Éthique animale et véganisme : Entrevue avec Frédéric Côté-Boudreau, dernière partie

Voici pour toi, chère lectrice, la deuxième et dernière partie de l’entrevue commencée ici. Puisqu’on ne fait qu’effleurer le sujet, si tu veux en savoir plus sur l’éthique animale ou sur le véganisme, à la toute fin on te propose des livres intéressants et plus complets ainsi que des liens à découvrir sur l’autoroute de l’information.

Lora Zepam : OK, tu veux commencer ? Tu me shootes tes arguments les plus entendus ?

Frédéric Côté-Boudreau : J’entends souvent l’idée selon laquelle il n’y aurait pas assez de ressources sur Terre pour qu’on soit tous végétaliens. Ces gens-là ont-ils pensé au fait que la viande ne pousse pas dans les barquettes de styromousse ? Il faut nourrir un animal pour nous nourrir, ce qui représente un grand gaspillage de ressources (eau, combustibles fossiles, énergie, terres arables, grains, antibiotiques et autres médicaments) et l’une des plus grandes sources de pollution et de problèmes environnementaux (GES, pollution de la nappe phréatique, déforestation, épuisement des stocks de poissons, etc.). À l’heure actuelle, alors qu’on parle de pénuries alimentaires, il ne s’agit pas de nourrir 7 milliards d’êtres humains, mais aussi de nourrir les 56 milliards d’animaux d’élevage (excluant les poissons et crustacés) servant à nous nourrir. Alors, si on dit prendre au sérieux le développement durable, la simplicité volontaire, la décroissance ou simplement la réduction de notre empreinte écologique…

À ton tour !

L. Z. : OK, je t’en sors un, pis on peut même varger à deux si tu veux. Heille, pour une fois que j’ai un allié, je vais-tu en profiter tu penses ?

F. C-B. : Abuse, mon homme, abuse !

L. Z. : « Écoute, je te laisse manger ta salade, et tu me laisses manger mon steak. C’est un choix personnel. » Naon. Il ne s’agit pas de moi moi moi, ma petite personne. Si je suis consciente que manger de la viande ça a des conséquences sur d’autres êtres, et sur l’environnement en plus, je peux pas dire que ça relève d’un choix personnel. C’est comme si je disais que battre mes enfants c’est mon choix personnel. Personne va venir me dire de pas battre mes enfants si je trouve ça l’fonne de les tapocher, querisse. Pis ossetie que j’haïs ça, la salade.

F. C-B. : Même les salades de patates ? Mais oui, cet argument du choix personnel est du pur relativisme et passe complètement à côté de la dimension morale. Lorsque nos habitudes ont un impact direct sur la vie des autres, on ne dit plus que c’est une question de choix personnel. Notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. Je crois qu’il en va de même dans notre rapport aux animaux. Je ne dis pas qu’il faut être végane parce que ça goûte bon (même si c’est vrai) ni parce que c’est meilleur pour la santé (et c’est pas mal vrai aussi), mais parce que ça a un impact négatif sur la vie des animaux et des humains, ainsi que sur la qualité de l’environnement dans lequel nous vivons.

Dans la nature, les orangs-outans passent la majeure partie de leur temps dans les arbres. La mère élève son enfant durant au moins trois ans, période durant laquelle ils sont quasiment soudés l’un à l’autre, maman enseignant à bébé ce qui est bon à manger et plein d’autres choses utiles pour sa vie d’orang-outan. Ici, dans un zoo à Bangkok. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

Dans la nature, les orangs-outans passent la majeure partie de leur temps dans les arbres. La mère élève son enfant durant au moins trois ans, période durant laquelle ils sont quasiment soudés l’un à l’autre, maman enseignant à bébé ce qui est bon à manger et plein d’autres choses utiles pour sa vie d’orang-outan. Ici, dans un zoo à Bangkok. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

L. Z. : C’est vrai que c’est bon dans yeule! En tout cas, j’ai jamais été une militante très active, parce que c’est tellement normal pour tout le monde de manger des animaux et de les exploiter, si j’ose remettre ça en question, je passe pour une ossetie de propagandiste chiante. Mais bon, je dois dire que mes amis sont (presque) tous respectueux et compréhensifs avec moi à ce sujet, alors on n’en parle pas très souvent. Sauf pour faire des jokes de graines.

