Canette Anger prend l’avion.

T’as déjà eu l’impression que ton foie te parlait en code morse? L’impression qu’il fallait solide que tu arrêtes de boire? Bactérie mangeuse de fun. Tu pleures pas mal faque tu te dis qu’il faudrait bien que tu remplaces les lots écoulés pour que le gérant remarque pas trop le lendemain. Si t’es une fille, des yeux. Si t’es un dude, du petit gadget qui essaye fort mais réussit jamais à me faire venir. Tu shackes comme un chiwawa au Pôle Nord et ce même lorsque emmitouflée dans une tonne de couvertes dans un appartement dont les thermostats annoncent 23 degrés? Join le club pis unfriend moi pour faire subtile.

 

–       Deux shooters de Goldschläger!

–       Pourquoi deux? On est trois.

 

Y mettent des chips d’ordinateur dans le Goldschläger. Savent exactement où tu te situe dans l’allégorie monstrueuse que le désir. Ils les spraypaint pis tout. Mais ne nous faisons pas d’illusions. C’est louche. Pas l’instrument de cuisine. Non. Adhésion à l’application « Cynisme ». À une mailing list assaisonnée d’épices passées dans un lave-vaisselle cornu. Conne et nue, voilà ce que je suis. Momentanément. Enduite d’alcool blanc avec pellicules mayas. Une boule disco émietté que quelqu’un a rajouté au soluté de l’univers. Il y a dans mon compost un moment qui ne veut pas mourir. J’ai appris que mon beau-père est à l’hôpital cette semaine. Ces instants sont décisifs. Lesquels? Ils sont déjà passés. La décision est tombée. Comme une crotte. Sur le visage de porcelaine de la femme qui habite la chambre au bout du passage. (Indice : Elle est blanche et tu peux y flusher tous tes ennuis gastriques.) Tu es déjà allé chez le dentiste? Tu apprends une mauvaise nouvelle. Même chose. Bouche gelée. Phrases mouillées. Les muscles pleins de poudre à pâte en action. Il faut un gâteau pour les funérailles aussi. Personne n’est mort. Pas encore. Mais tout comme. Tu fais quoi quand tu apprends ça? Tu fais quoi quand tu apprends que quelqu’un que tu aimes apprends ça? Tu l’appelles. Tu es dans la salle d’attente toi. Tu sais parler. Tu le fais. Tu dis n’importe quoi. Sauf rien. Au pire, tu respires bruyamment. En faisant cela, tu dis un peu que tu es là. C’est déjà ça. Ça passe vite cet instant. Tu le prends dans tes mains, tu souffles dessus. Les chandelles s’éteignent. Les moments aussi. Mais les souvenirs jamais.

 

–       Qu’est-ce que tu me fais pour deux shooters?

–       Pas l’amour, la possibilité, pis même là.

 

Tes souvenirs. L’information en polka dot. Qu’une poignée d’évènements. Tant qu’à devoir passer toute une vie ainsi, autant maximiser son capital en transformant ces éparpillements en tabulations pour le portefeuille. Je ne souhaite pas me faire fourrer dans tête. Non. Je veux que l’unique huard dans mon portefeuille ne sache plus où migrer tellement la fenêtre pleine de rideaux. Je veux faire du pesto rosé avec des échantillons de mes vieilles serviettes sanitaires. Sauter des légumes. Pour très cher. Oui, je considère la prostitution. Je suis pas une White Trash pour autant. Je le sens au plus profond de mon cul. Je vais écrire quelque chose de géant. Mais c’est toujours pas suffisant. J’ai de besoin de toucher un mot avec ma vraie main pleine de chaire. S’il me faut effleurer quelques queues en chemin, ça me va. Le mot pénis est un mot comme un autre. Pourquoi? Je ne sais plus. Il y a quelques heures, quelques jours, je croyais que c’était purement associé à ce garçon. Celui de la dernière convention des parapluies. Ce garçon, je ne le vois plus. Je ne le vois plus depuis longtemps. Je me l’imagine. Fausse représentation. Tout l’essentiel est soudainement en back order. On m’a servi un poème en me disant que c’était un billet de cent. J’ai encaissé. J’ai tant voulu croire le poème. Plusieurs fois d’ailleurs. Il me fallait un rebound. Pis sadly, il m’en faut toujours un. Sera-t-il lucratif? Serait-ce triste advenant?

