Étirer la sauce ou Fille, tu te niaises

J’aime les auteurs qui hésitent entre deux titres pour une même œuvre. J’aime le doute plus que l’auteur. L’auteur, j’le connais pas, j’le fréquente, nuance. J’fais pas ma maitrise sur le doute dans la littérature. Check comme je suis marginale. J’aime beaucoup de choses et ce intensément. Note que je te dis pas ça en me cachant le penthouse du regard avec ma frange super garnie au pied de la porte de La Rockette pour que commence à se saucer le bout de ton pénis émotionnel de petit garçon incompris. Non. Je fais juste te dire ça de même. Moi, je parle. Verbomoteur. J’aimerais m’appeler Véro pour pouvoir en faire un jeu de mots. J’ai toujours mes fidèles trois jetons de poker et lorsqu’on les relie, ça fait un triangle. Mais je ne porte pas de bermudas pour autant. Je suis conceptuelle, oui mais aussi moindrement stylish. Les bermudas c’est pour les peaux en figues. Mon épiderme est toujours au niveau mangue. Femmes fruits. Comprends-tu toutes les choses qui se passent dans ce paragraphe?

Au nouvel an, j’ai pris sans m’en rendre compte la résolution de porter plus de talons hauts. Deux semaines avant, j’arborais des ongles de bitch achetés en pharmacie. Léopard doré. Genre de restant d’une soirée passée dans un staff party de Limité. Les résolutions, ça fait jamais long feu. Dans le cas présent, heureusement. Pluie de confettis. Ma mère m’a donné des bâtons de maquillage à différentes fonctions pour les fêtes. Je ne les comprends pas tous. Je suis le genre de consommatrice qui jette les emballages avec les instructions sans s’en faire. Puis qui regrette. Il existe surement des tutoriels de cache-cernes pour les gens comme moi sur Youtube. Ça m’a toujours semblé chiant et peu conclusif être une vraie fille. Je refuse de perdre trop de temps sur le melon de mon menton. Je ne m’achèterai pas de trousse pour les nouveaux marqueurs, leur famille éloignée et les amis de quartier que ma tante a senti le besoin de rajouter dans mon bas de Noel. Je préfère de loin le cadeau de mon oncle. Une poêle. Tiens, femme. Tu l’amèneras avec toi quand tu vas garder nos enfants, les nôtres sont toutes cramées. Non, l’oncle, je vais ranger mon maquillage dedans. Je vais te faire un joli sauté aux fards à paupières, gingembre. Au pif. Comme une vraie femme. La langue, je la connais pas juste ici avec vous, les petits bonhommes dans mon ordinateur, non. Je la connais jusque dans ses papilles les plus refoulées. Tous les degrés. Le guide alimentaire canadien dans plotte. J’ai un nouvel ordinateur tout mince. Je tranche des pommes avec. Tarte Apple. Vois-tu comme il se passe plein de choses en même temps dans ma tête?

Aye, le gros, sais-tu que c’est vraiment de la torture avoir des brillants sur les yeux qui veulent pas décoller? Aye, maman, sais-tu que j’ai fait une passe de poteau avec la poutre du loft de Francis au party du New Year’s pis que depuis, y’a une ecchymose en ovale, forme vagin, qui a élue domicile sur ma jambe? Jambe avec portail intégré. J’ai peur de happer des cochonneries de danseuses pas propres en faisant une barbe à papa de moi à la job. Mais je suis une princesse maintenant. Tic, tic. Je porte des bas sexy en dentelle qui ont cessés de sucer mes belles jambes dures juste au niveau du minou à pelage kiwi. Silky calmars. Bras en slinky. Je gesticule pu, j’ai pu l’énergie. Je fais des faces et je dis des phrases format craquelin. Tout le monde est bien content. Dans la vraie vie comme au club. Je ne me ferai pas comprendre, jamais apprendre alors je simplifie mon quotidien. Je suis pu une grosse boule d’énergie. Je suis un tison. Résolution.

Je vais quand même pas me mettre à faire l’étoile. Non. Je le fais cinq minutes, je me sens déjà mal, alors hop, les règnes ou doggystyle. Mes cigarettes jutent du filtre. Tu as déjà vécu des périodes de transition? Tu as fais des trucs constructifs toi pendant ce laps? Moi, j’ai écris quelques trucs par-ci, par-là. J’ai fait le procès de mes nuits blanches, je les mises au four, devenues matins. Brisés les jaunes. Embarrées mes clés de casier dans le copain cadenassé. Mais sans échardes qu’est-ce qu’un deux par quatre?

As-tu remarqué que je pose plein de questions? Veux-tu vraiment que je te donne des points de lecteur pour cette réalisation? Je me donne trois entrées de lousse pour mon festival des phrases qui finissent avec un manche de parapluie. Étirer la sauce. J’étire la sauce. On étire la sauce. Moi et le jeune homme dont je parlais sur mon blog mère, on étire la sauce. Peut-être vais-je mourir jeune d’une rosée rendue béchamel à force d’attendre qu’il soit prêt à me recevoir. T’inquiète, sa nouille, elle me reçoit plenty. Mais le parmesan arrive toujours trop tard. Parle, parle, jase, jase. Le sujet. Le voilà enfin. Pop. Bouchon dans l’œil du bras dedans. C’est quoi le foutu temps de cuisson pour une relation? Je fais ma Carrie Bradshaw. Mais avec du sperme dans les cheveux et une clope dans l’cul. Tangerine Dream meets Carrie Bradshaw. They meet, than they mate. Je me demande si j’ai les mollets pour traverser l’étendue de boue. C’est où qu’on palpe ça? Comment? Combien d’ecchymoses en ovale, format vagin, vais-je devoir poupouner avec mon tout nouveau fond de teint?

