ENTREVUE AVEC ERIKA SOUCY POUR L’OFF-FESTIVAL DE POÉSIE DE TROIS-RIVIÈRES

Chère lectrice. Je viens de faire une entrevue avec Erika Soucy au sujet l’Off-festival de poésie de Trois-Rivières, pis on a fait ça sur Skype. Je l’ai toute enregistrée, et je te retranscris ça ici. T’es chanceuse que je mette pas l’extrait audio, parce que d’après Pascal, le mari d’Erika, je parle pis je ris comme Gauthier, un gars qu’il connaît. Si j’ai bien compris, Gauthier a une voix gossante.

Aussi, j’aime bien faire des entrevues un peu broche à foin, mais là je te préviens, on a décidé ça sur un coup de tête, on n’était pas préparées. Ça donne ça.

Erika Soucy : On pourrait faire ça là?

Lora Zepam : Oui!

E. S. : Yes! Attends, m’a aller me mettre une brassière!

L. Z. : Nenon, reste de même.

E. S. : Tetons lousses?

L. Z. : Tetons lousses.

E. S. : Faut tu le dises dans l’article!

L. Z. : Bin kin.

E. S. : Sont tellement gros que quand j’enlève ma brassière, ça fait BANG! des gros bleus sué genoux.

L. Z. : Aon. Erika, comment t’as eu l’idée de faire un Off de poésie?

E. S. : C’est une drôle d’anecdote! Je venais de finir le cégep, j’étais en train de bummer dans un bar à Trois-Rivières qui venait d’être acheté par des étudiants de l’UQTR. Ça s’appelait à l’époque Le Charlot, yé fermé aujourd’hui. Un des propriétaires du bar, Alexandre Gauthier, a dit, à trois semaines du Festival International de la Poésie de Trois-Rivières : « Heille ça serait malade d’organiser un off, on pourrait faire des événements au Charlot. Mais je connais pas vraiment de poètes. » Dans le temps, je commençais à connaître les Fidel Castrol, fait que j’ai dit : « Ouais, j’ai une coup’ de connaissances à Montréal, j’vais faire une coup’ de téléphones. » Finalement, en trois semaines, j’ai fait des téléphones…

L. Z. : Attends un peu. Des téléphones?

E. S. : C’est drôle parce qu’à l’époque, j’ai fait des téléphones, et j’ai envoyé des messages sur MySpace! 

L. Z. : Aon! Ossetie, ça fait donc bin longtemps!

E. S. : En 2007, MySpace était quand même actuel!

L. Z. : Ouais, c’est vrai.

E. S. : Fait que y avait JP Tremblay, Maxime Catellier, Plourde, Shawn Cotton, Jonas Lafleur pis un ami weird dont j’oublie le nom, pis une coup’ de poètes comme ça. Alexandre Gauthier a travaillé sur une grosse soirée avec Lucien Francoeur. On avait donc ouvert cette première édition avec Lucien Francoeur au Charlot. Ça devait être une soirée de lecture, mais finalement, il a passé la soirée à chialer sur les musulmans, en disant qu’ils avaient des osseties de guenilles sales sua tête…

L. Z. : Bin voyons donc!

E. S. : Pis il a fini ça en chantant Le rap à Billy.

L. Z. : Ah, au moins il s’est rattrapé un peu, mais câline… [Rires et malaises]

E. S. : Faudrait refaire ça cette année. Avec la charte, ça serait fou.

L. Z. : On aurait un Lucien en feu.

E. S. : Mets-en.

L. Z. : Merci pour cette savoureuse anecdote!

E. S. : Ça avait créé un gros frette.

L. Z. : Ha ha! J’espère… Ça avait bien marché cette année-là?

E. S. : Oui. Ce qui est fou, c’est que ça a un peu marché grâce à Gaston [Bellemare, président et fondateur du Festival International de la Poésie de Trois-Rivières], parce qu’il était très, très fâché qu’on fasse un off. Il avait peur qu’on lui vole ses invités. Pis il nous a traités de parasites et de non-poètes. Parce qu’on voulait faire lire n’importe qui au micro ouvert, pis pour lui c’était pas de la poésie.