Un autre : « Arrêtez de nous faire la morale ! » Comment en parler, alors ? C’est précisément une question de morale !

F. C.-B. :C’est vrai que c’est choquant lorsque les gens refusent de réfléchir. C’est inconcevable pour moi, ça devient presque une religion, un dogme, lorsqu’on pense avoir la vérité qui ne peut être remise en question. Même moi qui me suis longuement penché sur la question et qui ai développé une opinion forte sur ce problème, je pourrais changer d’avis. À chaque fois que je débats, je laisse la chance à mon adversaire de me prouver que j’ai tort. Et souvent ma pensée évolue grâce à ça.

En même temps, il faut préciser qu’il ne s’agit pas de faire la morale, mais de réfléchir avec eux sur une question morale. Il faut établir le dialogue, et faire attention de ne pas les culpabiliser. Les gens ne sont pas individuellement responsables d’être nés à une époque et à un lieu qui banalise et normalise l’exploitation animale. Ça prend un certain courage pour accepter que ces coutumes ne sont pas justifiables. C’est pourquoi je pense qu’il faut aussi le voir en termes de responsabilité collective et faire comprendre aux consommateurs de produits animaux qu’ils sont aussi des victimes dans cette histoire. Ensuite, on les aide à faire le changement, progressivement s’il le faut. Plus nous serons nombreux à être véganes ou à tendre vers le véganisme, plus ce sera facile pour les prochains. Certaines personnes craignent de devenir véganes, car elles auraient l’impression de se priver de plaisirs. Je préfère plutôt dire qu’il y a fierté à pouvoir s’affirmer, à pouvoir vivre en conformité avec ses valeurs comme celle de la non-violence.

L. Z. : Oui! Moi j’ai hâte d’être témoin de coming-outs de véganes! Mais je trouve ça tellement délicat de discuter de véganisme sans avoir l’air condescendante… Mais j’aime bien ton approche, plus axée sur la fierté. Et oui, vivre en accord avec ses valeurs, c’est super important. Je suis loin d’être parfaite, j’ai plein de gros défauts, mais s’il y a une chose dont je suis fière, c’est de n’avoir jamais cédé à la pression sociale et de demeurer végane. Querisse que j’aime ça.

F. C.-B. : En effet, on peut être végane et avoir plein de défauts personnels. Ce n’est pas une question de pureté individuelle, mais de faire notre part pour diminuer la violence en ce monde. Et c’est beaucoup plus facile qu’on peut le croire. Certains pensent le contraire, ou estiment qu’il y a des problèmes plus urgents. Tu as sûrement déjà entendu la phrase : « Il y a déjà assez d’humains qui souffrent en ce moment, alors les animaux ça peut attendre ! »

L. Z. : Tout le temps. Qu’il y a des problèmes beaucoup plus importants que ça, aussi. Duh, j’avais pas remarqué, merci! Comme tu le dis, c’est assez simple de devenir végane et à la portée d’à peu près tout le monde. OK, je dois avouer une chose : je porte des bottes en cuir de vache morte exploitée dans la souffrance totale. J’ai plein de mauvaises excuses pour me justifier, mais tant qu’elles ne seront pas complètement usées-décomposées-pus-portables, je pourrai pas être diplômée du Vegan College (la honte, quoi!).  Anyway, je vois pas en quoi être végane pourrait m’empêcher de me préoccuper d’autres problèmes. Et si d’autres espèces animales obtenaient des droits, il me semble que ça serait encore plus honteux pour les pays qui bafouent les droits des humains. Tu penses pas ?

