Les guêpes sociales

Je suis au chalet de mes parents, j’ai dix ans. Ma soeur Fanny, qui en a 17, est au bord de la rivière avec son amie Nancy. À cause du bruit de la rivière, c’est pas possible d’entendre parler les filles d’où je suis. Mais c’est très possible de les entendre hurler. Surtout Fanny. Quel cri perçant. C’est digne d’un film d’horreur. Pourtant, j’ai jamais entendu dire que Jason Voorhees se tenait dans le coin, et c’est pas du tout la saison des loup-garous. Je vois Fanny pis Nancy émerger de la forêt, elles se dirigent vers le chalet, toujours en hurlant, et Fanny est en train d’enlever son chandail. Elle entre dans le chalet presque tounue, en état de choc. Les filles viennent de marcher trop près d’un nid de guêpes. L’expérience a dû être éprouvante, parce que Fanny a une terrible phobie des guêpes. Et cette fois, elle n’a pas juste eu peur, elle a eu mal : une guêpe l’a piquée. Même si elle est resté immobile! Notre maman lui prépare un cataplasme d’argile blanche pour apaiser la douleur. Chaque fois qu’un voisin se fait piquer par une guêpe, il vient voir ma maman pour recevoir un cataplasme magique. Grâce à son argile et ses quelques remèdes à base de plantes, ma mère est un peu le druide de St-Urbain. Et ça marche! J’ai presque hâte de me faire piquer par une guêpe juste pour témoigner de l’efficacité de la mixture…

En fait, je me suis déjà fait piquer! Ça s’est passé dans la cour de mon école primaire, et j’avais un peu de mal à croire que la guêpe m’avait vraiment piquée, parce que j’étais persuadée qu’une piqûre de guêpe ça faisait nécessairement pleurer. Je pleurais pas. Mais la main m’élançait en crisse. Vive sensation de brûlure. Faque oui, c’est bien ce qui s’était passé : une guêpe m’a piquée sur la main quand je l’ai accidentellement touchée en replaçant mes cheveux. C’était pas de ma faute, mais c’était pas trop de sa faute non plus. Pauvre beubitte craintive.

J’ai jamais eu très peur des guêpes, mais je m’en méfie un peu parce que je suis vaguement hypocondriaque. Et si j’étais allergique? Ça pourrait me tuer? C’est la seule raison qui me les fait craindre. Le jour où j’aurai la confirmation que je ne suis pas allergique au venin de guêpe, soit par un test d’allergie ou par une seconde piqûre, je serai totalement à l’aise en compagnie de ces super insectes. Parce que je les ai toujours trouvé un peu attachants. Et maintenant que je les connais mieux, je les trouve adorables et indispensables. Tu me crois pas? Tchèque bin.

Non, cette super beubitte n’est pas qu’un paquet de troubles!

D’abord, il faut que tu saches distinguer la guêpes de l’abeille et du bourdon. Les deux derniers sont plus gros, compacts, velus. L’abeille est noire avec des rayures brun orangé, tandis que le bourdon, un peu plus gros, est noir avec des rayures jaune vif ou oranges. La guêpe, c’est un peu le métrosexuel des hyménoptères. Elle a le corps effilé, plutôt épilé, et une taille fine (tsé comme on dit, avoir une taille de). Ses rayures sont jaune pétant, parfois blanches ou marron, sur fond noir. Comme tous les insectes de l’ordre des hyménoptères — du grec humēn, membrane, et pteron, aile —, la guêpe a deux paires d’ailes membraneuses qu’elle garde repliées sur les côtés de son corps. Le Québec hébergeant un peu plus d’une quinzaine d’espèces de guêpes sociales, celles que tu risques le plus de croiser sont la guêpe commune (Vespula vulgaris), la guêpe germanique (Vespula germanica), la guêpe jaune (Dolichovespula arenaria), la guêpe à taches blanches (Dolichovespula maculata) et la guêpe poliste (Polistes fuscata). Google-les, elles sont magnifiques! Je pense que ma préférée, c’est Dolichovespula maculata. En plus d’avoir des beaux motifs, elle construits des nids superbes.