L. Z. : Ah bon?

E. S. : À l’origine, pourquoi on est nés, c’est qu’au Festival International de la Poésie, fallait avoir publié pour aller lire aux micro ouverts du Zénob, même si c’était à deux heures et demi dans nuitte. Fait que toi, là, t’aurais pas pu aller lire aux micro ouverts du Festival!

L. Z. : Ah bin calvaire. Donc, ce qui vous dérangeait, au départ, c’est que c’était trop institutionnalisé.

E. S. : Oui. Ils laissaient pas de place à l’underground, pas de place à l’émergence, pas de place aux citoyens, pas de place au… fonne?

L. Z. : Ha ha!

E. S. : Non mais c’était très protocolaire comme soirées de lecture. Scotch et poésie, vino et poésie, piano à queue et poésie, etc. Pis nous, on reprend la formule mais avec d’autres thèmes, comme heavy metal et poésie.

L. Z. : Soirée de POUEL!

E. S. : Soirée de pouel!

L. Z. : Une chance que mes premiers contacts avec la littérature c’était avec l’underground… Soirée vino et poésie? Tabarnaque, ça m’aurait tuée.

E. S. : Ça se fait encore. C’est pas toujours ça, mais c’est un peu ça l’esprit. On est à l’opposé de ça, mais c’est super cool que ça existe ces soirées plus classiques, parce qu’il y a un public pour ça aussi. Mais je pense que l’off était nécessaire, sinon on serait pas encore là après sept ans. Pis nos auteurs seraient pas invités aujourd’hui au Festival. Bin du monde dans leur programmation est passé par chez nous avant.

L. Z. : Aon! As-tu des noms à nous donner?

E. S. : Bin, Rose Eliceiry pour ne pas la nommer!

L. Z. : Aaaaaw!

E. S. : Rose gagne le prix Félix-Leclerc cette année. On est super contents pour elle! Pis quand elle a commencé à lire à Trois-Rivières, c’était à l’off!

L. Z. : Oh yeah, Rose! Là, c’est la septième édition de l’off. Qui est impliqué dans l’organisation?

E. S. : Alexandre Dostie, Pierre Brouillette-Hamelin, et moi. Donc, moi et Duo Camaro!

L. Z. : Yes! Pis là vous avez invité des gens à proposer des soirées?

E. S. : En fait, y a des années où moi pis Pierre on était les seuls dans l’organisation, pis les soirées se ressemblaient. On a décidé qu’on allait donner des mandats à d’autres parce que ça crée une programmation plus hétéroclite, plus intéressante, chacun y mettant sa personnalité. Je suis en charge du SPAP [Soirée de la poésie et autres paroles], la soirée qui est là depuis le début. : des poètes de la scène underground émergente, plus trash, ce qu’on trouve intéressant dans la poésie du moment. On les invite à lire pis y a aussi un micro ouvert. D’habitude c’est en fin de soirée, mais cette année on le met en première partie. De fil en aiguille, y a des thématiques qui se sont imposées dans les soirées SPAP. Depuis deux ou trois ans, c’est Alexandre Dostie qui s’occupe de la soirée du vendredi. À chaque fois il essaie de trouver un médium d’expression. La première année, c’était le slam sous forme de battle de boxe. Ça s’appelait le Iron Slam. Le public était invité à kicker out le slammeur ou à le garder dans la course.

L. Z. : Mathieu [Arsenault] avait participé au Iron Slam quand j’y suis allée en 2011. Il est arrivé deuxième. Il dit qu’il arrive toujours deuxième dans la vie. Mais je lui ai dit qu’il était le premier dans mon coeur.

