Entrevue avec l’Académie de la vie littéraire (+ invité surprise!)

Une entrevue avec Catherine Cormier-Larose et Mathieu Arsenault, de l’Académie de la vie littéraire (oui, le nom a fini par être tronqué). Où Catherine nous explique comment voir des boules au Café Cléopâtre sans payer. Et où on jase du gala qui s’en vient et du festival Dans ta tête. Une entrevue beurrée de lol (que j’ai pas retranscrits parce que j’aurais pété le cap des 5000 mots).

Veuillez prendre note qu’il s’agit de la version non censurée de l’entrevue. Daria, la fille de Catherine, nous a repris à chaque fois qu’on a sacré. « Pas de gros mots. » Désolée, Daria, mais il va y avoir des gros mots.

Mathieu Arsenault : Tchèque, j’ai acheté ça! [Bruit de cannette de spray]

Lora Zepam : Han, on fait d’la colle!

Catherine Cormier-Larose : Je veux juste dire, pour l’entrevue, que Lora Zepam c’est la seule d’entre nous qui boit pas.

M : Pis moi j’ai pris trois gorgées mais… CHU STRESSÉ!

LZ : Je me suis préparé une p’tite liste de questions, mais ça va être pas mal de l’impro, je pense. Catherine, je veux que tu nous dises pourquoi tu fais la soirée d’ouverture au Café Cléopâtre.

C : C’est parce que c’est un endroit mythique. Il va y avoir des hommes qui servent en femmes et des femmes qui servent en hommes. L’idée, quand tu vas au Café Cléopâtre, c’est que faut pas que t’aies d’argent cash, parce qu’ils prennent pas les cartes en bas, pis le guichet automatique est dans le bar des danseuses.

M : Faut avoir de l’argent cash ou pas?

C : Faut pas que t’aies d’argent cash pour être obligé d’aller au ATM dans le bar de danseuses. Y a des bouncers qui t’accompagnent, pis tu peux aller retirer du cash.

LZ : Ah OK, c’est juste une excuse pour… Aoooon.

C : Bin oué.

LZ : OK, vu de même.

C : Fait que ça c’est bin important.

LZ : Prenez des notes.

C : Sinon, c’est parce que c’est un show de performance, ça fait que l’endroit est plus approprié. Il va y avoir Nico Rivard, Sébastien Dulude, Yan St-Onge. Va y avoir des filles aussi.

LZ : Sébastien Dulude me fait toujours peur quand il fait des performances. Y va-tu encore nous faire peur cette année?

C : J’imagine que oui!

M : Crocodile Dulude!

LZ : Oh! Je vous ai même pas présentés, parce que je fais l’entrevue à l’envers… Catherine Cormier-Larose, Mathieu Arsenault…
M : Tellement à l’envers que ton micro pointe vers l’infini.

[Mathieu replace le micro]
LZ : Catherine, Mathieu, je veux savoir comment vous avez découvert les auteurs à qui vous remettez des prix cette année. Je veux des histoires.

C : Camille Cléant a un profil de danse et théâtre, pis elle a lu un texte aux Slam Sessions aux Écuries, pis on s’est tous dit « taaaabarnaaaaaque ». Pour Expozine, elle a sorti deux zines, dont un qui est extraordinaire : il est tout fait sur des cartes d’hôpital.

M : Je l’ai lu pis j’ai trouvé ça malade. Catherine m’a dit qu’il fallait absolument lui donner un prix parce qu’elle, c’est clair qu’elle va être super connue dans un domaine ou l’autre parce que depuis 2011, elle a fait des performances, une expo solo, elle fait tout pis elle fait tout bien.

C : Comme Maude Veilleux. L’année passée, on lui a donné un prix pour un zine, et depuis ce temps elle a sorti un recueil à L’Écrou…

LZ : Il est super bon.

C : Pis elle vient de sortir un roman, Le vertige des insectes, dans la collection Hamac.
M : Ceux que je suis fier d’avoir rencontrés… Un manné, Félix Philanthrope m’a parlé de On s’en câlisse, par un groupe d’anonymes qui s’appelle Collectif de débrayage. Personne savait c’était qui, pis je me suis mis à les chercher…

C : Tu les as cyber-stalkés?