Leur mode de vie

Peu d’insectes ont une vie sociale organisée. Ceux qui se tiennent en gang, comme les blattes ou les criquets, n’ont pas de relations complexes ni de structure sociale élaborée. Dans le cas des abeilles, des termites, des fourmis et de nos guêpes sociales, il existe plusieurs castes d’individus ayant chacune leurs fonctions au sein de la société de beubittes. On parle alors d’eusocialité. Regardons un peu comment se forme une colonie de guêpe.

Au printemps, une jeune reine préalablement fécondée émerge de son abri d’hibernation dans le but d’aller construire un nid. Elle récolte des fibres de bois et les mélange avec sa salive pour former une pâte à papier avec laquelle elle bâtira un magnifique manoir pour sa colonie. Ce papier, qui peut sembler fragile, est en réalité un matériau de haute qualité qui a des propriétés isolantes et imperméables. Je voudrais des vêtements en papier mâché par des guêpes, tous les hippies seraient jaloux de moi! La forme des nids diffère en fonction des espèces. Les Dolichovespula sp. fabriquent des nids aériens pouvant atteindre la taille d’un ballon de basket. Les petits nids en forme de parasols sont bâtis par les Polistes sp. Les guêpes du genre Vespula, elles, nichent dans le sol, faque watch out, regarde où tu mets le pied! Les petits alvéoles, construits à la verticale, serviront à recevoir les premiers oeufs de la reine, qu’elle fécondera à l’aide du sperme emmagasiné dans sa spermathèque, et de ces oeufs écloront des larves femelles que la reine nourrira jusqu’à ce qu’elles deviennent adultes et occupent la fonction d’ouvrières de la colonie. Le poste d’ouvrière implique des responsabilités de haute importance : nourrir les larves, protéger le nid, aller chercher de la nourriture, s’occuper de la reine, construire de nouveaux rayons, piquer du monde. La base, quoi. Par temps chauds, les ouvrières ont un système de climatisation très cool : elles apportent de l’eau au nid et battent des ailes. À l’inverse, elles peuvent le réchauffer en faisant vibrer leur abdomen. Pis nous autres on se fait chier avec des calorifères! La reine travaille à temps plein à assurer l’expansion de la colonie en pondant des oeufs qu’elle féconde, toujours avec le vieux sperme conservé dans sa spermathèque — il est vieux mais toujours frais. Vers la fin de l’été, les ouvrières fabriquent des alvéoles plus gros dans lesquels la reine pondra des oeufs qui donneront des futures reines, et des oeufs non fécondés qui produiront des mâles. Les ouvrières dépenseront toute leur énergie à élever les jeunes princes et princesses, et ces derniers quitteront le nid pour effectuer un vol nuptial, véritable orgie dont l’issue sera fatale pour les princes. Les princesses fécondées, elles, iront se trouver un abri pour survivre à l’hiver québécois, sous une écorce, dans une fissure, dans un terrier abandonné, ou dans ton grenier. Le reste de la colonie ne survivra pas au gel.

À l’état larvaire, les guêpes ont une alimentation carnée alors que les adultes mangent des aliments sucrés. Comme moué! Sauf que moi, j’ai jamais mangé d’insectes prémâchés par des guêpes ouvrières. En effet, celles-ci capturent tout plein d’insectes que tu veux pas voir traîner chez toi : araignées, chenilles, pucerons, mouches (dont des parasites du bétail, allô les fermiers!). Elles les réduisent en bouette et servent ça aux larves de la colonie, qui vivent suspendues, la tête en bas, jusqu’à leur mue imaginale. Elles deviendront ensuite de belles guêpes adultes et se nourriront de nectar, de miellat (qui est en quelque sorte le caca sucré que produisent les pucerons), de jus de fruits et, pourquoi pas, de ton orangeade Crush. Les guêpes peuvent même aller voler du miel dans un nid d’abeilles! Les effrontées! Moi, je les trouve encore plus attachantes. En milieu urbain, les guêpes s’approvisionnent souvent dans les poubelles qui sont de véritables coffres au trésor pour elles. Elles chassent beaucoup mais servent aussi de snack à de nombreux animaux. Les ratons laveurs, mouffettes, amphibiens, araignées et certains oiseaux n’ont pas peur de ses rayures synonymes de danger.