E. S. : Aaaw! Pis là tu te mets en totons lousses. 

L. Z. : En totons lousses, aweille donc.

Mathieu Arsenault et Vickie Gendreau durant le Iron Slam, (Off festival de poésie de Trois-Rivières 2011).

Mathieu Arsenault et Vickie Gendreau durant le Iron Slam, (Off festival de poésie de Trois-Rivières 2011).

E. S. : L’an passé, le médium c’était l’art oratoire qui était célébré dans cette soirée-là. Cette année, c’est la performance. Aussi, y a un groupe de Trois-Rivières qui a décidé, cette année, de faire une table ronde sur Barbara Cartland. Je sais pas si tu connais?

L. Z. : Non?

E. S. : C’est une auteure de livres romantiques, style Harlequin. Elle aime beaucoup le rose, les paillettes, et les caniches. Elle écrit des beaux livres d’amour.

L. Z. : Aon!

Barbara Cartland et son fidèle pékinois.

Dame Barbara Cartland et son fidèle pékinois.

 

E. S. : Ils font une analyse complète de ses oeuvres, ça va être vraiment drôle. Pis ils font aussi une lecture à partir d’extraits de ses livres. C’est des gens de Trois-Rivières qui ont demandé d’avoir une plage horaire pour ça, pis on a dit oui, quelle bonne idée!

L. Z. : C’est l’fonne! Depuis quand vous avez des propositions spontanées comme ça?

E. S. : On en a tout le temps, à chaque année, mais trop à la dernière minute. On n’a jamais pu les mettre dans la programmation. Mais ce groupe-là, ils s’y sont pris d’avance, ils sont organisés. C’est donc la première année où on a une manifestation intéressante juste à temps, on trouve que c’est un projet vraiment chouette.

L. Z. : C’est quelle date?

E. S. : C’est le 12 octobre, en première partie de la soirée de clôture de Poème Sale. On s’est dit « heille, Poème Sale pogne de c’temps-là, ça serait l’fonne de les avoir ».

L. Z. : La grosse affaire!

E. S. : Mets-en. Le Festival International de la Poésie a Québécor, pis nous autres…

L. Z. : Mais là, attends un peu. L’off a pas un gros budget, mais je suis sûre que Poème Sale a la suite Tahiti au Motel Coconut pis le rhum a volonté, avoue!

E. S. : C’est tellement des gros douchebags, c’est sûr que oui!

L. Z. : Moi je l’ai vu, le coat de douchebag à Fabrice

E. S. : C’est leur prod, han, ça passe sur leur budget. Moi je paye les macarons, c’est bin en masse.

L. Z. : Des macarons!

E. S. : Va y avoir de la merch!

L. Z. : Yes! Dont des nouveaux chandails de Doctorak!

E. S. : Oui, je sais, sont tellement beaux.

L. Z. : Mais là, c’est quoi la soirée de Poème Sale?

E. S. : C’est YOLO (Révolution). Le concept, je pense que c’est dans l’esprit de débauche de jeunes fringants qui aiment bien, la fin de semaine, se crisser des punchs sua gueule pour rire.

L. Z. : Attends, Dulude va être là? Il va sûrement faire quelque chose! Tu parles de punche sua gueule, je peux pas m’empêcher de penser à lui…

E. S. : Ha ha!

L. Z. : Faut-tu être tounu, ou c’est pas nécessaire?

E. S. : Si ça te tente.

L. Z. : Je vais arriver là en bouttes.

E. S. : Bin, Fabrice a dit qu’il serait tounu.

L. Z. : Ah, c’est pour ça qu’il fait du cross-fit depuis des mois! Il veut nous impressionner avec son corps d’athlète…

E. S. : C’est clair que c’est ça. Faut aussi que je te parle de Partie Intime. C’est le dimanche 6 octobre, donc le deuxième soir. C’est une gang d’impro, ils font du théâtre spontané. Ils reprennent un peu le format d’une soirée SPAP, pis ils essaient de recréer des histoire au travers de ça. C’est toffe à expliquer… Le point de départ de l’impro, c’est de recréer une soirée de SPAP qui n’a jamais existé à l’off. Qu’est-ce que ça va donner? On le verra bien. Pis ils font des micro-histoires à chaque intervention. Ça peut durer une demi-heure comme ça peut durer trente secondes.