F. C.-B. : Pour ma part, en tout cas, devenir végane ne m’a que stimulé davantage à dénoncer d’autres injustices. Je n’étais pas très politisé auparavant. Et si je mets l’éthique animale au cœur de mes recherches, c’est bien parce que c’est un sujet délaissé et que je vis dans une société dont la vaste majorité de mes semblables continue de banaliser la violence commise envers les animaux.  Mais par ailleurs, je ne hiérarchise pas les causes. Supposons que je m’engage pour qu’il y ait plus de logements sociaux dans mon quartier, ça m’étonnerait que quelqu’un vienne me dire: « Hey, on s’occupera des logements sociaux lorsque les enfants en Afrique et en Asie mangeront à leur faim et que les femmes ne se feront plus violer ! » Ça n’a juste pas rapport.

 

Calgary, 2005. Heille, sais-tu c'est quoi la différence entre un veau pis une puck de hockey? Le cowboy non plus, il le sait pas.

Calgary, 2005. Heille, sais-tu c’est quoi la différence entre un veau pis une puck de hockey? Le cowboy non plus, il le sait pas. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

L. Z. : Une autre que j’entends souvent : « Oui mais moi quand je mange la chair d’un animal je le remercie et je prie pour son âme. » Eh bin.

F. C.-B. : Je crois que la victime est pas mal indifférente au fait qu’on ait prié pour son âme. Ça ne lui redonnera pas sa vie pour autant (et c’est bien la chose la plus précieuse au monde qu’elle a). Veux-tu qu’on essaie ?

L. Z. : OK. Je peux couper tes doigts avec une feuille de papier pour ensuite les badigeonner de jus de citron ? Je vais m’excuser après. Pis je vais te dire merci pour ce bon moment fort divertissant.

F. C.-B. : Ce serait la moindre des choses.

L. Z. : Y a pas de quoi. La plupart des gens sont d’accord sur le fait qu’on devrait manger moins de viande, et certains suggèrent de se tourner vers les petits producteurs bio, où les animaux sont bien traités. Tu penses quoi de la viande heureuse ?

F. C.-B. : Je crois que ça ne règle pas du tout le problème fondamental : l’on renie les droits aux animaux, notamment ceux de ne pas souffrir, de ne pas être tués et d’être libres de ses choix. Même si les producteurs bio ou à petite échelle sont bien intentionnés, je n’ai vu nulle part qu’ils ne pratiquaient pas de mutilations sans anesthésie, qu’ils ne séparaient pas hâtivement la mère de ses enfants, qu’ils n’envoyaient pas les animaux à l’abattoir à un âge prématuré, etc. Ça n’existe pas, de la viande « heureuse » (pas plus que l’esclavage bio), alors on va arrêter de se conter des menteries. Rien ne justifie que l’on traite un animal sensible comme une marchandise. Il a sa vie et on n’a pas le droit de la lui contrôler. Alors, plutôt que d’acheter des produits provenant des élevages à petite échelle (et qui, malheureusement, continuent de violer les droits des animaux), j’encourage les gens à être progressivement véganes.

L. Z. : Les droits, les droits ! Les droits, ça vient avec des devoirs. Les animaux ne peuvent pas avoir de devoirs. Pas de bras, pas de chocolat.

F. C.-B. : Bon point ! C’est pour cette raison qu’on ne donne pas de droits aux enfants, aux handicapés mentaux, aux personnes âgées séniles et aux générations futures. Parce que la seule valeur des individus se réduit à l’utilité qu’ils peuvent avoir pour moi. Mais voyons ! Quelle logique de cour d’école, ça n’a pas de sens ! Remarque que ce même raisonnement se contredit en lui-même : on prétend qu’un individu n’a pas de droits parce qu’il ne peut pas agir moralement envers nous, alors on se donne le droit de ne pas agir moralement envers lui. Autrement dit, on fait exactement ce qu’on reproche à l’individu. Bravo !