M : Je les ai cherchés à la bibliothèque, pis sur internet, et ils m’ont répondu rapidement! Au début ils m’ont répondu en disant « on pensait que c’était peut-être la police, ou que c’était pas sérieux, mais on a lu ton article sur le tueur de Dawson, pis t’es cool ». [http://www.spiralemagazine.com/parutions/212/textes/article_ordin_01.html]

LZ : Oh yeah! Mathieu est approuvé!
M : Ça fait qu’on leur a donné rendez-vous chez eux pour aller les photographier, pis y avait Frédéric Dumont chez eux!

LZ : Ouiiii! C’était l’fonne!

M : J’étais en amour avec ce collectif.

LZ : Heille Catherine avait même pas fini de raconter l’histoire de Camille Cléant!

M : Bin, on a fait le tour, pis si ça se trouve, elle est déjà célèbre, là. Va falloir que tu retranscrives ton entrevue pis vite avant qu’elle soit dans le 7 Jours. Pis dépêche-toi, elle va avoir son expo au Musée d’art contemporain, pis elle va être dans la revue Esse. Ça existe-tu encore?

C : Oué. Abonnement annuel, 24 dollars!

LZ : Mais oui, j’en reçois encore par la poste, c’est l’ancien abonnement d’Émilie!

C : C’est moué qui l’avait abonnée.

M : Qui d’autres qu’on a découverts… Ralph Elawani!

LZ : Il a full un beau chat! Mais on n’en parlera pas, parce que Catherine est là.

M : Cette année, la thématique c’est pas les animaux, c’est de photographier les gens dehors.

C : Y a du monde à qui on aurait voulu donné des prix, mais y a des années où ça adonne moins bien que d’autres, puis un moment donné ils font quelque chose d’extraordinaire, pis tu t’dis « EH! Ça c’est le prix qui nous est passé en-dessous de la face l’autre fois! » Comme Laurence Goug. Gou?

M : Moi je dis « go ».

C : Crisse que je suis contente que ce soit une entrevue écrite.

LZ : Moi je dis « Laurence ».

M : Au gala, la première affaire que je vais lui demander quand elle va arriver : c’est-tu « go » ou « goug »? Comment tu prononces ton nom?

C : Ha ha! Il l’a photographiée sans même lui parler!

LZ : On l’a photographiée en face de Chez Allaire!

C : J’ai vu ça! Sinon, Jason Camlot c’est un autre cas comme ça. C’est un poète montréalais, prof de Concordia…

LZ : T’es sûr que ça se prononce de même? Peut-être qu’on dit « Jasson »?

C : Jasson Camelo.

Invité surprise : C’est un s muet.

C : Bref, c’est quelqu’un qui publie très peu, il publie environ un recueil aux quatre ans.

Daria : Peut-être qu’il s’appelle Polypon?

C : Peut-être! Fait que Polypon, je l’ai déjà entendu lire un texte sublime, pis j’attendais qu’il le publie, pis ce recueil-là, c’est quelque chose. C’est plein de poèmes adressés à la mort, pis il y a ses racines juives qui trouvent leur place à l’intérieur. C’est bon!

M : Ah! Pis si tu veux comprendre comment ça marche à l’Académie de la vie littéraire…

LZ : Certainement!

M : Cet été, j’ai découvert Crémant Impérial. Je les ai vues trois fois en show, pis je suis vraiment un gros, gros fan de Crémant Impérial. Pis là j’annonce ça à Catherine, pis elle dit « bin c’était l’année passée qu’il fallait leur donner un prix, pis t’as dit non parce que tu les connaissais pas », pis là j’ai négocié pendant à peu près trois semaines. Catherine disant : « Bin là, y ont fait les premières parties de Bernard Adamus! »

C : Câlisse!

