Mon Salon INTERNATIONAL du livre de la très provinciale ville de Québec

Commence pas trop mal. J’arrive en retard à mon entrevue avec Danièle Bombardier. Pas grave, ils ont fait parler plus longtemps le gars qui est cité sur les Cinq piastres. Z’avez remarqué que les amoureux du Canada ont toujours plein de choses à dire? C’est peut-être parce qu’ils ne sont jamais en retard? Promis, moi aussi, je vais devenir un ardent « Nation builder » lorsque l’érection m’aura définitivement abandonné. Très bonne entrevue avec la dame, par contre. Dieu! Elle m’avait bien lu. Bonnes questions, pertinentes, devant des gens intéressés. Failli me prendre pour quelque chose.

            Plus tard, prenons possession de la chambre d’hôtel. Magnifique! Au centre-ville. Huitième étage. Dehors, l’hiver est lancé dans un baroud d’honneur : ciel de Norvège, blizzards, sodomie en règle de ce salopard de printemps. Vous aimez ça, vous autres, l’été?

            On va souper au Saint-Hubert sur Grande Allée, à côté de la Citadelle. Ce n’est pas un détail. Je porte ma pine des Patriotes. Quatre Anglos, table voisine, militaires et cons, me dévisagent durant tout le repas — mauvais poulets, par ailleurs. Je me tanne. Je m’installe et je les regarde, jusqu’à ce qu’ils baissent les yeux. Je suis furax! Marloux me dit : « Arrête, la petite aime pas ça. » À mon départ, je vais mettre mon manteau juste devant leur table en les regardant tous les quatre. Le plus agressifs, je fais exprès pour l’accrocher en passant. Je les regarde encore. Ils baissent tous les yeux. Des asties de lâches. C’est la bataille de Saint-Denis II, chez Saint-Hubert.

            On revient à l’hôtel. Une piscine et un spa. Loulou est au paradis. Nous le sommes aussi. Elle nage seule, avec ses flotteurs, pour la première fois. Du bonheur quoi.

            Une vedette littéraire fonce dans Marilyn en nageant. Elle s’excuse. Bête. C’est une vedette littéraire.

            Retour à notre chambre. Avant, je vais faire ouvrir une bouteille de vin au bar. Serveuse super gentille. J’aime le bon service.

            J’entends : « Viens nous rejoindre, on est toute là, le gang du Satyricon. J’ai droit ensuite à la liste exhaustive des membres : une petite vedette qui veut, une vedette moyenne qui y arrive et deux très grosses vedettes qui y sont. En sortant du bar, je me dis : «  J’aimerais ça, moi aussi, faire partie d’un gang. J’appellerais ça le gang des marmottes régionales de fond de rang, comme disait l’un de mes plus enthousiastes non-lecteurs, lors d’une polémique dont je suis le seul à me souvenir. »

            Superbe soirée avec Marloux. Une bonne discussion. On parle de mon avenir comme écrivain. C’est pas fort. Marloux a raison. Comme toujours. Je l’aime encore plus, mais ce sera sans sexe. Évitons à Lou, qui dort dans le lit à côté, la découverte brutale de la scène originelle.

            Le lendemain, ça commence bien. Je rencontre Renald Bérubé à l’entrée du Salon. Pur moment magique. Il raconte à Marloux notre complicité, lors de mes années à la vraiment internationale UQAR. (Allez faire un tour à Rimouski, vous allez voir c’est quoi des échanges interculturels.) Renald est l’un des meilleurs profs que j’aurai eus, avec Nestor Turcotte.

                    On se quitte.

            L’entrée du salon du livre est consacrée aux Éditions Importantes. Kiosque gigantesques de vendeur de balayeuse. Photos immenses d’auteur en agent immobilier. C’est drôle, à ce moment, j’ai la tête barbouillée de riffs d’Immortal que je sifflote assez salement, d’ailleurs. « The Sun No Longer Rises ». Je vous ai déjà demandé si vous aimiez ça, vous autres, l’été, han ?

levy_marcYes this is it!