 

Ferme d'élevage de visons. Stress, confinement, surpopulation et cannibalisme pour faire des manteaux de pouel. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

Ferme d’élevage de visons. Stress, confinement, surpopulation et cannibalisme pour faire des manteaux de pouel. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

L. Z. : Ouin, mais les animaux se mangent entre eux ! C’est NATUREL.

F. C.-B. : Et on devrait faire comme eux ? Ça leur arrive de commettre des viols et de tuer leurs compétiteurs. C’est donc justifié qu’on le fasse ? À noter que la violence fait naturellement partie de l’être humain (on n’a qu’à regarder l’histoire de toutes les civilisations, à toutes les époques), mais ça ne signifie pas qu’elle est légitime et qu’on ne doit rien faire pour la diminuer autant que possible.

L. Z. : Oui, pis je me souviens que dans le temps où je mangeais des rongeurs, je vomissais des boulettes de poils et d’os. Mauvais souvenirs. Mais bon, c’est pas de ça que je voulais parler. Ce que je veux dire, c’est que dans les débats sur le végétarisme – maudit que j’haïs ça, les débats sur la viande – il y a tout le temps quelqu’un qui finit par dire que l’Homme est un prédateur, pis que c’est la consommation de viande qui a fait évoluer notre cerveau. Eh que ça me manque, l’époque des chasseurs-cueilleurs.

F. C.-B. : C’est sans doute vrai que la consommation de viande a fait évoluer notre cerveau. Mais ce serait bien de s’en servir, maintenant qu’il est évolué. On n’a plus besoin du tout de manger des produits animaux pour nourrir nos neurones. On peut satisfaire tous les besoins nutritionnels avec une alimentation végétalienne équilibrée (ce qui inclut de prendre des doses de vitamine B12, car notre monde industriel aseptisé a rendu cette vitamine difficile à trouver).

L. Z. : Ah bin ga donc. Les vitamines tussuite, aweille donc. C’est pas bon signe, tu penses pas ? Les omnivores ont pas besoin de ça, eux.

F. C.-B. : Sauf que les omnivores sont déjà vitaminés à leur insu : on ajoute de l’iode dans le sel de table, des fibres, de la folate dans les pains, du fer et de la folate dans les pâtes alimentaires, de la vitamine C dans les jus, de la vitamine D dans les laits, et j’en passe. Vous n’avez qu’à regarder sur les produits que vous achetez. Et même avec ça, on est déjà carencés à bloc. Le végétalisme, en revanche, réduit ces dépendances aux vitamines en général – c’est quand même pas 0,2% de la population qui réussit à faire vivre toutes ces boutiques à suppléments et ces allées de pharmacie ! Pis ce ne sera pas compliqué, dans une société végétalienne, de mettre de la B12 dans tout – il y en a déjà dans les laits végétaux, la levure alimentaire, les fausses viandes.

 

L. Z. : Mais les plantes ? As-tu pensé à leur souffr… OK, ma gueule. Je dirai rien là-dessus. Par contre, on me revient souvent sur une chose. On me dit que le monde est rempli de souffrance, qu’on n’y peut rien, et même que la souffrance n’est pas toujours mauvaise en soi.

F. C.-B. : Si on prend la souffrance de manière ultra générale, c’est vrai qu’il y en aura toujours et que certaines sont bénéfiques. Donner naissance, il parait que ça fait mal en s’il vous plait. Étudier fort pour un examen, ça peut aussi être de la souffrance psychologique. Et me faire traiter de salaud lorsque j’ai fait une connerie, ça me fait de la peine aussi. Mais dans ces trois exemples, il y a aussi un gain. Et ce n’est pas de ce genre de souffrances dont on parle lorsqu’on veut réduire la souffrance en ce monde, mais bien la souffrance et violence illégitimes. Par exemple, on n’a pas le droit de tuer son voisin. La violence commise à l’égard des animaux, dans nos sociétés industrialisées contemporaines, c’est la même chose : ça sert à rien, sinon qu’à servir nos plaisirs égoïstes. Et oui, on peut faire quelque chose pour éviter cette souffrance : devenir végane à l’échelle individuelle, et abolir l’exploitation à l’échelle collective.

