Maxama Avarsan – Le préambule des listes

Isabelle Viel Courval prend des photos.

Isabelle Viel Courval prend des photos.

Je suis habituée d’écrire sous pression. Y’a toujours quelqu’un pour nous mettre de la pression. Am I right? I’m always right. (Ils disent que je dois avoir vraiment trop confiance en moi pour être écrivaine.) Je commence ça en grand. Vous avez manqué plusieurs épisodes de ma vie. MCLC, arrête de lire tout de suite, c’est de l’autofiction. Pas que j’aille l’impression que tu lis mes chroniques. (Tu Line mes chroniques, okay, trêve de jokes politiques.) Tu le sais même pas que t’es ma nemesis pis je trouve ça très drôle. Je me fais pas d’illusions. Je vais passer cette journée toute seule. Mathieu est à Québec vile. Sophy itou. Je garde son chat. Sa clé a des dauphins dessus. Ils m’ont pas fait des clins d’oeil ce matin. J’ai pas été acceptée dans le programme d’écriture de l’École Nationale de Théâtre. Je féminise mais je suis pas la seule à avoir pensé cette phrase, on était pas juste des filles. J’aurais peut-être dû mettre la lettre de recommandation de Brisebois. Mais j’ai renversé du café dessus. Y’en avait trois mais le café ça fait sploush, pas splish. Y’avait un dude qui avait lu Trépanés. On est deux au moins à avoir lu les deux versions. J’aurais peut-être pas dû faire un texte scato pour commencer, pas de pesto rosé avec des vieilles serviettes sanitaires, ou j’aurais peut-être dû écouter Ed et être plus trash que Trash lui-même. Ed a tout le temps raison. Ed, c’est mon conditionneur préféré.

Pourquoi Trash c’est un garçon :

4. Parce je veux coucher avec Trash pis je suis zéro lesbo.

3. Parce que j’ai l’impression coup de couteau qu’il se crosse au moment où on se parle.

2. Parce qu’il aime ça venir dans face de nous, le monde. Logique simple.

a. Parce qu’il…

Pas de besoin de chercher plus loin. Ça me chicotte tight. J’aurais peut-être dû continuer le texte du troisième exercice et réutiliser au moins l’énumération de verbe. Je fais des listes pour épauler. Too late mais je le fais quand même.

Les extraits trash que j’enlèverais :

4. Premier workshop. « Alexi chie pas, je chie pour deux. Elle chie pas parce qu’elle peut pas. Chu pogné icitte. J’peux me lever si m’huile ça ben comme faut ou si j’arrête de flusher mettons. Pour le moment, chu pognée icitte. La cig’ a pas encore calfeutré mon odorat. Mais la nuit, now, c’est infinate. »

3. Toutes les références à mon vibro. (On dirait que t’es dans toutes les workshops, vibro, je m’ennuis de toi.)

2. « Le premier s’appelait Michaël. Il avait 24 ans. Il voulait m’épouser. C’était trop triste. Il faisait des fouilles rectales à l’aéroport. Pour me payer. Il habitait encore chez ses parents. Pour me payer. Il avait couché avec une seule vraie fille dans sa vie. J’ai fait une bonne action. Regarde, je suis gentille. Je lui ai chargé cher. Je t’ai acheté la montre en bois, c’était ta fête. J’atteins les abreuvoirs mais je ne bois plus d’eau. Maman, j’ai enlevé ma robe et je ne l’ai plus jamais remise. Tout le monde a vu mon papillon. »

1. La mort de Maxime Iverson dans ma pièce de 15 minutes.

T’es toute contente parce que tes textes parlent de politique MCLC? Moi j’hallucine du dubstep (approuvé par Samson!) et j’écris une pièce à propos de mon ami mort. Ben oui. Ça t’écoeure pis t’as ben raison. C’était l’après-midi, j’avais pas de jugement. Utiliser la peine d’autrui okay, mais la mort, ça mérite plus qu’une histoire.

 

Je mélange de l’orangeade à ma vodka. J’ai oublié d’acheter du jus. Les enfants des voisins font plein de bruits. C’est la folie en haut de ma tête. Pas plus qu’en dedans. Jamais plus qu’en dedans. Les enfants se couchent tard. Je pourrais encore me rendre au dépanneur pour acheter du jus. Au Vidéotron pour ramener les films que j’ai omis d’écouter. C’est mon premier verre, je suis profondément végétale. J’espère que la vodka me donne envie de prendre une marche. Les gens normaux prennent des marchent. Après le souper, pour digérer. Pour réfléchir. Avec les enfants, pour les amener au McDo par surprise. Au parc, au magasin de souliers, partout, n’importe où par surprise. Ma cousine Anabel avait plus de souliers que mes barbies et l’âge des enfants d’en haut à ce moment-là. Un Panda personnel dans son placard, rentrait même pas tout dans le placard. L’allure chaotique de l’entrée. Je me pointais quand j’étais pas invitée. À Noël, c’était toujours bien organisé. Dans ma tête, ces enfants sont deux, ils ont la même âge, ceux d’en haut je veux dire. J’aimerais prendre une marche. Max est mort. Il s’est suicidé. Ils se suicident tout le temps. Nous menons des vies difficiles les amis et moi. C’était un ami éloigné. Il s’est suicidé quand même. Dans ma tête, les enfants d’en haut sont diaboliques. Ils sont dans mon entourage. Deux petites filles qui crient et sautent tout le temps. Des parents suicidaires. Des futures chearleaders expressives. Pour le moment, deux petites connes qui crient et qui sautent. Je me demande ce qu’il se passe vrai au desssus, en haut. Ce que c’est la vraie vie pour ces gens. Je suis restée connectée toute la journée. J’ai regardé défiler le fil d’actualité. La vie est vulgaire et elle continue. Je ne raconterai pas ce que les gens disaient. Je ne suis pas sur cette terre aujourd’hui pour être factuelle. Il s’est pitché en bas d’un viaduc. La veille il m’a demandé si j’avais un numéro pour de la MDMA. J’en avais pas. J’aurais peut-être dû en avoir un et je devrais avoir plus que juste la vieille bouteille d’orangeade pour mélanger avec ma vodka.