Je fréquente un garçon qui m’a fait tellement mal, tellement tellement mal. (Où je le mets le fond de teint dans le cas présent?) Je le revois donc, cela va sans spécifier. Une phrase de plus, une phrase de moins. Je suis une fille. Parfois, il faut mettre un tampon dans une phrase sur dix. C’est hormonal comme rapport à la littérature, mais bon, la vie est assez slack pour ça. Fais ta maitrise là-dessus, boy. Pis vas au Royal Phoenix voir si j’y suis.

***

Ce matin, je shacke un peu et j’ai mal au diaphragme. (Ça se prend pas en photo ça malheureusement.) Moi qui pensait que c’était le muscle le plus fort de mon corps. Ça existe des tendinites de diaphragme? Est-ce que ça veut dire que je devrais arrêter de respirer? Arrêter de fumer des cigarettes, ok. Mais je ferai aucun des deux. Je suis rebelle et j’ai les cheveux mouillés. Je refuse d’être plus longtemps séparé du beat dans mes oreilles. Alors le séchoir reste dans sa toge. Oui, le séchoir est un objet sacré, un moine ou simple disciple de la principauté de Dieu, l’étiquette dit pas, je l’ai jeté depuis longtemps. Mais oui. Les objets de beauté. La gear pour cheveux, ben pour moi, moi en 2012, c’est tout relatif à la religion. Samedi, ma maman va me faire un pèlerinage beauté. Elle va m’expliquer comment fonctionnent mes coussins poudreux. Je rentre dans les nounes. Sœur dansante style. Toute la nuit hier, j’ai pensé à mon fantasme. Je me suis limé les ongles avec. N’en reste plus du tout. J’ai les doigts croutés. Je m’ennuis de mon homme. De l’homme que je voudrais mien.

Sais-tu c’est quoi mon fantasme? Je rêve de ces scènes d’amoureux enlacés ou dansant dehors avec les rayons de soleil qui émanent du dedans et percent l’écran. Cinéma, photo. Cette image de deux individus heureux. Les dents toutes blanches. Le sourire du dedans, des lèvres comme des bras, en arc vers le ciel. La vie qui fait ses racines dans ce moment. Ce moment qui reste à jamais imprimé à quelque part dans un gros livre à futur poussiéreux. L’entrée de journal au crayon gel. Les gros pixels de myriades de teintes pastel. Le cœur beige. Il se passe tellement de choses dans ma tête. Ça me le fait en photoroman. Quotidien powerpoint. Tu vois ce que ça fait à mes paragraphes? Check le coq. Check l’âne. Hier, je travaillais. Un client s’obstinait avec moi sur la signification d’un lapsus. J’ai changé de sujet. Mes lunettes sont brisées. Je vois pas plus loin que la minute suivante. Il ne faut pas penser trop loin quand on a peur pour une relation naissante, de se faire rejeter. Non. Il faut faire des grands écarts et écouter des vidéos de chats. Ou de chiens de compétition. De gerboise, tiens. J’ai une nouvelle amie de fille. Elle est si cute. Elle me fait penser à une gerboise justement. C’est mieux qu’une vidéo. Ça me tapote l’épaule et me fait rire. C’est stéréo comme expérience.

J’essaye de me rappeler qui j’étais avant de retomber dans mes vieilles habitudes. J’étais la fille qui faisait 9 points avec le mot Pénis au Scrabble. J’étais la fille qui disait au barman d’un bar plein de petits jeunes : « Sors le Fruitopia. » J’étais la fille qui travaillait les cheveux gras et les ongles de différentes longueurs. Un improviste festival de typo qui se tient dans une main. J’écrivais une pièce de théâtre avec mon sang. Le nouvel an… Quel camp de déconcentration!

Tout à l’heure, j’ai écris à mon ami pour le rassurer. Tous mes amis redoutent les semaines à venir. Tout le monde pense que je vais me faire mal. Qu’il va me faire mal. C’est que c’est une possibilité. Une possibilité avec un assez gros cul. Je pense comme une fille amoureuse. Pour ainsi dire, je ne pense pas. Je lui ai parlé de mon fantasme. Il m’a demandé si je ne serais pas en fait amoureuse d’une image plutôt que du garçon. La question est un peu distordue mais vous la voyez bien. Pas de besoin de m’la faire perroquet. Ce fantasme, c’est mon seul fantasme directement associé à une image commerciale. J’ai bien le droit d’en avoir un. Non? T’en veux d’autres? J’ai cet autre fantasme. J’aimerais écrire des éditoriaux dans un journal slave ou arabe, mais en français. J’aimerais qu’avec le temps, ma chronique devienne si populaire que tous les journaux de pays ignorant tout du français me quémandent du stock. Je me sentirais philosophe. Mais en attendant, je suis danseuse. Danseuse nue. J’écris. De manière limite pathologique. Plein de phrases qui finissent en manches de parapluie.

 

2012 de marde.mp3

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Comments
7 Responses to “Étirer la sauce ou Fille, tu te niaises”
  1. Canette Anger dit :

    Hedi :  » Tu exploses ton score du mot pénis dans une seule entrée. Enfin j’crois. »

  2. ambidextre dit :

    Question importante: existe-t-il une différence fondamental entre un danseur et une danseuse?

  3. Canette Anger dit :

    Pénils (copyright Lorazepam)

  4. Bock dit :

    Ha ha! Moi, j’ai essayé de faire ma maîtrise sur le doute en littérature! Ben ça marche pas.

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