L. Z. : En effet, on n’a pas d’excuses véritables pour perpétrer une souffrance inutile… On a beaucoup parlé d’alimentation, mais pas encore de vivisection. C’est assez facile de s’opposer aux tests effectués sur des animaux pour l’industrie du cosmétique, mais pour la recherche médicale ? On veut tellement péter la gueule à l’ossetie de cancer !

F. C.-B. : Bon, ça commence à être une bonne question ! Car en effet, dans le cas de la recherche médicale, on peut concéder qu’il y ait des intérêts plus forts en jeu de notre part, comme améliorer notre espérance de vie. Mais on ne peut justifier l’expérimentation animale sur le fait que ce serait efficace : ce serait encore plus efficace de tester sur des humains. Mais pourquoi ne le faisons-nous pas ? Car nous considérons qu’il existe des barrières éthiques à la science. On ne tue pas des gens ou on ne les fait pas souffrir pour sauver de futures personnes. Pourquoi ce serait différent avec les animaux ? Ils ne sont pas nos testeurs ou nos goûteurs, et ce n’est pas de leur faute si nous sommes malades. Pourquoi devraient-ils payer de leur vie, de leur sang et de leur sueur ? Je soutiens ainsi que les raisons qui devraient nous opposer à l’expérimentation animale sont les mêmes qui nous poussent à refuser l’expérimentation humaine invasive. Quoi qu’il en soit, même si vous n’êtes pas d’accord avec mon argument, ça ne légitime en rien la consommation de produits animaux à des fins alimentaires. Ça ne vous empêche donc pas de devenir végane pour autant, car la recherche expérimentale est un problème à part. De toute façon, il existe des modèles alternatifs de recherche scientifique, et s’ils ne sont pas encore tous au point, ce n’est qu’une question de temps.

 

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Ferme d’élevage de macaques crabiers pour la recherche scientifique, au Laos. Un employé exhibe la marchandise. ©Jo-Anne McArthur, We Animals.

L. Z. : Pas fou. Well, on pourrait faire une longue entrevue uniquement sur cette question… Heille, c’est quoi le commentaire ou la question la plus poche et/ou redondante et/ou idiote que tu te fais dire, depuis que t’es végane ?

F. C.-B. : Difficile à dire, il y a tellement de choix (des gens s’inquiètent subitement de la souffrance des végétaux, ils deviennent tout à coup des experts en protéines même s’ils sont incapables de dire combien on en a besoin par jour, ils m’accusent de vouloir les priver de tous les plaisirs de la vie, ils se mettent à croire que les animaux ne souffrent pas, et j’en passe). On entend vraiment les pires niaiseries lorsqu’on est végane. On se fait même des fois insulter, mépriser ; on dirait que les gens nous en veulent personnellement. Pourtant, je ne traite pas les omnivores d’idiots ni de méchants. J’essaie seulement d’établir un dialogue. C’est plutôt déprimant de voir que le réflexe de certaines personnes est de cracher leur haine plutôt que d’expliquer pourquoi ils ne sont pas d’accord. J’espère qu’avec cette entrevue, j’aurai suscité chez les gens l’envie de se poser plus de questions et de débattre avec nous, plutôt que nous catégoriser comme si la question était réglée. Mais si la question est si simple pour eux, pourquoi se révèlent-ils systématiquement incapables de nous expliquer où est le problème avec le véganisme ?

Toi, en as-tu ? Quelque chose à ajouter ?

L. Z. :  Hum, je pense que les gens n’aiment pas trop ça se faire remettre en question… Sinon, moi on m’a déjà dit que c’était possible d’être végétarien, mais végétalien, ça se pouvait pas. Fuck! Est-ce que je suis morte et personne me l’a dit ?!

