Texte de pur allage nulle part

(sam17déc1101h12)

On s’appelle pas Ranger, surtout pas Danger, et encore moins Le Prince, pour se débiner, on fesse où ce qu’i’ faut, et faut fesser fort. Du côté du pire tout comme du côté du meilleur, on sait ça, jusqu’à ce que la mort nous sépare. Alors on est là, se trémoussant dans le bar, cahier sur table et stylo-bille en tête, un pichet de rousse devant soi, et le bar s’appelle le Pub Maisonneuve, sur Hochelaga, coin Bourbonnière ou presque, à deux steppettes et quart de l’appart, et on est moi, enfin je crois. Un risque du métier, que dis-je, de la vocation, est que ça devient mélangeant, mais pas trop , et ça s’endure, même plaisamment, plus il y a qu’un moment donné, quand on fait bien ça, on ne compte plus les admiratrices, sans parler des secrètes, qui prolifèrent à grands non-cris celles-là, et que cela fait drôle à se dire, au niveau du quand t’es là, surtout, un vendredi soir cum samedi matin à boire tout seul dans un bar d’Hochelague où pas plus tard qu’il y a deux semaines exactement tu contemplais les formidables yeux d’Alexandra, mais je m’égare. Alexandra est mon amie, en passant, salut Alex.

Voici ce qui s’est passé. Je me dépêche avant que l’effet de la bière, que je bois excessivement vite seul, fasse que je me mette au lieu à rien que taper du pied au son de la musique. Déjà le pichet aux trois-quarts vide. Ça fait dix minutes que je suis là.

Voici ce qui s’est passé. J’ai fomenté l’idée de ce que j’allais écrire ainsi que les premières phrases complètes, en m’habillant, dans ma tête, pour sortir. J’étais arrivé de l’aide aux devoirs trop tard pour me dépanneuriser.

Je suis troublé. J’aimerais qu’un Cupidon ailé me lance une avant février flèche qui me fasse m’aimer mais non, c’est quelque chose qui doit s’apprendre, voire s’étudier, goddamn, longtemps, quand longtemps on a appris à NE PAS le faire. Je ne m’égare pas.

Ça y est, je groove de la tête au beat de RATM, «Bulls on Parade». Avant, c’était «Seven Nation Army». Dur de résister, mais non, j’aime trop écrire.

Alors ce qui arriva aussi c’est qu’en conséquence de mon dernier article de blogue, j’ai eu, en commentaire, un message de Francis Larocque me proposant de redevenir amis et de me prêter une très bonne bécane sienne. Larocque est un gars que j’ai connu en cinquième secondaire, il aimait bien Baudelaire, de qui j’ai plus d’une fois été colocataire, et qui a été un de mes seuls amis à l’époque jusqu’à mon party de fête à Longueuil en 2005, party scrapé par Carlson, j’en ai fait une scène dans les prochainement célèbres & adulés détesteurs, Larocque avait pris le parti de Carlson, dont j’avais trop et bien assez, et j’avais flushé les deux simultanément, dans un effort furieux pour tender à mieux. Misère, après ça j’ai été foudroyé d’amour pour Sibelle, mais c’est une autre histoire.

Autre commentaire à mon article de blogue : mon doux Fred qui me dit tu sais pas à quel point je t’aime. Ça y est, le pichet est fini, qu’est-ce que jva faire, en commander un autre et avant sortir fumer une cigarette, mais pas tout de suite. Fred qui me dit je t’aime et je le sais mon Fred et je suis habitué, mais là ça m’a touché, c’était dit touchamment, me semble.

Pire 

ça y est, Aerosmith, «Walk this Way», je tape du pied, ainsi que du stylo sur la table. Je me reprends (je jouis dans mon sourire) 

, je me connecte sur Facebook et je trouve un message d’Ed. qui me propose un mini-prêt, ou même une levée de fonds sur TT pour mes soucis de vélocélérifère.

Quelqu’un m’achève, right now!

Et hop, la Zepamwoman, ding! ding! ding! «Je te mets dans ma liste de modèles à suivre, OK?» (ten count)

Ziss iz bioutifoule, my friend!

So fucking bioutifoule I could cry.

Stone Temple Pilots, «Trippin’ on a Hole in a Paper Heart». Irrésistible.

Mine de rien, sans m’en apercevoir, je perçois du coin de l’œil que quelqu’un m’observe en train d’écrire tout passionné pendant que sa blonde ou son chum est aux toilettes et aussitôt, automatiquement, j’adapte ma pose pour la profiler en état de charmance. Je vous le dis, je suis charmant comme par magie, mais c’est presque une maladie. Ça fait partie de l’implant.

My freaking gode, ceci torche.

Oupse, Nickelfuckingback. Pause cigarette.

*

Ozzy, «Crazy Train». C’est mieux.

Doncques je ne sais pas quoi faire. Je reçois donc bien de l’amour et je suis bouleversé, même si j’aime pas trop le mot. J’ai décidé de venir au bar et de me soûler. Je viens de commander un autre pichet. Le monde sont sympathiques ici, le bar est en face du Vélomane, où je suis déjà entré quelquefois pour des pièces, je suis content d’habiter le quartier.

Pour l’amour, j’ai couru après, faut dire, et c’est une bonne chose, faut dire aussi.

