Chantilly parapluie.

Je déteste devoir mentir, les choix de terme forcés, les subtilités de langages. Je déteste les gens saouls qui font de leur gueule un jacuzzi super select où seules les phrases dont la tenue de bain comprend deux morceaux sont admises. Les phrases toutes à l’image de l’absolu parallèle mathématique, qui détiennent la solution sans même connaitre la véritable identité des variables. Aye chose, t’es parké à l’envers dans un sens unique. Avocat, tomate, concombre en cubes nappés de vinaigrette aux framboises. Baie window. Tu la vois tu la faille? Je déteste trop. Canette Anger. Je déteste que ça soit la faute des phrases. Pas toutes. Juste celles. Pas moi. Toi. Obsolètes. Algèbre d’drag queen. Bulletproof. Le pensé, le mangé mais surtout l’argumenté magique.

Je déteste les filles. J’aimerais être un garçon. Orlando. Pas n’importe quel garçon. Garçon clitoridien. Allumé. Vif. Chantilly. J’aimerais une light switch dans mes caleçons. Tête de chevet. Un gros tiroir, un plus petit, du lubrifiant. Après la soirée que je viens de vivre, j’ai le cerveau avec des freckles à la Pollock. J’voulais mettre une photo d’anus en headshot pour les visuels mais j’ai pas le tutoriel de photoshop dans mes signets. (Dieu que j’ai Terreur Terreur dans mon historique par contre.) Vous avez manqué plusieurs évènements de ma vie. Ma vie sert de contenant à la mort. (La tienne aussi surement. Enfin, j’espère.) Peeping Tom. Il faut prendre une pause entre chacune des diapositives pour répondre aux questions du public. Ou s’en poser. (Je me fais pas d’illusion. J’vais fournir le chapeau en plus du lapin pendant que tu chilles dans le jacuzzi.) Un point d’interrogation, c’est vraiment trop un point d’exclamation qui a enfilé sa capuche de faucheuse. Pour beaucoup de monde. Beaucoup, c’est toujours trop. Comme aimer. Le monde, c’est grosso modo des verbes avec des numéros d’assurance sociale. Des petits tiroirs et des gros.

J’aime bien, pas beaucoup, pas trop, juste bien les choses simples. Le premier niveau. La crème glacée à la vanille. Je suis écoeurée des chunks. Écoeurée des dreds d’information dans mon estomac. Depuis quelques semaines, j’ai un poing dans le cul. J’ai aussi un pied. Un pied à terre à Montréal. En colocation. Avec un chaton et un lutteur mexicain. Pas un appartement, non. Une fistinière. On organise un souper pour le départ du lutteur lundi. Il s’en va en voyage j’oublie où pour un mois. Un mois de grosse paix sale. Meow. Je me repasse tous les hommes de ma vie sans cesse et me demande qui je pourrais inviter pour me garder compagnie. Dans ma tête of course. Avec qui je pourrais échanger des regards de connivence. Avec qui je pourrais voir des formes dans mes patates pilées. Quand je m’imagine sans littérature, je suis chez nous. Alone. Pis chez nous, c’est un loft.

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Rémi prend une pause pipi. Va aux toilettes mais la vessie en jerky, pisse pas, pas de couette brune à l’horizon, no liquids, ni solids, un cheveu, une linguini enroulée avec brocoli piqué, échantillon plus tôt extrait du tupperware de Pierre, juste pour dire. Linguini fait le DJ, Brocoli l’éclairage sur le pit de la parois d’l’estomac. Divertir les foules, qu’ils oublient qu’ils sont nus, ont faim, pu d’crédit ni dans l’cul, ni dans tête. Le popotin sur la bole, slingshot à terre, ceinture qui même avec ses quatre coches vierges trop petite pour faire un auréole pour les souliers. L’ass sur le horseshoe, la gueule ben bandée, la luette génitale qui pendouille à quelques centimètres de l’eau bleutée. Le froc à l’air. À attendre. Quoi? Pourquoi? La fille sur le banc qui pose des questions. Pourquoi? Mot suivi de manche à parapluie. Peur des larmes. Mentir. Pause pipi. De la petite poche cachée du coat en jeans, sortir le tube de fond de teint. Blanc. Blanc comme neige. Badigeonner généreusement. Température pièce. Juste un séchoir à mains, pas de séchoir à graine. Papier brun, tout rugueux. Se sabler les tempes, s’éponger les couilles. Serviette cheap mais serviette quand même.

Capote enroulée pour piquer Simone. Échantillon hier extrait, juste pour dire. Mais pas lui dire. Pas une bonne idée. Sinon elle va pleurer.

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Ce soir, je pleure les hommes de ma vie en faisant du bricolage.