 

Dans la veine parapluie noir sur fond blanc, une question bulldozer. Mais bout d’viarge, les boys, qu’avez-vous avec vos graines? God que c’est d’l’ordre d’l’hypersensible. Cuisse de velours. Mets ta petite crème d’indifférence pis fourre moi, caliss. J’aurais jamais cru devoir insister un jour pour qu’un mec me fourre. Pis tabarnack, y m’a même pas fourré, le pas-coquin-pentoute. C’est pas la première fois que c’est compliqué de même en plus. J’va crouter si ça continue. Je vous écris cette note le cul posé exactement sur le même banc que la dernière fois. Je contemplais le dehors longuement la dernière fois mais j’avais pas mes lunettes. Criss. Y’a une église juste devant moi. À 11h. Dire que j’ai sniffé d’le drogue à 5h du ‘ti Jésus. Tu devrais voir mes dents comme elles sont bien cadrées par mes lèvres en bol de soupe. Je parle en effet de mes lèvres d’en haut. On se calme le pyjama. J’ai pas des gros crocs dans l’set d’en bas. J’me suis fait traiter de genre de gros requin rose par le garçon qui faisait l’objet de ma dernière note. Il parlait de ma face. Comment je le sais? Ben dans la phrase, il parle de mon minois de gros requin rose qui se lovait entre les deux coussins d’son visage. Pis c’est pas mêlant. Y m’a mangé qu’une fois et il a fallu que je le paye. En filet mignon. On bâtit pas une insulte sur un cas isolé. Faque. Aujourd’hui, on parle d’un autre garçon. Espèce populaire.

 

–       Tu me veux juste pour ma queue!

–       Tu me dis ça sur le ton du reproche? For real?

 

Des queues, j’en ai vues. De toutes les grosseurs, toutes les largeurs, toutes les couleurs. (Bleues souvent. Oui, moi, je fourre longtemps. Quand le détenteur de têtards a pas fait de speed ou d’poudre of course. Des fois, ça arrive, je suce en tabarnack pis toujours niet, full chimique mais surtout plain psychologique.) J’ai vu de si belles graines. Celle avec les veines larges et bombées telles des échalotes de fun. Une autre avec un seul poil fucking infini à la ruban à mesurer. La branche d’la longueur de l’arbre. J’trouvais ça tellement poétique. C’était peut-être juste un de mes cheveux qui voulait pas décoller aussi. Mais c’t’un peu ça la poésie, han?! Du bricolage.

 

–       Tu me veux moi? J’comprends pas ce que tu me trouves. T’as des gouts étranges.

–       Criss oui. Ça fait une vingtaine de messages textes que j’échange avec toi pis j’ai pas encore vu ta graine. J’pense que j’suis fiévreuse. C’pas normal tout ça.

 

Là, je corrige, résume et mets les réponses que je me suis contentée de penser. Ben oui. Moi, la freak de lettres, je suis rendue à sexter un homme qui sait pas écrire les mots au complet. Petit gars fragile. Sa seule relation avec un dictionnaire va se résumer à crisser sa graine dedans pour qu’elle s’assèche en forme oblongue. Pénis matériel à herbier. Plotte adolescente.

 

–       Je veux que la première fois soit significative.

–       Je t’aime. T’es content? Maintenant, déplie moi ça qu’on mingle!

 

C’est vraiment pas la première fois. Ça fait chier du bat mental. J’ai des gros sourcils crissement bruns. Gang de petites précieuses. Des fois, j’complote. J’rentre dans l’appartement illuminé aux chandelles, j’t’écartèle le monsieur avec des lambeaux d’ma blouse de soie sur son lit baldaquin. Les pétales de rose qui se font écraser entre son cul et la couverte blanche. Menstruations végétales. Les lits des hommes contemporains ont tous un petit côté baldaquin. De ce que je peux voir. Encore et encore. Tristement. On ne peut plus être que deux entrepôts de chair. Il faut les étincelles, le fini velouté. J’ai pas envie de rénover mon vagin. Je veux juste un petit open house. Quelque chose de jetable et qu’un minimum comestible. Criss que j’avale pis criss que j’ai envie d’avaler.

 

–       Trois shooters de Goldschläger!

–       Pourquoi trois? On est quatre.