C’est pas important ça. Rien est important. C’est de lui qu’on doit parler. Pas moi et de mon foutu stage. Faire des listes ça calme. Flatter des lapins aussi. Je vais flatter des lapins et finir la soirée en faisant des listes. Tiens. Continuer l’italique. Control + I les didascalies. Les listes, puis le dodo.

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Comments
9 Responses to “Maxama Avarsan – Le préambule des listes”
  1. Maman Lynch dit :

    J’aimerais avoir un lapin pour que tu puisses le flatter. J’ai les cheveux longs, mais c’est pas pareil. Il nous reste au moins France Gall. Au moins.

  2. geniedecesiecle dit :

    Si tu as quelque chose à me dire, ma belle, dis-moi le donc directement au lieu du bashing public gratuit.

    • Canette Anger dit :

      Dude, c’est la deuxième fois que je parle de toi dans mes articles, je t’ai vu, on s’est dit qu’on avait une dynamique, t’as jamais parler de mon article, j’me disais que tu trouvais ça amusant. Pis toi man, tu remets ma posture d’écrivaine en question. À partir de ce moment-là j’ai tous les droits d’réagir selon moi. Pas light pentoute.

      • geniedecesiecle dit :

        Certaines personnes l’oublient au nom de leur liberté individuelle, mais chaque droit implique un devoir et une responsabilité. Si tu avais un minimum de sens de l’éthique, tu comprendrais peut-être que de s’entre-basher publiquement, ça fait passer TT non pas pour une centrale d’écrivains, mais pour une gastro-entérite.

        Je n’ai jamais remis ta posture d’écrivaine en question, je ne la connais même pas, ta posture. Si tu la remets en question toi-même à travers mes textes, ça vient de toi, pas de moi. Je n’ai jamais écrit sur toi et je n’ai pas l’intention de le faire.

        • Canette Anger dit :

          Dude, ton pseudo, c’est fucking Génie de ce siècle, ça nous fait passer pour quel genre d’écrivains tu penses? C’est pas à travers tes textes, c’est dans la vraie vie que tu as mis ton pied dans ta bouche. J’pas mal sure que le monde comprend que je réagisses. Moi je me trouve fine. Comme tu lis rarement les textes des autres, j’allais parler de toi, ma nemesis, sans que tu réagisses jamais. Ça aurait été charmant. Les gens comprennent que pour une auteure, la posture c’est tout. Les gens comprennent. Arrête de prendre les gens pour des caves, c’est pas gentil.

  3. geniedecesiecle dit :

    T’en as aucune idée de ce que je lis ou pas. Je ne réagis pas parce que je ne vois pas l’intérêt du bashing public.

    Pour le reste, si tu as quelque chose à me dire, je te l’ai dit, viens me le dire en pleine face. Ça me fera plaisir de t’écouter et de comprendre d’où vient toute cette haine. Parce qu’un délire de persécution sur un pseudo, ça me paraît un peu gros.

    Et je ne prends vraiment pas les gens pour des caves. Franchement. C’est n’importe quoi. Tu ne me connais pas.

    • Canette Anger dit :

      Fais tes devoirs, t’es comme 2 mois en retard.
      « Mais mettons que dans la vraie vie, je réponds pas de mes pulsions. Je pousserais l’ananas dans le cul de la poire sans y penser. Purement instinctivement. Apparemment que j’écris du trash uniquement parce que je suis danseuse. Euh. Chose. J’écris du trash parce que c’est purement anecdotique pis c’est fucking rare que j’accepte de sharer mes anecdotes de job à travers mes textes. Y pourrait y avoir un débat incroyable entre cette effrontée et moi. Pis c’est ça que le monde veut voir dans le fond : du monde qui souffre, du monde qui chie pis du monde qui pleure. Mais les TVs en moi ont étés revirées de bord. »

      • geniedecesiecle dit :

        J’ai dit ça moi? Eh bin.
        Sur ce, je te souhaite une bonne continuité. Si tu veux me parler, je suis là, on ira prendre un café. Les règlements de compte sur TT ne m’intéressent pas.
        Prends soin de toi.
        MCLC
        xx

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