L’autre fois, Thierry m’a appelé, un soir, il dit pas c’est Thierry, à peine allô, il dit qu’est-ce tu fais à soir, tente-tu de de venir? on fait une p’tite soirée, on va jouer au poker pour le fun, j’ai dit je bois de la bière, je m’en viens soûl, je joue pas au poker mais je peux vous encourager, su’a go je le retrouve au coin de Nicolet pis d’Adam. Thierry est un ami depuis la glorieuse époque des soirées karaoké en gang à la Maisonnée (avant que je tombe dans la cocaèdre, après avoir rencontré Sibelle, c’est la période de ma vie où j’ai le plus fort essayé de paraître bien et où jte dis qu’à l’intérieur de mon p’tit cœur je me suis senti le plus triste), connu par l’entremise de Marc-André. Thierry est un gars qui en arrache dans la vie, mais avec un coolness, qui n’exclut pas cependant des épisodes plus ou moins troublants, pas que je connaisse, dont j’ai entendu dire, plus ou moins, je ne me sens pas de mise à entrer dans le sujet, bref je bois encore un peu de bière chez Thierry 

QUOTSA, «No One Knows»

(we get these pills to swallow)

doomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoomdoom

et là ttàcoup hey, on fait-tu un call? et là c’est à qui prendra de la coke, qui du pot, et le gars, ça se trouve, offre aussi du speed. De la Ice, la meilleure, shit, je veux pas savoir c’qu’y a d’dans, et quoi? Cinq pour vingt piasses.

Je me rappelle avoir faiblement mumblé que j’avais réussi, fouille-moé, à arrêter, genre six bonnes semaines sans drogue illégale dans le sang, pas que m’importe la loi mais LOLOL HILOL pour qui je parlais et quand le gars est arrivé j’ai acheté.

J’ai avalé deux Ice d’une shot. Plus tard, le même soir, j’en au pris une autre et demie, en deux fois. Et le lendemain, le reste.

Je me suis masturbé pendant deux jours et deux nuits.

Avec le speed, le sexe est incroyable.

Il est important, à défaut de mieux, de se faire l’amour à soi-même, au moins de temps en temps, vous savez? Certains ne savent surement pas. Quand on est du genre à y manquer, c’est d’horrifiantes bébites qu’on tend à développer, mine de rien.

Mais qui suis-je pour parler?

Mauvaise question.

Mauvais.

Ça m’a rendu triste, après, c’est ça que je voulais dire.

Voilà c’est ça que j’avais à dire.

Deuxième pichet aux deux-tiers vide.

Êtes-vous type sauce ou type poulet?

WTF

The Black Keys, «Tighten Up», j’aime mieux ça, dedans le contexte où ce texte (appelons les choses par un nom) qui ne va nulle part est fini.

Je continue pareil. [Boozewriting]

Hot tramp, I love you so!

Bowie, «Rebel Rebel».

Bière achevée, je scrame.

Il est deux heures moins dix.

À tantôt. //

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Comments
10 Responses to “Texte de pur allage nulle part”
  1. Le Prince dit :

    C’était CHOM, au bar.

  2. Le Prince dit :

    Ça m’a rappelé toutes ces fins de soirées où, quand je travaillais au Subway Du Parc, après mon close, j’allais dans n’importe quel bar pour boire et mystifiais tout le monde parce que je faisais ça en écrivant dans un cahier comme un pur vrai – sauf que j’écrivais là jamais rien d’assez lisable, le plus souvent.

  3. Le Prince dit :

    Et, oh, comment ça que les mots sont tout petits? Je trouve pas comment arranger la taille. Merci.

  4. devine qui dit :

    «Le sexe» fait que tu liberes des endocrines bienfaisantes qui se rendent a ton cerveau pour tuer les bebites..«Les pilules» font que tu bandes mou et t’ essais,en vain,pendant deux jours,d’atteindre le summum..Mais t’as pas besoin d’alcool pour bien ecrire,c’est naturel,sa se voit.«Adios» Soyez sage cette année..

    • Le Prince dit :

      Pas de redoute, le bandage tient la route, sweet child o’ mine, et j’ai des orgasmes multiples, mais c’est vrai que le sexe est presque aussi incroyable sans pilules qu’avec, quand t’es une bête comme moi. Merci du compliment!

  5. Lorazepam dit :

    You like me and I like it all!
    We like dancing and we look diviiiine!

    J’aime j’aime j’aime l’idée de la levée de fonds.

    Dou dou dou-dou dooou dou-dou doooud.

  6. Gral dit :

    Sup Danger

    Vraiment cool d’avoir des gens aux alentours qui nous aiment et sur lequels on peut compter en période de besoin.

    Et pour répondre à ton autre post, je te souhaite de changer de compagnie rapido presto comme tu le souhaites pour avoir un meilleur salaire; la commission scolaire serait tellement un bon coup.

    Gral

  7. AS dit :

    Eh bien avoir su que tu étais seul avec ton pichet dans ce folklorique bar, à dix pas du métro Joliette au moment où j’en émergeais, vers 1 heure du matin, je serais allée te rejoindre, et on aurait bien déliré, d’ailleurs j’y ai pensé. Ça aurait été chouette.

    « J’aimerais qu’un Cupidon ailé me lance une avant février flèche qui me fasse m’aimer mais non, c’est quelque chose qui doit s’apprendre, voire s’étudier, goddamn, longtemps, quand longtemps on a appris à NE PAS le faire. »

    J’adore ta façon de le dire.

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