L. Z. : On n’a pas beaucoup parlé des participants. Qui va être là?

E. S. : Le premier samedi, le 5, y a… Ah, je suis poche, j’oublie des noms…

L. Z. : Bin attends, on peut aller le chercher sur internet

E. S. : En tout cas, y a Alexie Morin…

L. Z. : Ouiii!

E. S. : …Maude Veilleux qui, d’habitude, ne veut pas lire.

L. Z. : Pour vrai?

E. S. : Catherine Cormier-Larose a souvent essayé de l’avoir pour des soirées de lecture, pis elle a tout le temps dit non, pis moi j’ai réussi. Yes!

L. Z. : Ossetie! DANS TA FACE, CORMIER-LAROSE!

E. S. : Y a Fabien Cloutier!

L. Z. : Nice!

E. S. : Ed Hardcore!

L. Z. : Ouiii!

E. S. : Ensuite, qui d’autres… Mathieu Arsenault, Catherine Cormier-Larose, moi qui anime, Patrick Brisebois, Stéphane Larue…

L. Z. : Méchant beau line-up!

E. S. : Terreur Terreur dans la place.

L. Z. : Tabarouette, oui. En tout cas, j’ai entendu des rumeurs… Y en a une gang veulent s’inviter au micro ouvert…

E. S. : Oué, je l’sais, en fait j’ai peur qu’ils upstagent.

L. Z. : Ha ha ha!

E. S. : Je m’étais backée au micro ouvert avec une coup’ de slammeurs, je voulais qu’il y aille quand même du monde. D’habitude ça marche jamais, l’ossetie de micro ouvert! Là, ça va bin trop pogner!

L. Z. : Ah ouin?

E. S. : Bin c’est parfait! Je trouve ça vraiment génial, ça va être une chouette première partie. Comme Metallica, le show sur les Plaines. La première partie était plus intéressante que Metallica.

L. Z. : C’était quoi?

E. S. : Dance Laury Dance.

L. Z. : Ah! Mathieu les a vus. Il a un peu capoté.

Pascal : Y a Sexe, Bacon et Prédateur 2!

E. S. : Mon chum me crie au loin… La lecture sera ponctuée de prestations du groupe heavy metal Sexe, Bacon et Prédateur 2.

L. Z. : Ha ha! C’est donc bin bon, comme nom! Excellent! Fait qu’il va y avoir de la musique de pouel, en plus.

E. S. : Oui, un band composé de motards.

L. Z. : Des motards? Ek des vrais tattoos?

E. S. : Oué, tellement! Y a même un tattoo de Robocop!

L. Z. : Non! Heille, ton père pis ses tattoos vont-tu être là?

E. S. : Non.

L. Z. : Aw. Mais je peux toujours m’occuper d’emmener des tattoos temporaires comme y a deux ans, pis je t’en ferai.

E. S. : Ah, tu serais fine.

L. Z. : Pis on enverra une photo à ton papa. Il va être fier de sa grande fille… Et qui va être à la prochaine soirée?

E. S. : Pour la soirée performance, qui s’appelle Partouze : Poésie contact, Bertrand Laverdure a dit que son concept, ce sera de tester jusqu’à quel point le contact physique peut être dérangeant auprès du public.