M : Pis là je tchèque dans l’Internet, pis quand tu cherches Bernard Adamus et Crémant Impérial, y a deux mentions…

C : Mais moi je voulais leur donner un prix. Moi aussi je suis en amour avec, c’est juste que sont quand même big.

LZ : Peut-être qu’après l’entrevue ça va être vraiment big.

M : C’est pourquoi Camille Cléant, fallait que ce soit cette année! Sinon, on avait déjà donné un prix à Dulude et à Marjolaine Beauchamp, mais on faisait pas de cartes à l’époque.

LZ : Là, Frédéric Dumont va être en crisse que tu dises ça! Tu vas puser pour vrai.

M : Frédéric Dumont aura jamais de carte.

C : Cette semaine, j’étais au Salon du livre de l’Outaouais, et Louis-Philippe Hébert est venu me voir pour me demander si on allait lui faire une carte.

M : On va lui en faire une!

LZ : Vous vous faites demander des prix, des fois?

C : Bin, les gens qui ont eu des prix les années où on faisait pas de cartes sont en crisse.

M : Frédéric Dumont pis Ed en voulaient une. On va leur en faire, l’année prochaine. Je ferai un deck spécial pour le 5e anniversaire.

LZ : Je pense aussi à des récipiendaires que vous connaissiez déjà, comme Daniel Leblanc-Poirier. Pourquoi cette année mais pas les années précédentes?

M : Il avait déjà reçu des prix.

LZ : Vous voulez pas donner de prix à des auteurs trop populaires, mais en donneriez-vous à un has-been?

M : S’il revient, oui.

C : Mets-en. On dira pas ça de même dans l’entrevue, mais c’est un peu le cas de Louis-Philippe Hébert. Pendant plusieurs années, il n’a rien écrit, pis le recueil qu’on a primé, c’est un de ses premiers recueils depuis son comeback. C’était écoeurant. L’idée du recueil : il droppe une cup de crème par terre, pis le temps qu’il se penche pour la ramasser, tout le recueil se passe.

C’est quand même sublime! Heille : on les lit, les livres à qui on donne des prix!

LZ : Vous avez donc bin du temps à perdre, vous autres!

C : C’est malade.

M : Moi j’ai vraiment découvert Daniel Leblanc-Poirier en faisant sa carte. Aussi, on aimerait ça donner des prix à des auteurs plus vieux, mais souvent, sont bardés de prix. C’est les même dix personnes qui sont sur les comités depuis 30 ans. On n’a pas un parti pris pour les jeunes, mais il y a tellement de trucs importants qui se passent en ce moment qu’un énième recueil de…

C : On a donné un prix à François Hébert quand il a sorti son anthologie sur la mort. Pis après il est rentré à l’Académie des lettres de j’sais pas quoi… On savait même pas qu’on avait ça câlisse.

M : On l’savait, j’enregistre ça chaque année pour Radio Spirale!

C : Y avait plein de photos dins journaux! Pis il avait une tite couronne dorée…

M : Y avait pas plein de photos dins journaux, ça’ pas passé au Téléjournal, « François Hébert devient un immortel du Québec ». Tu te mélanges avec , Laferrière! On lui a pas donné de prix, finalement, à Dany Laferrière! Y était pas libre le vendredi après-midi pour sa photo de carte!

C : Pis des fois on se fait jouer des tours. On donne des prix à du monde tellement hot qui sont pas là.

LZ : Kayou Lepage. Y était pas là, l’ossetie.

C : Cette année, on donne un prix à Chrix Morix, un journaliste qui a fait plein de tournées avec des musiciens. Pis là, il est dans un gros festival à Austin, Texas. Fait qu’il aura pas de carte : yé pas là.

M : On a négocié qu’il allait avoir un trophée, mais pas de carte.

C : Son zine est écoeurant! On veut que ça circule!

M : Une chance que Catherine est là, parce que des fois je manque de jugement. Au début de l’année, je m’étais dit « OMG, c’est tellement bon le livre d’Alain Farah, faut lui donner un prix », pis Catherine m’a dit « de quoi tu parles? », pis effectivement, il est tout le temps à la radio, il est tout le temps partout. Peut-être que c’était une bonne idée de pas lui donner de prix, parce qu’il a pas besoin de nous.