              On va voir Shilvi. Lou est en estie parce que ladite Shilvi ne lui a pas demandé à elle, personnellement, d’aller danser sur la scène. Louanne sait qu’elle aurait été meilleure que la dizaine de ses contemporains timorés qui sont pourtant choisis pour le spectacle. Ma belle, le talent a rien à voir là-dedans. Faut juste avoir les bonnes places, avec les bonnes personnes. Vendre des balayeuses qui nettoient les scories stylistiques des auteurs qui s’ingénient à rater leurs livres… Je suis rendu trop loin. Sourire, mouais.

            Je vais voir mon kiosque. Je rencontre un vieux pote de Sainte-Florence. Le seul livre que j’ai vendu là-bas, c’est lui qui l’a acheté. C’est un plaisir. En tout, je vais demeurer cinq minutes à mon kiosque où est réunie une bande « d’amoureux de la langue » gérée par un oligophrène mâtiné de mythomane. Un certain, disons, jean-foutre, qui travaille pour les Éditions jean-foutre. Il a fondé une association d’écrivains qui adorent les américains. Ils sont une dizaine. Douloureux d’être périphériques, hein, les mongols? Jean-foutre a aussi publié un livre en 2006. Depuis, c’est la révélation de son génie qu’il promène d’un salon à l’autre, animé d’une candeur olympique.

               Là, c’est bizarre, mais je me détends. Ça ne peut pas aller plus mal.

          Avec mon ami florencien, on se rend au kiosque du Quartanier. Trois types portant des lunettes à montures noires, très mode, nous regardent. Au moment où on s’y attend le moins, un quatrième surgit de derrière une pile de livres. Raymond et Alexie ne sont pas là, malheureusement. Je présente les livres de Rioux et de Bock à mon pote qui n’est pas un fan de poésie. Voici un essai express : les télés HD seront venues à bout de la poésie qui se tapisse dans la lumière, le silence, l’époque, enfin de tout ce qui est habituellement poétique. Beaucoup trop de bruits pour rien, qu’ils disent, ceux qui connaissent ça.

            Mon ami quitte, et les choses repartent en couilles.

            À un kiosque de livre pour enfants, une connaissance vient, gentiment, me donner un bec. Marilyn est partie acheter un livre pour la petite. Pis là, Bang!, Lou disparaît. Panique totale! Marilyn m’accuse et pleure. Je suis en estie. Je vais voir le connard qui distrayait les enfants avec sa marionnette. Je lui demande s’il a vu une petite fille avec une robe bleue. Il me répond qu’il voit pas mal de petites filles avec des robes bleues. Je réponds à ce pédophile raté : « Là, mon homme, c’est pas le temps de niaiser, je viens de perdre ma fille, pis tu vas te grouiller le cul pour me dire si t’as vu une petite fille en robe bleue! » Le kiosque est mobilisé. On retrouve Louanne. Elle s’est perdue, en tout, moins d’une minute. J’ai eu le temps d’imaginer quinze façons originales de me suicider.

            On va dîner pis on décâlisse à 14 heures 30. Rien à cirer. Je signais des livres à 17 heures. Si VLB me demande des comptes, je vais lui en donner.

            On couche à Joliette, samedi soir. Superbe saumon cuisiné par ma figure maternelle. Bonnes discussions avec les figures parentales en général. Le Canadien perd 5 à 1. Price est un loser. Je compatis, assez spontanément d’ailleurs.

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Comments
3 Responses to “Mon Salon INTERNATIONAL du livre de la très provinciale ville de Québec”
  1. Dany Leclair dit :

    ce qui explique que je ne t’ai pas vu à 17 h. ben coudonc…

  2. Alexie dit :

    T’aurais attendu, je sais pas, une heure de plus, pis tu nous aurais trouvés au kiosque Quartanier, nous pis une grosse bouteille de Ricard.
    Le SILQ, c’est ben le fun quand on boit.

    • Sebastian Sebastiansen dit :

      Dommage, en effet. Je retiens le conseil. Ce n’est pas toujours inutile de se soûler.

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