L. Z. : Ta-bar-na-que, tu m’fais peur! Ha ha!

E. S. : He he. Pierre a répondu à ça : « Septième édition : l’édition où il y aura des poursuites judiciaires. »

L. Z. : Il va tutes nous grainer!

E. S. : Ha ha ha! C’est sûr que oui!

L. Z. : Sortez vos iPhone, c’est l’temps de filmer des souvenirs.

E. S. : Ça fait que Bertrand va être là, Sébastien Dulude, évidemment…

L. Z. : Ah, il va encore nous faire peur… Avec des FLUIDES.

E. S. : Ah, peut-être!

L. Z. : Mais oui, il performe avec ses fluides, lui!

E. S. : J’ai hâte… Le thème c’est « partouze », han! Quel fluide utilisera-t-il?

L. Z. : J’sais paaaas…

E. S. : Arque… On va t’offrir des shooters!

L. Z. : Ensuite, il y a qui d’autres?

E. S. : Jonathan Lamy, Claudine Vachon, Paul Dallaire, Hugo Nadeau, Yan St-Onge, Frank Poule, Boutefeu, Anouk Vigneault, Nicolas Rivard, Solange Deraîche… Y a un line-up de fou.

L. Z. : Wow, quelle soirée!

E. S. : Ensuite, Poème Sale invite Raymond Bock. En fait, ça va dépendre si son poumon est fonctionnel…

L. Z. : Heille j’espère!

E. S. : J’pense qu’il va avoir beaucoup de peine s’il peut pas venir.

L. Z. : Aw, nous autres aussi… Heille pis t’as invité Jean-Philippe Morin! Fucking Darnziak va lire pour la première fois!

E. S. : Ça va être sa première fois?!

L. Z. : Oui! Tu le dévierges de lecture! Te rends-tu compte? Lui, là, il bloguait avant qu’on soit nées, pis il a encore jamais fait de lecture publique! C’est fou!

E. S. : Bin là! Heille, ça va être comme sa première sortie aux danseuses!

L. Z. : Ça va être PAREIL! Emmène-toué en totons lousses!

E. S. : On est dans le thème!

L. Z. : Crissement! [On ricane comme des gamines, encore.]

E. S. : Ensuite de ça, y a François Rioux, Marc-Antoine K. Phaneuf, Tony Tremblay, Sébastien Dulude, Fabrice Masson-Goulet, Charles Dionne, Crémant Impérial, Roxane Desjardins, Alexandre Dostie, Mayra Bruneau-Da Costa… Et la table ronde sur Barbara Cartland est avec entre autres Christina Monfette — la blonde de Pierre — et Pascal Blanchet, l’illustrateur.

L. Z. : Oui! C’est lui qui a fait les couvertures de François Blais! Ossetie, yes! T’as pas invité François Blais? Hi hi…

E. S. : Non. J’aimerais vraiment ça. En novembre, j’anime une rencontre d’auteurs à laquelle il participe. Peut-être que je vais pouvoir être chummy avec.

L. Z. : T’essaieras de l’ensorceler pour qu’il vienne à l’off l’année prochaine!

E. S. : Je vais travailler fort.

L. Z. : Yes! Je voulais te demander une chose. C’est la septième édition, et moi j’en ai vue une seule. En 2011, c’était la première fois que j’allais à Trois-Rivières, en plus — si je compte pas les fois où j’allais niaiser à la gare — pis c’était une bonne expérience du début à la fin, c’était malade. J’en garde des crisses de bons souvenirs. Mais j’ai manqué toutes les autres éditions! Dis-moi, aurais-tu des anecdotes cocasses, farfelues, presque poursuites judiciaires, qui se sont passées aux autres éditions de l’off?

E. S. : Bin écoute, Lucien Francoeur à la première, c’était déjà quelque chose…

Pascal : Jean-Paul Daoust!