LZ : Yé plus souvent à radio que vous autres!

M : Yé plus souvent à radio que j’ouvre la radio!

LZ : Trouves-vous ça difficile d’être seulement deux à l’Académie? L’année dernière, vous étiez trois…

C : Ça nous a tellement mis dans marde cette année quand on s’est aperçu que c’était Vic qui nous envoyait chier chacun de notre bord quand on poussait trop. Moi je tirais de mon bord, Mathieu tirait du sien, pis on est tombés sul cul tous les deux. Y avait pas de milieu.

M : C’était plus compliqué durant les premières années, mais astheure on est comme un vieux couple. Jason Camlot, je le connais pas, alors je fais confiance à Catherine.

C : Pis moi, Thierry Dimanche, j’ai pas fini son livre.

M : Pis On s’en câlisse, y avait effectivement quelqu’un qui s’en câlissait plus qu’un autre. C’est comme ça qu’on fonctionne!

LZ : Parlez-moi donc du gala en tant que tel. C’est le 5e cette année, et je pensais vous demander «  pensez-vous avoir atteint une certaine maturité? », mais je vais laisser faire!

C : Mais on le sait où elle est la maturité : présentement y a deux filles qui se battent pour donner les trophées. D’ailleurs, ma fille ici présente a les mains pis la face pleine de gesso parce qu’elle est en train de fabriquer les trophées.

LZ : Ouais, tantôt elle m’a dit qu’elle trouvait ça un p’tit peu ennuyant.

M : Ça fait que j’ai coupé son salaire.

LZ : Pas de nouveau cette année au gala?

M : Non. C’est Propofol qui fait la musique, comme l’an dernier.

C : Parce qu’ils sont trop merveilleux.

M : Pourquoi changer une formule gagnante quand on est débordés parce qu’on a des trophées à faire que c’était pas nous autres qui les faisait avant?

C : Tada!

M : Les affiches aussi. Je m’excuse, mais c’est les mêmes que l’année passée, mais avec des couleurs différentes.

LZ : Anyway, quand les gens les voient, sont saouls… Comment pensez-vous que vous êtes perçus par « l’institution »?

C : C’est QUI l’institution?

M : Y a du monde dans le milieu culturel qui doivent nous haïr sans nous le dire.

C : C’est drôle parce que moi, les institutions que je connais nous trouvent drôles. On est des clounes qui donnent des prix mais on les dérange pas.

LZ : OK, c’est « ha-ha-drôle »?

M : C’est « ha-ha-quioute »!

C : C’est un mélange des deux. Les gens à qui ont donne des prix n’ont rien demandé à ces institutions-là, ça fait qu’on n’a même pas le même ossetie de milieu. Nos prix se seraient pas rendus jusqu’à eux.

LZ : Sauf pour Dany Laferrière.

M : Ouais. Ma grande déception. Mais c’est vrai que les institutions se crissent probablement de nous autres parce qu’on n’a jamais demandé de subventions.

C : La plupart de nos lauréats non plus. On est l’underground de l’underground, laissez-nous donc tranquilles!

M : Le jour où on va demander des subventions, ils vont se mettre à nous trouver pas drôles. Mais pendant tout ce temps où on en demande pas, on les picosse à chaque année. Pis moi je me gêne pas, parce que, sérieux, crisse, le prix Émile-Nelligan est passé à côté de tous les grands poètes des dernières années.

C : Et on salue les lauréats du prix Émile-Nelligan.

M : C’est pas qu’ils le méritaient pas, c’est juste que c’est toujours la même ossetie d’affaire. Une fois aux trois ans, on voit quelqu’un de semi-underground à qui on va peut-être donner un prix, pis les autres c’est des finalistes super conventionnels, qui font des super bonnes affaires, mais qui font la même shit que d’habitude. Les poètes du Titanic. C’est la poésie d’une époque en train de couler.