F. C.-B. : Tu peux être sûre, en tout cas, que peu importe la cause de ta mort ou l’âge que tu auras lorsque tu mourras, les gens mettront ça sur le dos de ton extrémisme végane !

L. Z. : Mon épitaphe : « Une autre victime du véganisme. » Hé, je viens de commencer la lecture de Faut-il manger les animaux? de Jonathan Safran Foer, et Éthique animalede Jean-Baptiste Jeangène Vilmer. On m’en a beaucoup parlé en bien, et ça me semble pas mal bon jusqu’à présent. Aurais-tu des suggestions de lectures pour ceux qui s’intéressent à l’éthique animale et au véganisme?

F. C.-B. : Quoi, tu veux dire que cette entrevue n’était pas suffisante? En tout cas, c’est sûr que si notre lectrice s’est rendue jusqu’ici, c’est qu’elle souhaite en connaître davantage! Les deux livres dont tu parles sont de bonnes introductions en la matière. Toutefois, le premier parle exclusivement de la condition des animaux d’élevage et contient peu de réflexions philosophiques ou sur l’éthique alimentaire en général. Dans ce genre, je préfère recommander Je mange avec ma tête d’Élise Desaulniers (Stanké), qui traite de la situation québécoise.

Celui de Jeangène Vilmer, en fait y’en a deux : un avec un gorille sur la couverture et l’autre s’intitule L’Éthique animale, publié dans la collection « Que sais-je? ». Bien qu’ils partagent presque le même titre et le même auteur, ce sont deux livres différents, mais tous deux excellents. Le premier est un peu plus approfondi et traite aussi des conditions d’exploitation, mais il coûte plus cher. Le deuxième est un résumé bien complet des différentes approches en éthique animale.

Si vous pouvez lire l’anglais, je recommande aussi Introduction to Animal Rights : Your Child or the Dog ?de Gary Francione. Une bonne introduction à l’abolitionnisme. Le titre te fait sourire, Lora, n’est-ce pas ? Il fait référence à la question : et si vous aviez à choisir entre sauver la vie d’un enfant ou d’un chien, lequel choisiriez-vous ? Là, la plupart des gens répondent « l’enfant » et sont choqués si on choisit le chien. Et Francione répond : parfait, mais ça n’a aucun foutu rapport avec les droits des animaux. On sauverait notre mère avant de sauver un étranger, mais ça n’implique pas que l’étranger ait moins de droits que notre mère. Par ailleurs, il ne faut pas confondre nos attachements avec des questions de justice. Par exemple, qu’on aime ou non une minorité ethnique ne détermine aucunement s’ils méritent d’être respectés. Et les gens doivent comprendre ça : qu’on aime ou non les animaux, ils devraient être respectés, point.

Finalement, on a parlé plus tôt de Zoopolis de Donaldson et Kymlicka. Il justifie aussi très bien les droits des animaux en plus de proposer un cadre politique pour penser nos relations avec ceux-ci. C’est très stimulant !

Si vous préférez lire des articles académiques, écrivez-moi et je vais vous en envoyer.

L. Z. : Frédéric, je te remercie pour cette entrevue.  En guise de reconnaissance, je t’offre des végé-muffins fourrés avec du stoffe aux fraises. À volonté. Jusqu’à la fin des temps. Merci.

 

 

Toujours pas convaincue ? C’est pas grave. Moi je te suggère de devenir végane juste pour faire chier. Tu vas voir, ça marche !

 

Merci de nous avoir lus jusqu’au bout, chère lectrice. Et un merci particulier à Marie et Frank, pour l’espoir pis tute.

 

 

Des liens pour t’informer :

 

Pour terminer sur une note quioute : un bébé pangolin. Hiiiiiiiii!

Pour terminer sur une note quioute : un bébé pangolin. Hiiiiiiiii!

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