E. S. : Jean-Paul Daoust! Ah oui, ça c’est drôle. Lui il se fait chicaner par FIPTR!

L. Z. : Ah, parce que lui, yé aux deux, han?

E. S. : Oué! Yé aux deux, l’ossetie! Il vient tout le temps à l’off. Yé vraiment content d’être là. Moi, je trippe dessus. Si j’écris aujourd’hui, c’est en partie à cause de Jean-Paul Daoust parce que c’est avec lui que j’ai découvert la poésie-nouvelle. Bref, la première fois que je l’ai vu, j’étais très très très honorée qu’il soit là, à ma soirée. J’étais allée le voir pour lui demander de lire, pis il avait dit oui. J’étais vraiment très très heureuse. Depuis ce temps-là, il revient à chaque année! Pis genre, avec clairement des textes dans sa poche.

L. Z. : Aaaw.

E. S. : « Ah, oui oui, j’ai justement, comme ça, par hasard, un nouveau texte que j’ai écrit la semaine dernière! » ou « Oh oui, j’ai rajouté plein de lèvres à ma série! »Dulude en a parlé dans un de ses derniers posts. Cette soirée où Vickie avait un chapeau en lèvres qui mimaient les lèvres de Daoust derrière lui… T’étais-tu là?

L. Z. : J’étais pas là, non…

E. S. : Cette année-là, c’était assez mémorable. Pis contrairement à ce que Dulude dit, c’est pas Vickie qui voulait « lire » pendant la lecture de Daoust. C’est Daoust qui a dit « OK, je monte sur scène seulement si je peux avoir la belle fille là-bas avec le beau chapeau! »

L. Z. : Aon, c’est donc bin beau!

E. S. : Elle était super fière, honorée pis contente de faire ça, pis c’était cool. Il y a beaucoup de souvenirs avec Vickie qui nous reviennent, parce que c’est dans l’air en ce moment…

L. Z. : Elle faisait le party pour vrai à l’off, moi j’ai des bons souvenirs de ça!

Vickie Gendreau, pas mal essitée pendant une lecture de Jean-Paul Daoust (Off-festival de poésie de Trois-Rivières, 2011).

Vickie Gendreau, pas mal essitée pendant une lecture de Jean-Paul Daoust (Off-festival de poésie de Trois-Rivières, 2011).

E. S. : Crissement. D’ailleurs, le party dont parle Dulude dans sa première chronique [Vickie was here], c’était que’que chose… T’étais-tu là?

L. Z. : Non, j’étais pas encore née!

E. S. : OK. T’as quand même manqué que’que chose. C’était moi qui étais dans le linge sale au sous-sol…

L. Z. : HA HA! Les totons lousses?

E. S. : Totons lousses. Pis là fois où Vickie a lu Are You the Ultimate Pac-Man?

L. Z. : Ah, tu vois, cette fois j’y étais! En 2011. C’était hot. Mais l’année passée, j’étais pas là, as-tu des anecdotes de 2012?

E. S. : L’année passée… Ah. Oui. Ossetie. Bertrand, pendant la soirée de discours — Bertrand, il marque l’imaginaire, han? — a lu un texte dont j’oublie le titre, mais il hurlait « KALACHNIKOV, TABARNAK! ». C’était parfait. Pis cette année-là, Dulude — astie, ça c’était dégueulasse — il s’était rentré un hameçon dans la jointure pis il a demandé à quelqu’un du public de le tenir avec un fil à pêche.

L. Z. : Eeew…

E. S. : Il lisait un poème de rupture. À la fin du poème, il a tiré, pis ça a arraché.

L. Z. : AAAH!

E. S. : C’était la pire perfo que j’ai jamais vue, c’était dégueulasse. Après ça vient la perfo où il se crisse des couteaux à steak sur le pieds.

L. Z. : Je l’ai vu lire pendant qu’il se faisait puncher dans le dos par une fille. C’était pas gore, mais c’était violent. C’était impressionnant. Ayoye… Maudit malade. Mais c’est ça qui est beau!

Sébastien Dulude qui se fait puncher dans le dos. Les passants semblent apprécier le spectacle.