 

Il y aura toujours quelqu’un pour se rajouter. Fictif ou réel. Importe peu. Le fantasme du prochain gars ou du gars que celui devant nous pourrait être. Devenir. Dans toutes mes phrases, toutes mes commandes, je dois compter mon vieil ami le facteur sarcasme. Pour réussir à trouver le potentiel rebound séduisant, un shooter de plus pour moi. Je finis par en faire quatre, seule au bar, les cheveux dans le visage pour que mes amies à l’autre bout du bar ne me reconnaissent pas. Hier, je suis sortie avec des amies de filles dans un bar douchebag du Vieux-Port. Nous étions allées pour croiser la queue potentielle de Debby. Avant, nous étions à l’Igloofest. Cunt, le gars qui a installé une petite manufacture à confitures dans le palais de mon cœur, y travaillait. J’avais si peur de le croiser. J’aurais surement réagit en frenchant à peu près n’importe qui. Fille, gars, whatever. Debby, Marine, Véro ou le gars d’la sécurité. On a dansé sur du gros électro en sautant avec un doigt dans les airs. Cette chorégraphie s’appelle « Un doigt dans le cul du ciel ». Baptême avec eau en flocons de coconut. Je repense à cette autre chorégraphie, les quatres filles, le recul jusqu’aux gros cubes de LED, ça n’a pas encore de nom, n’en a pas de besoin en fait. C’est simplement le fun par la fuite. Le simple bonheur des bobettes en popcycle. La recherche de quelqu’un pour la sucer bien comme il faut. Pour quelques heures ou quelques années. Mais soyons francs. Les gens débandent vite. Je suis au congélateur depuis un an. Je m’y suis oubliée moi-même. Ce qui est à suivre risque d’être concassé grave.

 

Je me disais que faute de vivre dans la vraie vie, j’allais me plonger la tête dans l’écrit. Mais semble-t-il que j’ai une écriture autiste, que mes textes n’ont pas de colonnes. Alors véritablement, que me reste-t-il outre mon corps? Formulaire d’inscription pour coma éthylique. Je me retire de Terreur Terreur. Je suis finie. Dans tous les sens du terme. Je me suis gaspillée. Le ministère en guenilles pour essuyer mon vomit sur le stage. Je suis une freak. Qui s’admet elle-même à l’asile. La quarantaine à 22 ans. Adieu. Merci pour le deux minutes. Y’a du monde en masse pour vous divertir. Liquide pas tes tickets tout de suite. Bravo Cunt Renaud, tu m’as vraiment tuée cette fois-ci. Je veux pas faire chier avec ma peine d’amour, personne avec mon orphelinat littéraire. Je veux manger de l’anis et boire de bière blanche pour l’éternité. Toute bonne chose a une fin. Une faim pour de l’anis dans le cas présent. Ce que vous allez manquer : mon beau-père va mourir, mon écriture va être de plus en plus contaminée par l’autisme de mon demi-frère, je vais me faire femme fontaine de la face. Pour plus de détails, se référer à mon blogue mère. Les transitions pas fluides. La fuite pas possible. La quotidien dans une flute de champagne. Dollorama.

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Comments
16 Responses to “Canette Anger prend l’avion.”
  1. anonyme dit :

    Je trouve que c’est ton meilleur texte ici jusqu’à présent.

  2. Le Prince dit :

    Eh tabarnak. T’es forte en tabarnak.

    • Le Prince dit :

      (et, écrivant de même, c’est sûr que tu le sais, même si ça ne mène pas nécessairement à rien ni quoi)

      • Le Prince dit :

        Non, tu ne quittes pas. Quand tu te trouves tuée tu petite-mort un texte qui ne laisse rien d’autre après, sauf ça, et ça c’est ce qui est, on n’en revient pas. You got that thirst. Et peu importe. C’est magnifique. Oui.

  3. anonyme dit :

    T’es triste en criss. Ok. Est-ce que TT te rend triste? Si c’est pas le cas, lâche ce qui te rend triste et reste ici.

  4. anonyme dit :

    Wow. On dirait que ma tête vient d’exploser. Bombe.

  5. Le Mercenaire dit :

    Ça c’est le genre de nouvelle qui démarre mal ma semaine. C’est triste. J’imagine que tu as déjà pesé le pour et le contre. Mais bon, tu peux encore vendre tes billets d’avion sur kijiji et demeurer parmi nous. Prends un break. Mais reste.

  6. Ed.Hardcore dit :

    Prends des vacances, change-toé les idées, mais surtout prends soin de toé, bon yenne !

    Si ça te tente, on peut aller peinturer une tasse au café Céramique — on apportera une flasque de Jameson. Your call !

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