Colère! Colère!

Photo : Alva Bernardine

J’ai dormi 5 heures. Je me demande si Line elle a dormi. Si Jean a dormi lui. Je me permets de vous appeler par vos petits noms. Vous êtes dans mon quotidien. Nous sommes intimes. C’est peut-être à sens unique mais en même temps, tout dans ma vie est à sens unique. Je n’en suis pas à une réalisation près. Les noms à quatre lettres m’écoeurent aujourd’hui. Maintenant. Qui appellera son enfant Line ou Jean dorénavant? Francis ne m’appellera plus jamais Vick. Il est du genre geek et intelligent jusque dans le subconscient. Cette conscience québécoise est en train de se lover dans le deuxième niveau. L’ironie, le cynisme, la subtilité. On ne peut pas dire ce que l’on pense. En fait, on peut. On a juste de moins en moins de public. Je repense à mon voyage à Rivière-du-Loup, aux propos pro-hausse des clients et j’ai envie de pleurer. Je pleure en dormant. Je fais pu de wet dreams mettant en scène les hommes de ma génération que je trouve follement sexy. Je suis rendue à rêver à un trip à trois. Jean, toi pis moi, Line. Oui. On est toutes les deux dans notre semaine, on peut rien faire. Alors qu’est-ce qu’on fait? On parle. Je t’embrasse Line. Je me dis que si c’est bon pour la nation, je peux bien t’embrasser ainsi à sens unique, te déverser un peu de love, que tu t’y sentes bien et rassurée. Il faut faire à son prochain ce qu’on voudrait qu’il nous fasse si c’est pour avoir la maigre chance d’aller dans les deux sens. Je fais tout trop tard toujours. Dans un rêve plutôt que la vraie vie. Parce que dans la vraie vie, je crie comme un fennec fou dans la nuit complètement déserte. Mon pied rompt une branche. Écho. Peut-être que Samuel a raison. Que les gens vont finir par écouter. Les enfants des gens. Qui ne s’appelleront pas Line, pas Jean et pu jamais Anne. Pas toi Archet. L’autre là. Sutherland. Je fais une super marraine, je donne de super cadeaux mais choisis bien son nom. Moi, je me souviens. Je n’oublie rien. Mon subconscient non plus. Quand je pense que je suis venue ici pour te raconter mon rêve, je m’écoeure. Pourquoi parler d’autres choses sauf la grève? Même si ça se rattache. Facilement. Pourquoi parler tout court? J’ai mal au foie, je ne peux pas boire. J’ai si envie. Je regarde de mon gradin ce coma éthylique national et j’ai envie d’y participer. Il faut se mettre dans la peau des gens pour les comprendre. Tant de proverbes. Ils faut écouter les sages propos des grands-parents comme nous le seront à notre tour nous aussi. Le fennec crie, petite fille. Écoute le fennec.

 

J’ai seulement réussi à sombrer à partir de 3h du matin. J’ai dormi un peu, pas longtemps avant, je me suis réveillé en Terreur! Terreur nocturne! Oh, c’était pas joli. Je capotais. J’étais un chiwawa. Un chiwawa dans la vraie vie injuste. Je me suis pas rendue à Victo moi. Mais je venais de lire que quelqu’un d’autre avait perdu un oeil et j’avais vu les images et paragraphes des gens présents. Mon subconscient a assisté à sa première manifestation. J’étais un oiseau, du moins j’avais des plumes et j’étais à Victo. Je savais pas que j’y étais. C’est simplement qu’extraire le sens de ce rêve ce matin est profondément facile.

 

Pourquoi je te raconte mon rêve moi? Pourquoi?

 

J’ai pas beaucoup de temps. Puis c’est pas vraiment important. Je vais travailler. Je vais faire le bar pour aider les amis ce soir. Je suis gentille et serviable. Et vaine comme une foule. Hier seulement il me semble j’étais à la manifestation pour le Jour de Terre. Ed travaillait lui. Il trouvait ça peacefull l’arbre ou la main qu’on formait tous ensemble. Un enfant lançait sa pelure de banane par terre. On vient de piler dessus à retardement. Hier, à Victo, quelqu’un est tombé. Dominos.

 

Pourquoi je m’époumone? Pourquoi ce rêve est si important?

 

Je rêvais que j’étais là. Dans les images. Et que le garçon, je t’en ai déjà parlé, il ne veut pas de moi, une fois que tu as compris une fois, tu as compris pour toujours, c’est toujours pareil. Et que le garçon perdait son oeil gauche. Moi je suis noble et gentille. J’ai l’impression que je vais mourir demain. À tous les jours. Grosse obsession. Je suis pas capable de rentrer dans un hôpital. C’est contre tout en moi. Traumatismes. Je crois que mon cerveau a fini par comprendre le message. Ça a fastforwardé direct. On était dans une genre de chambre. Il y avait des gens partout qui attendaient qu’il se réveille, la face pleine de bandage. Il me disait à moi, télépathiquement presque, de trouver une vieux livre poussiéreux dans une bibliothèque mythique. Il voulait que je lui fasse la lecture.

 

Pourquoi est-ce que je fais la lecture dans un rêve? Je ne suis même pas comédienne deux secondes.

 

Il perdait son oeil gauche. Je ne trouvais pas le livre. J’en lisais un autre. Je me souviens qu’il y avait un canard dans l’histoire. J’avais des plumes et je lisais un livre avec un canard. Je me souviens que je planais par-dessus ce qui semblait être la manifestation. Peut-être était-ce une guerre civile. Y-a-t-il vraiment une différence au point où on en est? Maureen et Samuel ont sauvés des enfants. Ils sont si nobles. Je ne réprimanderai pas ces parents qui voulaient que leurs enfants voient de leurs yeux ce spectacle. Non. Je leur dirai seulement de s’assurer qu’ils apprennent à lire. Au final, il va rester qu’une poignée de mots. Toutes ces générations pourrîtes que j’appelle clients vont s’être fait chirurgiés pour devenir officiellement aveugles. Je vais me faire poser une graine pour le thrill. Que du feu. Pendant que je vais m’efforcer à divertir, tu devras tenir ses mots dans tes mains à toi, petite fille, petit garçon. Tu vas voir comme ça se fait vite et sans douleur des racines…

 

 

 

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Comments
3 Responses to “Colère! Colère!”
  1. Paul dit :

    Hmmm! Ce sont les fesses de qui, ça?

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