Sébastien Dulude qui se fait puncher dans le dos. Les passants semblent apprécier le spectacle (Off-festival de poésie de Trois-Rivières, 2011).

E. S. : Oui!

L. Z. : En 2011, Mathieu avait apporté un dentier glow-in-the-dark qu’on avait acheté dans une machine distributrice à Baie-St-Paul. Je sais pas s’il voulait faire une lecture avec son dentier, mais il a pas compris comment ça fonctionnait. Y avait du stoffe chimique phosphorescent qu’il a appliqué sur le dentier, pis quand il s’est mis ça dans la bouche, ça brûlait, il est parti aux toilettes en courant pour se rincer la gueule! Ça puait tellement, là, je sais pas c’était quoi, mais j’avais peur qu’il meurt.

E. S. :  C’est-tu l’année où il a bu du Red Bull pis qu’il a fait une crise d’angoisse pis qu’il est parti à quatre heures du matin?

L. Z. : Non! Ça c’était avant que je le connaisse.

E. S. : Ah! La deuxième année, on faisait une lecture au Charlot, pis à côté il y avait l’hôtel Le Delta, un hôtel chic de Trois-Rivières. Et pendant une lecture (je pense que c’était Sébastien Boulanger Gagnon), y a STEPHEN HARPER qui est débarqué de son autobus de campagne électorale! Tout le monde est sorti, pis tout le monde gueulait.

L. Z. : Tout le monde l’a hué? AH YES! Accueilli par une gang de poètes saouls! Ha ha!

E. S. : C’est excellent, han?

L. Z. : Ah mais là mais là, POTIN. J’ai vu ça passer sur Facebook, parce que je suis abonnée à la page de l’off

E. S. : OMG! [ricanements]

L. Z. : Tu vois où je veux en venir… Tu viens de réaliser que le Festival International de la Poésie de Trois-Rivières, a fait enregistrer le nom « Off-Festival de Poésie ».

E. S. : L’année suivant notre première édition, Bellemare, la chienne lui a pogné, pis il s’est dit « ah bin, m’a m’enregistrer avant eux-autres, comme ça ils pourront jamais devenir une vraie entreprise ou organisme ».

L. Z. : Tu penses que c’est pour que vous puissiez pas demander de subvention, par exemple?

E. S. : Pour pas être reconnus professionnellement. Il voulait se backer, effacer la compétition. De toute façon, c’est pas stressant. L’Off-FPTR n’est pas encore un OSBL, parce qu’à la base, on faisait ça pour le plaisir. C’est bénévole, on ne savait pas quelle proportion ça prendrait.

L. Z. : Bin, c’est la scène underground…

E. S. : C’est ça. On n’était pas rendus là. On veut faire ça cette année, on trouvera bin une solution. En même temps, ça reste fucking drôle!

L. Z. : Quand même!

E. S. : Je pense que sa grosse peur, c’est qu’on lui vole ses invités. Qu’au bout du compte, le monde qu’il paye vienne aussi à l’off pour lire. Bon, je te mentirais si je te disais que ça n’arrive pas parfois

L. Z. : Ha ha!

E. S. : Mais, j’veux dire, on tord pas le bras à personne. Une année, on a volontairement omis de pas inviter officiellement un poète parce qu’il était invité par le FIPTR. Mais finalement il est venu pareil!

L. Z. : L’off, c’est un peu comme la femme tentatrice…

E. S. : Le DÉMON, manne!

L. Z. : Pis le FIPTR, c’est un gros cocu!

E. S. : C’est ça! Le Festival yé total cocu!

L. Z. : Pourtant, il y a beaucoup de festivals qui fonctionnent très bien avec un off en parallèle.

E. S. : La plupart des festivals ont un off, et ils sont heureux d’en avoir un, parce que ça veut dire que t’es assez big, tsé.