[Là, ça se met à délirer, pis Catherine dit à Mathieu : « On l’a pas lu ton livre, il sort le 15 avril! »]

M : D’ailleurs on peut parler des grosses mains en mousse parce qu’il y a dans mon livre un texte qui s’appelle « Grosse main en mousse ».

LZ : Ga l’autre Mathieu qui plogue son livre!

M : Bin crisse. Je n’ai jamais eu d’hostie de prix! Les grosses mains en mousse, je les avais déjà achetées l’année dernière dans le but de sérigraphier des conneries dessus et de vendre ça à des étudiants de philo sur le party et c’est Vickie qui a eu l’idée d’en faire des trophées.

C : Vickie nous avait demandé ça. D’ailleurs elle nous doit une couple de centaines de piasses au prix que ça nous coûte!

M : Je trouve ça vraiment triste de pas avoir l’opinion de Vickie sur les trophées de cette année. Ce qu’elle faisait, c’est qu’elle trouvait dans les livres les images qui l’avaient marquée et elle construisait quelque chose avec ça. Catherine et moi on est vraiment plus dans la synthèse.

C : Absolument. Il nous manque le farfelu.

LZ : Mais vous manquez pas de farfelu!

M : Les mains en mousse sont quand même un peu pareilles. La première année, Vickie avait fait une fontaine de cennes en chocolat du Dollarama! C’était tellement n’importe quoi qu’il y a quelqu’un qui a jeté son trophée en sortant du gala.

C : T’imagines-tu ce que ça vaudrait sur le eBay de Tout le monde en parle?

M : Les trophées qui se sont pas mis à sentir valent sûrement quelque chose aujourd’hui! Il y avait des Ferrero Rochers l’année passée dans un!

LZ : Mais Vickie était absente au gala de l’année passée, elle était vraiment pas bien et ça s’est quand même bien passé.

M : J’ai quand même fait à peu près juste le tiers des animations que j’étais supposé faire parce que j’étais sur le bord de brailler à chaque fois.

C : Une chance que Catherine était là!

M : Catherine est hot en crisse. Elle a même lu un texte de Vickie, il y avait même pas un petit trémolo de tristesse dans la voix.

C : Après, j’étais dans le garde-robe par exemple.

LZ : On a un invité-surprise! Stéphane Larue! T’animes une soirée cette année?

Stéphane Larue : C’est en continuité avec le mandat précédent que j’avais eu. Je m’occupe du volet forme longue, donc de tous ceux qui ne font pas de courts poèmes. Fictions, monologue. C’est l’occasion pour les auteurs qui font ça de monter sur un stage. Ils sont d’ordinaire plus à l’aise derrière un laptop que sur une scène. Ça va leur faire un peu d’exercice. Tous mes invités pratiquent une forme qui peut trouver sa place derrière un micro. Mon but c’est de donner de la place à ceux qui ont moins de voix. Cette année on a Linakim de This is better than porn. On a aussi Benoît Mendreshora qu’on a peut-être plus entendu au Cabaret des auteurs du dimanche. On a également Hugo D. Sémillant qui a ouvert la soirée de l’an dernier de façon complètement surprenante. Cette année Ed [Hardcore] va être là. Il était à Haïti l’année passée.

LZ : Ed est jamais décevant sur scène.

SL : Il y aura Raymond Bock aussi. Et l’organisatrice du festival, Catherine, qui a gentiment accepté de participer. Pis Erika Soucy va venir lire aussi. Ça va être un bon party.

LZ : Tu vas lire toi aussi.

SL : Oui, je vais lire.

LZ : On n’a pas parlé du Salon du disque et des arts underground de Montréal. Catherine, tu vas avoir une table pour les Productions Arreuh en fin de semaine, les 8 et 9. Il va y avoir une table pour Doctorak. Mais Doctorak, on sait pas s’il va être là!

M : Doctorak espère avoir du matériel imprimé à temps!

LZ : Vous allez pouvoir acheter ses t-shirts. S’il a pas votre taille, on prend les commandes.

C : Under the Snow c’est intéressant. Ça fait une bonne collaboration avec le Dans ta tête.