Comment éviter ou réduire les interactions avec les guêpes?

Parce que c’est bien ça l’idée, han. On ne veut pas éradiquer les guêpes. Tu peux garder ça au stade de fantasme si tu veux, mais ce n’est ni possible, ni souhaitable. D’abord, il semble que les vêtements colorés les attirent. Si j’avais une phobie des guêpes, je porterais pas une robe fleurie pour aller pique-niquer. N’oublions pas que les guêpes se nourrissent de nectar. Tu veux pas te déguiser en gros lunch pour les guêpes, han? Aussi, il est préférable d’éviter certains parfums. Si tu remarques que les guêpes te lâchent pas quand tu portes une fragrance en particulier, oublie-la pour l’été.

Il est très important de se tenir à une distance respectable des guêpiers. Car même si on aime sincèrement les guêpes et qu’on a les meilleures intentions du monde à leur égard, c’est pas une très bonne idée d’aller sneaker dans leur jardin intime, sous peine de subir une violente attaque de la part des ouvrières qui se gêneront pas pour te faire comprendre que t’es pas le bienvenu chez elles. Anyway, t’as d’autres choses à faire qu’aller tester leur caractère, non?

De plus, garde à l’esprit que ce les guêpes veulent, c’est se nourrir, alors ne leur offre pas un buffet à volonté. Garde tes vidanges dans des bacs bien fermés. Durant un pique-nique, assure-toi que la bouffe préférée des guêpes, la viande et les aliments sucrés, soit gardée dans des contenants fermés. Pense Tupperware, genre. Mon papa a déjà recraché une grosse guêpe qui s’était néyée dans sa bière. Faque vérifie ton verre avant de prendre une gorgée, évite les canettes de boissons gazeuses puisqu’on ne peut pas savoir si une guêpe y patauge (c’est tout à fait possible), et avant de prendre une bouchée, assure-toi qu’il n’y a pas une guêpe sur ta sanouiche. Si tu en avales une, tu vas pas mourir, mais ça se pourrait que tu te fasses piquer dans la bouche ou la gorge. Bien sûr, si tu es allergique aux guêpes, tu vas mourir. Ou passer proche de. Faque tu gardes ton EpiPen sur toi, OK?

Il existe des pièges à guêpes en forme d’entonnoir. Ceux-ci doivent être utilisés intelligemment pour être utiles. Si vous les placez près de la table à pique-nique au chalet ou à côté de la balançoire des enfants, vous invitez les indésirables à venir se nourrir où vous ne voulez justement pas les voir. Placer le piège à un endroit éloigné des lieux fréquentés pourrait au contraire détourner l’attention des guêpes.

Un guêpier très mal placé?

D’abord, sois honnête avec toi, sois rationnel : est-ce que le nid est réellement menaçant? S’il est construit au fond de ta cour, dans une zone peu fréquentée, les bénéfices retirés par la présence de ces formidables prédatrices sont probablement supérieurs aux risques de piqûres. Rappelle-toi que les insectes sont globalement en déclin et qu’il vaut mieux travailler pour les aider que pour les anéantir. Bien sûr, si un membre de ta famille est allergique au venin des guêpes, il est préférable de réduire les risques au minimum.

Pour éradiquer une colonie dérangeante, toutes les méthodes ne sont pas bonnes. Un coup de batte de baseball dans le nid? Non. L’écraser à mains nues? Non. Sacrer le feu dedans? Non. Vraiment pas, non. Je sais que c’est commun de faire ça, mais le risque d’incendies et de brûlures est trop important. Arroser le nid d’insecticides? NOOON. Les insecticides ne sont pas dangereux que pour les insectes! On fait attention à notre planète, OK? S’il s’agit d’un nid aérien, il vaut mieux agir la nuit et se vêtir comme un guerrier : porter des vêtements couvrants, resserrer l’ouverture des manches et des pantalons à l’aide de cordons ou d’élastiques, couvrir sa tête d’un filet protecteur ridicule mais ô combien utile, et enfiler des gants. Pour mieux voir l’opération, se munir d’une lampe de poche à filtre rouge. Ensuite, enfermer le nid dans un sac de plastique étanche et bien le sceller. Les pauvres bestioles périront asphyxiées, et tu auras l’esprit en paix. S’il s’agit d’un nid souterrain, il peut être difficile d’agir sans l’aide d’un exterminateur professionnel. Si le nid est facilement accessible, on peut boucher la ou les entrées avec de la terre et recouvrir le tout d’un film de plastique qui sera immobilisé avec des objets lourds. Les guêpes mourront d’asphyxie et/ou de faim. Si tu détruis un guêpier sans tuer les occupantes, par exemple en écoutant ton voisin qui a eu la brillante idée de te recommander de tirer dessus avec un gonne, prépare-toi à voir rôder autour de chez toi un essaim de guêpes agressives durant des jours. Et s’il est vraiment nécessaire d’avoir recourt aux insecticides, fais donc appel à un professionnel, tu vas t’éviter un paquets de troubles.

