’exprime trop bien, c’est louche. Ça semble pas naturel, réaliste quelqu’un qui s’exprime clairement, surtout en moment de détresse.

J’ai pissé ma Corona de tous mes orifices, sauf ceux d’en bas. Orifest.

MARDI.mp3

Ladies and gentlemen, welcome to flight 69. Comme la Lotto. La job. Je suce le poteau, il joue avec la noisette de ma sacoche. Money, long time no see. Danses à vingt. Ça, c’est neuf plus onze dollars. Fille scratch and squeeze a prié le Dieu Zizi. Recettes importantes. Les recettes importantes n’ont pas eu de besoin de chocolat. Même pas de martinis au chocolat. Quand je me mets à aimer la pop, c’est que je vais pas bien. Lil Jon, vraiment pas bien. L’abysse. Ploc. Pu de Vickie. Vickie en chute libre. Comme une cenne noire lâchée du sommet de la Tour Eiffel. Tombe, vitesse d’une balle de gun, dans le crâne de mon idée la plus sombre, y érige domicile, commence par fermer tous les rideaux. Rideau rouge. Prémonitoire?

MERCREDI.mp3

J’ai écris un texte filet mignon, tendre, qui te défait à lui tout seul. Me le fait à moi en tout cas.

« Brown love me. Aimes moi tout croche. »

Monologue important, sans suivre de recette, vraiment au pif. Ma pièce de théâtre a enfin un cœur. Je le lui ai cuisiné. Toujours ce putain d’ingrédient magique que la douleur. Je suis sortie, j’ai déboursé les neufs dollars, je les ai multipliés. Mon pouvoir économique a sans cesse la nausée. La grosse. L’excessive. Mon lutin. Le lutin, celui qui n’est plus le mien, il était là. J’ai bu plus de bières et de Jagger que le Zénob contient et peut contenir. Le bar psychologique. Out of denial. La douleur. Les dents qui grincent. Les mains pleines de caries. Je lui ai pogné le cul au passage, ses yeux ont aussitôt refermé la parenthèse et honteuse dans mon désir, je suis partie. Black out. Contrôle alt-deleté.  

Mercredi

JEUDI.mp3

Tout ce qui me reste dans ce bas monde, c’est ma sincérité. Je me suis réveillée pour voir l’infanterie de Ed répondre à celle de Samson. La boîte de réception d’Ed pleine d’chickens et d’other noodles. J’ai lu tout au complet en allant me saucer à toutes les trentaines de mots lus dans ma recherche de billets d’avion pour l’Autriche, l’autre onglet. En janvier, oui. En janvier, je vais partir. Les vacances. Augmenter mes chances de pouvoir rencontrer Ulrich Seidl et les dudes de Granular Synthesis. Le lutin et moi, on était sensé partir en voyage en janvier. Je voulais lui payer le voyage. Le cœur de l’homme n’est pas achetable, pas dans son estomac, ni dans sa tête. Il est low. Vous savez où.

Je me suis réveillée dans mon lit en train de spooner mon ordinateur, une main dans le bol de chili parké sur ma table de chevet. J’ai apparemment réussi à faire du chili à 3h du matin complètement soûle, soûle au point de manquer des bouts. Chili cuisiné par fille passoire. Mon ordinateur est brisé. L’image sur l’écran est à l’envers. Je parle pas le langage de l’univers, je sais donner mon nom, demander des directions et c’est à peu près tout. Je comprends pas ce qu’il me répond alors ça vole pas haut. Rapport de cul. J’ai compris : « Il te faut un nouvel ordinateur. » Je me trompe? Je m’en fiche.

