Texte d’hiver

(jeu5jan12‒03h58)

[[[ IL Y AVAIT DES OISEAUX NOIRS DANS LE CIEL ]]]

I

Un matin, à l’heure où l’aube est déjà bien entamée d’une journée de soleil, de grand ciel bleu, avec passages nuageux mais sans plus, il y avait des oiseaux noirs dans le ciel.

C’est étrange de l’avoir remarqué, parce que tous les oiseaux sont toujours noirs dans le ciel. Si on y pense.

Le problème c’est qu’on ignore de quelle espèce d’oiseaux on parle. On ne sait plus vraiment, car c’est devenu impossible, fou, quels genres de volatiles vivent à la faveur des vents, des airs flous et vides au-dessus, ici, partout. Quelque part. Autour. À vrai dire, il y a longtemps qu’on n’en avait vu un seul ‒ sans égard à la race. Et ça, sans rire, sans même qu’on ne se soit posé la plus simple question. Étant: mais qu’est-ce qui se passe?

Bonne chance…

De tout cœur. Les oiseaux, tous les oiseaux, sont rayés des registres, flang! d’un coup depuis parfois, ou si on veut deux ans, grosso modo, à vue de nez, au pif, comme ça ‒ ça n’a aucune espèce d’importance, à l’entendre comme on voudra. Le fait est qu’on efface un peu à tort ou à raison, et qu’on s’en satisfait, et qu’on fantasme, sensationnément fortés, que la mort, fin, nous guette, maint prête.

Et de là, il n’y a pas à dire, il s’en est fallu de l’étrange qu’on ne fût resté aux prises avec une énigme insoluble et qui plus est plutôt passable.

II

Il faut excuser le conteur qui part nulle part s’il nous y mène. Il faut tolérer la présence architecturale ou relatée ou rencontrée, vécue, si les matières fécales et cie circulent tel que convenu ainsi jusqu’où les y conduit. Paraphrase, confessions, f., Livre 9 des vii, des viii et i [«neverabridged»].

Dès lors, poursuivons. *Intacts.

III

Autant que faire se peut, de grands oiseaux noirs occupaient (pour ainsi parler) ce ciel. La couleur noire précisée, qualifiante, à noter, ne se rapporte pas quant auxdits oiseaux à leur couleur, à la couleur, ni même à la valeur, au ton, à la luminance, à la chrominance; d’ailleurs le bleu du ciel bleu ne l’est, apparemment, qu’en vertu d’un phénomène sans nouveauté de science physique appelé normalement diffusion… non: il faut «sentir» ici très préférablement de façon, du penchant, poétique ‒ puisque de même il en agit, au fond, croyez-le.

Mon Dieu! que c’est complexe, complexe.

IIIi

On parle d’oiseaux ‒ présumément ‒ dans le cas en cause INQUIÉTANTS. Bien sûr; sans cela n’eurent-ils sans faute même pas été visibles… au sens d’à l’œil nu.

D’à la tête éteinte morte-matin.

D’à l’apparition de stigmates abjects au sein sûr du grand creux pleureur, et prieur, et parieur, et pariétal, et pompeux, pontifical, peste et n’en parlons plus, surtout plus! Et pourtant plus!

IIIii ou -iα

Soyez avertis que cela viendra tôt ou tard. [confer À l’occasion.]

IIIi (bis)

Dix, vingt, trente, quarante, cinquante, soixante octobres… Non pas à tuer, mais à vivre, dépendamment d’on ne sait quoi, souvent. (À soixante-dix et plus, posons, c’est octobre à l’année; super prix pour avoir vaincu, fait le tour du monde, passé la cassette, grand chelem: un octobre inépuisable, gras.) À la veille du mois des morts, dans l’hémisphère nord, on comprend ce que cela est.