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Je ne connais pas Paolo. Il n’existe pas. Pas vraiment. Il n’est pas possible. C’est tout. Paolo mange les sous-marins aux côtes levées du dépanneur. En marchant vers chez lui. Ses longs doigts, velus aux articulations, se battent avec le ziploc commercial. French des deux feuilles de plastiques interrompu avec toujours autant de difficulté à chaque soir de brosse. Projet ébahissement du snack. Paolo. Bronzé. Comme rôti. Les reflets que servent les joues des chars captent l’éventrage du colis. Gros niaisage. Veut pas s’ouvrir le tabarnack. Envie de mettre de mon gloss sur les lèvres de l’emballage que ça se fasse d’un coup, sans embuches, victorieusement. Que j’ai une bonne raison d’être bouche bée, les idées pleines de vaseline. Paquet à salive crunchy. Deux poils de son index s’enlacent. La chose résiste à l’inconnu. Cheap.

Paolo réussit à délier. Le sandwich sent le vieux prisonnier tout crotté. Linéaires becs moutonneux de contenant à container. Sur les pointes, des cils de colle. Dans tous les dépanneurs québécois. Denrée d’ivrogne. Pourtant, on est pas si saouls que ça.

Je me repasse le contenu de mon frigo. Je viens de déménager. Je sous-loue. Sarah a laissé quelques légumes et fruits dans le tiroir adjacent à celui pour la bière. Des vieilles clémentines. Je m’y suis essayé ce matin. Sphère de pelure, le centre tout ratatiné, les joues rouges, embarassé. Centre minuscule. Une émoticone dans un énorme PDF. Îlot de pulpe dans condom magnum.  C’est vrai. La salade. Il me reste la salade d’hier. La laitue doit encore être croustillante ; la vinaigrette est à part. Puis, il y a le parmesan. Paolo est italien. Il doit mettre du parmesan dans sa salade lui aussi. Il est trop tard pour proposer. Le Gadoua est dans Ginette, le billet dans la caisse.

Paolo me reconduit chez moi. Marche en parfait tiret à gauche de moi. Comme ma mère m’avait promis. Respectueux. Bien élevé. Et s’il ne veut pas de moi finalement? Prévoir le pire. La tornade. Les portes missionnaires dans la cours comme dans les films d’invasions extraterrestres. Le vent bande mou. Paolo. Peut-être aussi. Peut-être que bande pas pentoute. Je vais pleurer.

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Tout le reste au sharpie sur mon one piece rose de job.

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Patrick est un homme réservé. Patrick prend des grosses poignées de bonbons à la menthe dans les petits paniers aux caisses des trois restaurants d’ici, les garde toujours dans ses poches, comme des talismans. Il m’en a donné un. J’ai eu l’impression qu’une pierre semie précieuse était en train de me fondre sur la langue. Je ne l’ai pas croqué. Entre filles, on l’appelle Le Nécrophile. Il ne veut pas qu’on bouge, qu’on soit flats et tendues à cheval. Il nous masse. Il ne faut pas parler, il faut éviter à tout prix d’effleurer la peau de son cou de notre souffle chaud. Il aime quand la porte du fumoir est entrouverte. Il dit que c’est parce que c’est rafraichissant un peu d’air froid, de dehors.  Pour lui rappeler que je suis vivante, je pleure.

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J’ai le coeur en lettres attachées.

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Mathias m’appelle toujours aux petites heures du matin. Il me demande si je la sens. Je ne réponds pas. Il respecte ma sincérité. Il me prend missionnaire pour pouvoir me baver dans les yeux. Je perds toujours un bas dans sa chambre. Et le retrouve en arrivant chez moi dans le bac à légumes. Pour me rappeler que je suis vivante, je pleure.

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Lunettes 3D faites maison. Le 5 cennes de consignes en surélevé dans le coin de mon œil gauche m’énerve. Mon coeur est pas détachable. Il me faut une date. Alors. Ce sera lequel? Patrick? Mathias? Paolo? Rémi?

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Ligne ouverte.

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Comments
2 Responses to “Chantilly parapluie.”
  1. Jerôme Paradis dit :

    Salut, je suis assis dans une Galerie d’art depuis 2 heures et je n’ai rien à faire. J’ai lus ce qui est ci-haut et ça me plaît. J’aime la déconstruction, le rythme saccadé et les images déchirés. bye.

  2.  »J’ai le coeur en lettres attachées » … Ça c’est classe et candide, que dire de plus, c’est intime et tendre et ça raconte long comme ces choses indéchiffrables pour nous quand on avait six sept ans et qu’on essayait de lire les graffignures des adultes… et puis un peu plus tard, tenter de forger un billet parental d’absence motivé avec une aura majeure en combattant la cursive en ballons à l’hélium penchés sur la gauche que les jeunes filles adoptent d’emblée comme des bouquets de rêves puffy… goodnight godbless merci pour mon bedtime story :-)

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