Comment savoir si une guêpe est en mode attaque?

Observe-la. Si elle rôde autour de toi ou de tes aliments, dans un vol sinueux et plutôt lent, tu peux rester tranquille. Elle patrouille. Évite les mouvements brusques, ne lui lance pas d’injures (sauf dans une langue étrangère, ça c’est correct) et tout devrait bien aller. Si la guêpe est posée sur ses pattes, on peut aussi observer son langage corporel : en cas de mauvaise humeur, elle va se dresser sur ses pattes, lever ses ailes et ses pattes avant. Rendu là, il vaut mieux que tu lui foutes la paix. Et si l’effrontée se pose sur toi, garde ton calme et attends qu’elle parte d’elle-même. C’est vraiment la meilleure chose à faire, parce que si tu tentes le l’écrapoutre et que tu manques ton coup, tu es à peu près sûr que sa vengeance sera douloureuse, et si tu réussis, eh bien sache que la guêpe émet des phéromones d’alarme quand on l’écrase, ce qui risque d’attirer une partie de la colonie qui se trouve près des lieux du crime. Cours pas après le trouble. Sois patient. Sois courageux. Sois fort.

Pour éviter une ou plusieurs piqûres, les mots à retenir sont : mouvements lents. Si une guêpe rôde près de toi pendant que tu manipules une chainsaw, reste calme. Je te jure que t’aimes mieux te faire piquer que de te scier une jambe. Même chose si une guêpe s’introduit dans une voiture en marche. On demeure calme, on rassure le conducteur — ou soi-même si on se trouve derrière le volant —, on ouvre les fenêtres et on se stationne. Si c’est impossible, on attend que la guêpe sorte par une fenêtre. Anyway, elle risque pas mal plus de se poser sur la vitre que de chercher à piquer tout le monde en lançant des incantation sataniques.

Mouvements lents, OK, mais pas tout le temps. Si tu réalises que tu te trouves près d’un guêpier, tu COURS. Enfile tes Pegasus Boots, ne te retourne pas et mets-toi à l’abri au plus crisse!

La piqûre tant redoutée

Seules les femelles sont munies d’un aiguillon venimeux, et elles ne s’en servent qu’en cas de menace. Qu’est-ce qui peut constituer une menace pour une guêpe? Que tu t’approches de son nid. Que tu la coinces, par exemple dans tes vêtements ou tes cheveux. Que tu la chasses d’une source de nourriture (partage donc ta bière, tsé!). Ou que tu tentes de l’écraser, pis là, tu pourras pas dire que son réflexe est pas légitime. Je te recommande donc de pas provoquer les guêpes. Parce que si une piqûre c’est douloureux, plusieurs piqûres c’est très douloureux. Eh oui, la guêpe peut te piquer plusieurs fois avec son aiguillon coriace, au contraire de l’abeille qui se sacrifie pour défendre sa colonie. Je sais bien que parfois, on se sent injustement agressé par des guêpes qu’on n’a même pas voulu déranger, mais il faut leur pardonner. Ces insectes n’ont pas de risques à prendre avec des créatures de notre calibre! Elles sont touptites, fragiles, innocentes. Des créatures de Dieu. Sacrées. Des anges. Oui oui. Nenon, va-t’en pas, j’ai pas fini de les encenser!