En avoir soupé, des saperlipopettes. Re-deviner en déjà-vu que le temps n’existe qu’en tant que piège paramétrique où se pulvérise la mythique raison, raison des torts, de tous les torts, qui sont tout. Ainsi l’hiver est une escapade en jaquette capitonnée qu’on n’entreprend ni n’achève, perdus, perclus et bien embaumés depuis Noé (non, ceci souligné n’est pas vrai, sauf qu’à ce stade la structure grâce à laquelle tiennent la mémoire, les concepts, même les mots, se fane et rend l’âne, il n’y a plus d’issue.)

L’été des Indiens sans Indiens, la procession damnée des déguisements sans réelles personnes, Thanksgiving ‒ Thanksgiving! ‒ et Noël, Noël! avant l’abominable heure des bilans, enfin la Saint-Valentin pour sûrement crever le cœur. N’y a pas de quoi fêter Pâques, après.

Concrètement, comme par hasard, il arrive, c’est confirmé, que cela débute, au re-commencement de la Fin, avec en parallèle un matin des oiseaux noirs dans le ciel.

VIII

On voit le mât du Stade Olympique, d’ici, dès qu’on franchit la porte. Nous sommes en Roumanie. Nous sommes de l’autre côté du quatrième rideau de fer, échappés, hors-scène, sans dimensions, des coulisses. Nos livres viennent avec une couverture à la fibre molaire, globale, et aussi de par sa confection malaise. On peut toujours essayer! Avoir peur, peut-être. Et remarquer quelque chose ou autre, sans aucun doute, encore que sans brevet non plus, et puis l’écho… On dit du mal, on ne peut dire de bien, car le Verbe faillit. D’où l’ambiance d’Aux-Truies. C’est ainsi fait.

L’église, sur la rue, dont sonnent les cloches pentues aléatoirement, est un appareil spacial venu d’outre-cieux, Claire, pour preuve que sa conception formelle, immobilière, triangulez donc les dates, ne peut pas s’être pue.

Dansez, maintenant.

Σ0

Car les oiseaux noirs sont arrivés pour enlever le dernier sens aux mots et aux choses. Faire la révolution de naguère. Venus du fond des caprices puis à bord de sculptures faites en sel de larmes séchées de Byzarre, la colonne du feu du ciel est invisible puisque nous sommes dans son œil, sonne le cycle. Et vous percevez le brisant insensible, et vous tentez d’entrevoir à tâtons mais c’est ambitieux, et vous êtes harcelés de toutes parts, et pourtant l’essentiel n’est sensible sous aucune condition, et surtout vous ignorez tout, et vos parapluies restent sans le moindre pouvoir, sans le plus petit soupçon!

Il faudrait que l’on vous renseignât sur le fait que votre gorge est tranchée, irrémédiablement. Tranchée non proprement mais net par le bec d’un oiseau noir! comme je viens! tout juste de l’entendre!

Ce n’est pas beau à permettre mais de quoi se plaint-on.

Mais moi cependant.

Sauf que quoi.

IV

Plusieurs vont te dire, par exemple, que c’est humain, trop humain de tomber, aucun n’est garanti tant qu’il y a de la vie, il y a des pestes noires, mais là, bon, quand ça t’arrive, c’est justement la chance, l’occasion parfaite pour que tu saisisses comment que ça s’est passé pour pus! que ça se reproduise… Mais ça recommence encore, c’est tout le temps la même histoire, j’veux pus rien savoir, garde.

Tu sais où qu’tu t’en vas…

C’tait une question.

Pis jvatdire: Quand une même situation s’répète, pis s’répète, pis s’répète, les mêmes erreurs, d’une fois à l’autre, pis à l’autre, pis à l’autre, ça, là, là, ça ça veut dire que probablement, que très probablement,

c’est ça que j’cherche

c’est toi qui l’veux

«Prends garde à ce que tu reçois, car tu le désireras!» Je le sais. Assez. Là est la clé. Là est la porte. Mais pas l’échappatoire. L’échappatoire n’est pas cachée, quelque chose à trouver, l’objet d’une quête: elle est; tu l’apprends. L’échappatoire c’est quand tu te laves les mains. Vante-t-en! de tes ongles récurés. C’est bien.