L. Z. : C’est sûr! Le jour où il va y avoir un off de l’off, c’est parce que vous allez être big!

E. S. : L’année passée on en a eu un!

L. Z. : Meh!

E. S. : C’est vrai! On est allé lire au micro ouvert du Zénob!

L. Z. : Excellent! Y a pas eu de poche tam tam?

E. S. : De quoi?

L. Z. : Poche tam tam?

Ici, j’explique ce que c’est à Erika, mais il faudrait que j’interviewe les gens concernés pour raconter ça ici en détails. Tout ça nous amène à parler de la fois où on a fait laver son char par des pompiers, qui nous amène à parler de sa passion pour les uniformes, et donc de son projet de poètes en uniformes.

E. S. : Mes préférés c’est les gars de la construction.

L. Z. : Des gars de la construction qui vont lire de la poésie?

E. S. : Un poseur de gyproc qui me slamme que’que chose, ça serait malade.

L. Z. : Slamme ton gyproc! [S’ensuit une suite de jeux de mots avec « slam » qu’on  t’épargne ici, maudite chanceuse.]

E. S. : Heille, tchèque ce que mon chum lit!

L. Z. : Euh, une revue? (Skype, ça torche pas pour la qualité d’image…)

E. S. : Non, attends… [Erika approche le livre de sa webcam.]

L. Z. : AAAAH! C’est Document 1!!!

E. S. : Je l’ai bien élevé, han?

L. Z. : Bon pitou!

E. S. : Pascal, c’est le Sexe, de Sexe, Bacon et Prédateur 2.

L. Z. : Aoooon. Hein, Prédateur deux. C’est tellement un nom parfait.

E. S. : En fait, Prédateur 2 a failli pas être là! Parce qu’il était sensé rentrer en prison…

Pascal : Mais y rentre juste le lundi finalement.

L. Z. : Bin voyons, tu me niaises!

E. S. : Quand il est passé en cour vendredi passé pour une histoire de balloune, le juge lui a dit « bon bin tu pognes un mois en d’dans, t’as le choix : soit que tu fais un mois one shot ou que tu fais deux jours par semaine pendant 15 semaines », pis là Prédateur 2 a dit « si je prends un mois en d’dans, ça commence quand? » pis le juge y a dit « tussuite », pis là y a fait « ah, bin non, je pourrai pas être à l’Off de Trois-Rivières », ça fait qu’il a dit « j’vais prendre deux jours par semaine »… Pis il commence lundi.

L. Z. : Nooon… C’est donc bin hot! *_*

E. S. : Yé fin, han?

L. Z. : Ah, crisse, gros high five à Prédateur 2! Sérieux, là, c’est fin! Heille Pascal, t’es rendu où dans Document 1?

Pascal : Euh… Chapitre huit!

L. Z. : Ah, j’ai tellement aimé ce livre-là! 

Là, on se met à jaser de Document 1 et François Blais, encore, pis on est tous d’accord pour te recommander la lecture de son oeuvre.

Merci beaucoup à Erika (et à Pascal) pour ce précieux temps et pour les anecdotes assez capotées merci. On t’attend à l’Off-festival de poésie de Trois-Rivières.

Concours Poètes en uniformes!

Erika pis moi on lance un concours! (Oui, encore un ossetie de concours.) On veut que toi, chère lectrice, tu nous écrives pour nous dire quel(le) poète tu voudrais voir lire en uniforme, et dans quel uniforme. Les gagnants et gagnantes seront sélectionnés selon ces deux critères : récurrence et originalité. Lors de l’Off-festival de poésie de Trois-Rivières 2014, ils devront porter leur uniforme pour lire un texte inédit en lien avec le-dit uniforme. C’est-tu pas assez malade, ça?

Exemples : Marc-Antoine K. Phaneuf + hôtesse de l’air; Alexie Morin + cadet; Bertrand Laverdure + pompier, etc.

Allez, SOIS NOMBREUSE.

✉ lora-zepam[a]hotmail.com

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