Mais bon, si le mal est déjà fait, nettoie le bobo à l’eau et au savon, et sache qu’il y a moyen de réduire l’inconfort. Douleur, sensation de chaleur, rougeur et enflure sont des réactions normales suite à une piqûre de guêpe. Ça devrait perdurer quelques heures ou jours. Des compresses froides et même de l’acétaminophène devraient suffire pour soulager le mal. Comme je le mentionnais plus haut, ma maman ne jure que par les cataplasmes d’argile, mais je suis pas druide alors je peux rien te garantir avec ça. J’imagine que le mieux c’est de rester zen et d’accepter la souffrance. Anyway, c’est pas quelque chose de grave. Toutefois, il est possible de développer une infection, aussi vaut-il mieux consulter un médecin en cas de fièvre ou de signes d’infection locale.

Subir une piqûre de guêpe sans pleurer, ça peut quand même te permettre d’avoir l’air toffe devant tes amis.

Pis les allergies?

De 0,8 à 1% des gens seraient allergiques au venin d’hyménoptères. Les symptômes à surveiller se situent ailleurs que sur le site de la piqûre : urticaire généralisé, difficulté à respirer ou à avaler, enflure du visage et de la langue, changement de la voix, faiblesse, crise d’asthme, vomissements, vertiges, syncope, état de choc. L’allergie au venin de guêpe, c’est mortel. Alors tu perds pas une seconde et tu t’administres ton EpiPen si tu en as un (c’est disponible sans prescription à la pharmacie), tu prends un antihistaminique (Benadryl) et tu cours à l’urgence. Ou t’appelles le 911. Pas de niaisage.

Sans pour autant être allergique, on peut avoir une réaction toxique si on a subi plusieurs piqûres. Si t’en as plus d’une vingtaine, va à pital. Aussi, ton vaccin contre le tétanos est-il à jour? Non? Dis-le au médecin. Prends soin de toi, OK?

Je sais que ça va être dur pour moi de te convaincre d’aimer les guêpes après cette description effrayante. Mais j’ose le faire. Parce qu’elles ne sont pas que des sources de piqûres!

Leur rôle dans l’écosystème

Les guêpes sont sans aucun doute des insectes que l’on peut qualifier d’utiles. D’abord, elles contribuent à réguler les populations d’insectes qui, sans prédateurs, se lâcheraient lousse et goberaient toute végétation. Je suis pas en train d’écrire un livre sur l’importance de la végétation sur Terre, mais tu sais que c’est quand même un peu essentiel. Et c’est entre autres pour ça que les arthropodes prédateurs sont hyper importants. Ensuite, les guêpes sont des insectes pollinisateurs, ce qui n’est pas trop superflu quand on pense à l’inquiétant déclin des abeilles. Ça fait quand même deux bonnes raisons pour apprendre à vivre avec elles, non? On peut aussi les apprécier pour des raisons esthétiques. Admirer leurs motifs éclatants, leurs constructions délicates. C’est vraiment des belles beubittes.

Fonne facts

  • Il existe des espèces de guêpes parasites. Au lieu de fonder une colonie avec des ouvrières qui élèveront les larves, les femelles pondent dans les nids d’autres espèces de guêpes sociales et laissent la colonie hôte élever leur progéniture. Comme les coucous! C’est ça que je disais. C’est des osseties. Mais des osseties adorables.
  • Le bout des antennes de la guêpe est muni de récepteurs servant à détecter la température ainsi que le goût et la texture des aliments. La prochaine fois que tu te déguises en guêpe, ne néglige pas de tremper tes antennes dans ta bouffe si tu veux être crédible.
  • Les syrphes sont souvent confondus avec les guêpes. Ils appartiennent à l’ordre des diptères alors ils n’ont qu’une seule paire d’ailes. Ils ne piquent pas. On les voit souvent voler sur place, comme des colibris, chose que les guêpes ne font jamais. Alors rien ne sert de suer du front pour une pauvre mouche rayée jaune et noir : c’est yinque du mimétisme. C’est des mimes! Des osseties de mimes! As-tu peur des mimes?
  • Non, tu peux pas prédire la chute de neige de l’hiver à venir yinque en regardant à quelle hauteur sont construits les nids de guêpes. C’est un mythe, une histoire de grand-pères saouls. D’ailleurs, si tu fais une petite enquête, il y a de fortes chances que tu trouves des nids installés à tous les niveaux au cour du même été. Mais surtout, si tu as bien lu les paragraphes précédents — attention, c’est comme un test de lecture, genre! — tu te rappelleras qu’à part les jeunes reines, les guêpes ne survivent pas à l’hiver et que le nid ne sera pas réutilisé. Faque.