Jeudi

VENDREDI.mp3

Je me suis réveillée pauvre comme une rime, encore et toujours. D’un rêve simple. Je mangeais des ficellos et je buvais du Perrier aux pamplemousses. Je me suis levée, habillée, rendue au Couche-Tard pour assouvir mes fantasmes. Je suis passée par la rue Bonaventure pour me rendre à la rue Royale pour la première fois depuis que je suis arrivée en ville. Il y a un carrousel dans le parc! Oui! Un carrousel IGA en plus. J’aimerais qu’il y ait aussi une trampoline Provigo, un rodéo mécanique Super C et les autos tamponneuses Loblaws. J’aimerais aussi que lundi ait mis plus de fond de teint. Mais il faut savoir se suffire du carrousel tout seul dans le parc et savoir l’être soi-même dans la vie.

Mon corps ne se sent pas suffisant. Ma tête a des amis au gouvernement, elle va. Mais mon corps, lui, il se détruit. Mon épiderme se suicide inconsciemment sur le stage. Tout en moi et après moi a tellement profondément honte de cet espoir pas tuable, cette possibilité que le lutin change d’idée. Je n’ose même pas la pop. Pas dans les oreilles. Mais sur le visage oui par contre. Un bobo sous l’œil. Ajout à une collection déjà assez impressionnante. Plaster. God. Je me sens comme 50 Cent. J’ai un petit look 50 Cent. Les clients pensent que je me suis fait battre par mon chum. Petite plaie. Petit chum parce que dans la tête, la leur, même pas un peu dans la mienne, pas d’illusions.

Pas fait une cenne. Je ne suis plus jolie. Je suis zéro sexuelle. Je suis triste. En canette. Tablette. Je me range dans la littérature encore.

J’ai écris une seule phrase vendredi.

« Je regarde tes seins et ça me donne envie de manger deux oeufs, bacon. »

Vendredi

SAMEDI.mp3

Besoin de bandages, douze pieds de bandage. La mesure. À ne pas confondre avec l’alexandrin. Les bandages que la pharmacienne m’a vendu sont trop difformes pour recouvrir toute la surface de ma brulure de manière sécuritaire. J’ai essayé de trouver quelqu’un ici qui en aurait des plus adéquats, n’est pas trouvé. Mais j’ai une bouteille de vin. Et le porto qui était sensé servir à la sauce au chocolat. Ça peut calfeutrer momentanément, oui. Mais à long terme, il me faut douze pieds de bandage. Pas pour ma main, non. Ma tête. Ma tête et mon torse. Tant mieux s’il en reste pour ma main. Deuxième degré. Cute. Symétrique. Œuf miroir. Je vais cesser d’écrire sur Terreur! Terreur! pour un moment. Je veux pas vous écœurer avec mon crayon noir. Je suis la seule plotte du blogue. Il faudrait pas qu’ils viennent à regretter leur échantillon, les garçons. Puis, bon, pas d’illusions. Je sais bien que ça va être difficile pour moi dans les prochaines semaines. Je suis un soldat. Je dois me rappeler comment on fait pour être un soldat. Je m’en vais en bootcamp lucratif à Fairmont mardi prochain, puis ça sera tout comme si j’y étais encore pour quelques semaines encore. Terreur! Terreur! est un blogue de littérature. Pour la littérature. En ce moment, tout ce que je suis capable de fourrer, c’est le son alors je reviendrai donc après l’intermède musical. La tête pleine de marmelade. À l’orange ou de quoi d’autre. Pas rouge en tout cas.

Samedi

« Orifest » est un commentaire tiré d’une conversation de tout autre ordre et ne vient pas de moi.

« Orifest », c’est Erik Hayot.

« Les autos tamponneuses Loblaws » sont d’une idée extraite d’un délire au sujet du carrousel sur notre réseau social préféré à tous et une idée qui ne vient pas de moi.

« Les autos tamponneuses Loblaws », c’est Pierre Brouillette Hamelin.

Je prends mon bain dans Trois-Rivières! Trois-Rivières!, j’encourage l’économie locale, je m’inspire de ses bêtes les plus hots. Je manque pas de stock. Je veux pas friser le plagiat. Je ne m’appelle ni Marie-Charlotte Aubin, ni Karine Poirier. Je m’appelle Canette. Mes bulles, ce sont les autres.