Regardez. Ta yeule. Je portais des influx je prévoyais toucher quelque chose et au milieu je réalise que je réalise ‒ mais oui, ça ne m’étonne pas ‒ que rien; et ce qui est drôle voulez-vous savoir!?! c’est l’Histoire, du pareil au même: j’ai écrit la fin avant le morceau que vous lisez en ce moment précis, exact, et qui avance que c’est sans but.

Je suis sincère. C’est le néant et ça n’émeut pas.

5

Partout dans les grands pays les objets neufs, les tissus jamais salis, jamais au grand jamais décolorés, enduits de sperme, froissés, ou alors disparus aussitôt, jetés, terminés, remplacés, tout brille comme au premier printemps, né à grande eau, anti, sceptique, jamais le génocide, l’école en joie, une gloire, une Scandinavie sans trêve scandaleuse, «open like 7-Eleven», orgiaque et propre jusqu’aux sous, propre et l’on jouit, on jouit, on jouit à ne plus finir de tout ça, cette trahison, le miracle, mais c’était un cauchemar ‒

heureusement

sans suites.

Si bête.

6 6 6, le nombre de la fête.

Σ1∕0 ≡ ∞

L’oiseau, aveugle, debout grand, à deux pas, me disait en me regardant, avec la voix, les yeux blancs: Man, t’en as pas pour longtemps, tu l’sais. Tu réussiras pas à t’accrocher. Depuis tout le temps que t’essayes, tu te retrouves toujours à perdre du terrain, par à-coups sourds, sans savoir prévoir, ni pourquoi, ni comprendre, anesthésié de cicatrices.

On n’a toujours calomnié à la vie à la mort. On n’a toujours calomnié à la vie à la mort. Riez, chantez, danser, exorbité par tant d’infâmie. Riez, chantez, danser, exorbité par tant d’infâmie. Je. Je. Mais au moins j’essaie de comprendre! Mais au moins j’essaie de comprendre!

Bye bye.

Ø ou {} (ou XII) (ou FIN)

Je suis rentré comme si de rien n’était. J’ai noté du coin de l’œil que mon oiseau noir m’attendait. C’est bien. C’est très bien.

bâton, lame non va s’envoler pas frappe distance lance quoi couteau non mauvais tirer, tirer ‒ Mon

sling-shot.

[HeY lEs MaLiNs, CeLa C’éTaIt Un EfFeT dE sTyLe RaTé, À nE pAs FaIrE]

Je n’ai pas un sling-shot de chasse ni de compétition, mais un sling-shot qui tue des oiseaux quand même, avec des grosses vis courtes et pesantes et des boulons ramassés au petit bonheur la chance.

Je suis rentré le chercher sans honte et sans excitation, l’excitation est provoquée par des événements qui passent et à la longue ça refroidit les ardeurs et les ardeurs se dégustent pleinement calmement, à froid , la tête parfaitement claire et le regard profond, la pénétration perverse en science pure.

Et pourtant je n’aurais pas tué cet oiseau, mais on ne le saura jamais, car il avait disparu. Le salopard est entré dans ma tête où il reste et rit de moi gentiment, et ils sont plusieurs, et m’effacent.

(sam4fév12‒07h19)

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Comments
4 Responses to “Texte d’hiver”
  1. ambidextre dit :

    Je ne suis arrêté au mot noir. Le combientième? Ché pas. Trop de tournoyage!

  2. Lorazepam dit :

    Moi j’aimerais ça apprivoiser un oiseau noir. Je lui dirais de me dire des choses gentilles, et je l’aimerais.

    En tout cas, c’est un beau tesque, cher Prince. Mon cerveau gauche faisait hiiiiiiiiiiiiiii hooooooooooou pendant la lecture, mais c’est pas grave. L’hémisphère gauche, je l’écoute pas tout le temps.

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