OK, je peux concevoir que les mimes soient effrayants pour certaines personnes. Mais c’est pas une réelle menace, tsé.

Je sais pas si toi, mes chers lecteurs, tu es maintenant un peu plus convaincu que les guêpes sont nos alliés, mais si tout ce que je viens de dire peut aider ma grande soeur à moins craindre les guêpes et à les estimer un peu plus, je vais considérer que ma mission est accomplie. Parce que dès qu’elle voit un insecte volant qui pourrait être une guêpe, elle crie et gesticule comme une dangereuse attardée. Si l’insecte en question est rayé de jaune et de noir (allô les syrphes trolls!), elle perd totalement le contrôle. Fanny, il faut que je te dise une chose. Ce texte est dédié à toi, et je veux que tu saches que je souhaite fort que tu fasses un jour la paix avec les guêpes. Tu te souviens quand tu apprenais à conduire?Je m’étais jurée que jamais j’embarquerais en voiture avec toi d’avril à novembre. Parce que je savais que ma vie — NOS vies — serait en danger s’il fallait qu’une guêpe pénètre dans la voiture pendant que tu es au volant. Tsé, je me me suis semi-défigurée pour un possible criquet, faque je veux pas que toi ou moi on meurt pour une guêpe. Ça serait trop con. Alors continue de faire du yoga-relaxation, et médite sur ce que je viens de t’apprendre sur nos amies les guêpes.

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Comments
6 Responses to “Les guêpes sociales”
  1. C dit :

    J’ai eu des guêpes sociales comme voisines (juste au dessus de ma porte d’entrée!) et elles étaient bien sympa et très sociales (je devais les escorter souvent hors de mon appart). Elles n’ont jamais été agressives. Je ne sais pas si elles ont périt pendant l’hiver ou bien si c’est mon proprio qui a exterminé leur colonie.

  2. Litchi dit :

    AAAAAAAAAONNNNNNNNN!
    Sophy, j’adore quand tu parles de bébittes. Tu écris tellement bien, tsé. Moué aussi j’ai une histoire de guêpe. Quand je travaillais encore chez Pantoute, j’étais en pause et je suis allée faire pepi. C’était en plein été, il faisait vraiment chaud. Alors que j’étais assise sur la bol, j’ai senti une douleur vraiment terrible sur ma fesse gauche, mais je pouvais pas me lever, j’étais dans le moment fort de mon pepi! Lorsque je me suis levée, y’avais une guêpe morte de collée sur mon cul et j’avais vraiment, vraiment, vraiment mal. Ça a été sensible pendant presque deux semaines, et j’ai dû partir plus tôt cette journée là parce que j’avais mal au coeur.

    Je les aime pareil, malgré ça. Elle a dû avoir une morte vraiment poche, la pauvre…

    • Lora Zepam dit :

      Aon! C’est donc bin une belle anecdote! Et je trouve ça admirable que tu aimes encore les guêpes malgré le gueros bobo sur la foufoune. Merci pour le compliment, pis gêne-toi pas pour me loader d’histoires de beubittes!

  3. grecof dit :

    Il y a aussi les minuscules guêpes solitaires, tout comme les hommes ou femmes célibataires acharné(e)s… La guêpe solitaire se rencontre en camping dans les terrains sablonneux qu’elle utilise comme terrier pour enfouir les mouches du genre frappe d’un bord, pis frappe de l’autre. Il y en a qui les appelle les mouches à chevreuil et d’autres des frappe-à-bord.

    Chose certaine ces guêpes font un travail incroyable en nous débarrassant de ces indésirables charcuteurs de peau humaine! Juste à l’idée, je frissonne déjà!

    • Lora Zepam dit :

      Frappe d’un bord, frappe de l’autre, ces diptères mangent plus de viande que j’en ai sur le corps. Tant mieux les guêpes célibataires s’occupent de contrôler leurs populations!

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