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Comments
29 Responses to “Le bassment de l’enfer.”
  1. ambidextre dit :

    Fuck les lutins! Leur job c’est de créer la marde de noel, la marde que le père noel va nous chier sur la tête le 24 décembre. Toi, t’es juste tombé sur un lutin crétin qui à pogné la diarrhée – il a pas sût se retenir jusqu’à noel. Ah pis criss que t’as bien fait de pas lui payer un voyage, non seulement la mourre ne s’achète pas, mais en plus il est ingrat… non mais qui veut d’un lutin gras???

    • Canette Anger dit :

      Tabarnack L., t’es tu en compétition avec Alexie pour être l’ultime bouncer de ma vie affective? Vous êtes gentils de vous indigner pour moi. Mais il n’est pas du tout si pire que ça. Un mastodonte de ouate à côté de Cunt Renaud.

      • ambidextre dit :

        Gnueh! Tu comprends rien. Je connais pas le dude pis j’ai rien contre lui. Deux points importants:

        G – C’est ça les mots qu’ils faut dire quand quelqu’un souffre de la pas finerie de quelqu’un d’autre. Ça facilite le détachement des motifs, tu comprends?

        xxx – C’est vrai que les sentiments sont pas achetables pis que l’amour est ingrat. J’en veux encore un peu à mon ex de ne pas m’avoir laisser choisir la couleur du manteau Kanuk qu’elle m’a offert pour ma fête il y a 15 ans…

  2. Tarlatane D. dit :

    Ça pue la poésie, ça pue bon, merci. C’est mon préféré, celui-là.

  3. «Orifest.»!!! My freaking gode! :D

  4. Éric Samson dit :

    Mine de rien, celui-là, je l’aime ben.

    For what it’s worth.

  5. Samson aime. Samson n’aime pas. Jean-qui-rit. Jean-qui pleure. On sait jamais pourquoi. Ça s’en va dans le vent. On s’en crisse pas mal.

    • Canette Anger dit :

      Ok là. On se calme tous please les amis. J’veux pas faire ma party crasher mais me semble que c’est assez la vaisselle. Ranger, toé pis Samson, vous vous êtes assez pitché d’assiettes pour cette semaine, Pis bon, c’est pas un cas isolé. Y’a eu le vaissellier aussi dans le post de Ed. Pis les petites cuillières entre Jannard et Dumont. J’dis pas que j’crois aux éléphants roses. J’pas l’genre de fille qui touche ses seins pendant qu’a parle or autre action gomme balloune. Mais me semble que ça serait bien de tous mettre un miseltoe au dessus d’une bouteille de 50 et d’layer back un brin. Non?

  6. Le Mercenaire dit :

    On passe-tu à un autre appel astheure?

    Pis Canette, j’espère ben que ton break sera pas trop long.

    • Canette Anger dit :

      J’suis obligée de faire un post dans le temps des fêtes parce que j’ai une image malade avec un père nowel. Mais après ça faut j’passe une semaine dans un bain tout mousseux. et une autre dans un chalet bucolique. Oui tin! Le beau plan.

  7. sein-nitouche dit :

    Un melange de frigidite et de brulure au troisieme degre.Si je comprends bien,toi et le dit ‘Ed’,ce ne serait pas «swing la bacaisse dans l’fond de la boite a bois»C’est bon et c’est comparable aux evenements miteux de Fred.Peace!

  8. Tarlatane D. dit :

    Le soucis de clarté… ça compte aussi pour les commentaires, sein-nitouche.

  9. encore moi dit :

    C’est qui Eric Samson..

  10. encore moi dit :

    Moi non plus,en fait,je comprends pas.Je trouve que vous vous ressemblez,c’est sa je voulais dire.

  11. encore moi dit :

    Le blackberry lague..vous m’excuserez!!

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