LZ : Ça fait une pas pire programmation, ça, les amis.

C : Ce qui est le fonne du Dans ta tête, c’est qu’on se sent pas l’obligation de faire des shows pour faire des shows. Pour avoir plus de subventions. On fait juste quatre shows, mais ça va être quatre shows écoeurants. T’en manques un, tu vas le regretter pour le reste de ta vie. Et tous les jours où il y a pas de show, on est soit en collaboration avec Under the Snow ou on sort une micro-revue:

6 mars : show d’ouverture

7 mars : micro-revue sous la direction de Lora Zepam [LZ : C’est moué ça!]

8-9 mars : Under the Snow

10 mars : « On crève pas en hiver » au Café Chaos

11 mars : micro-revue sous la direction de Mathieu Poirier

12 mars : « Les Bonnie & Clyde » dont on vient de parler

13 mars : micro-revue sous la direction d’Anthony Lacroix de Sherbrooke

14 mars : performance dans le parcours d’art souterrain avec comme thématique « le sommeil ». C’est-à-dire que moi et ma fille on va aller dormir dans les œuvres. Ça va être drôle.

15 mars : micro-revue sous la direction de Claude Bouchard, une poète merveilleuse du Saguenay qui organisait la Nuitte de la poésie au Saguenay. Elle était aussi sous l’organisme Les poèmes animés et elle va bientôt sortir son premier livre. C’est quelqu’un à surveiller.

16 mars : gala et clôture du festival

Donc on a quelque chose tous les jours mais pas d’obligation.

LZ : On conseille aux gens de s’habiller chic et farfelu.

M : Et chaudement. Il fait frette des fois au Café Chaos.

LZ : Pis faut pas être gêné quand vient le temps d’aller pisser, non plus!

M : Y a pas de portes de toilettes!

C : J’ai quelque chose à vous raconter sur le Chaos. Ça s’appelle pus le Café Chaos. Le premier étage est fermé, ils ont déménagé toutes leurs activités en haut, et ça s’appelle maintenant Coop le Chaos. Pis y a des gars super motivés qui ont tout refait le haut. Ils ont démoli les toilettes, les ont rebootées…

M : Ils ont acheté une porte?

C : Ils ont un nouveau système de son, ils ont arrangé le bar. Je pense que ça va être que’que chose!

LZ : Peut-être que ça sentira pas la pisse cette année?

C : J’ai espoir.

SL : Moi je sors pas si ça sent pas la pisse.

M : Tu iras pisser dans le coin.

SL : OK.

LZ : Je suis contente de boucler la boucle avec le peupi du Café Chaos.

M : Attends, je voulais rajouter un truc d’envergure… Notre gala et le festival de Catherine… on est pas tuables. On n’a pas de subvention et on est niaiseux de consacrer tant d’heures par année à un truc qui nous rapporte rien.

LZ : Qui vous coûte quelque chose.

C : Oui!

LZ : Allo contributions volontaires!

M : Achetez-les les hosties de cartes! Je suis à veille d’être tanné d’en faire!

LZ : Je suis en train de les regarder. Ils sont en train de coller des stickers sur des cartes. C’est super beau.

C : Et ça c’est tellement vrai. On est pas tuables! On est trop niaiseux.

M : Et tantôt on parlait de comment les autres prix sont en retard sur leur époque. Je pense qu’on fait partie d’une génération de gens qui veulent faire quelque chose de littéraire mais qui ne veulent plus être des professionnels de la littérature. Ç’a été pendant vingt ans quelque chose de fondamental. Avec le festival et le gala, on n’a pas d’attentes mais on arrive à s’organiser avec les moyens du bord. Et on donne des prix aussi à des gens dont on sent qu’ils ont la même liberté. Qui se disent « puisque je gagnerai jamais ma vie avec ce que j’écris, autant écrire ce que je veux écrire ».

C : C’est ça qu’on célèbre.

M : On est la génération de la précarité culturelle. Et avec les années, on se rend compte que c’était beaucoup plus important de construire un genre de communauté de gens qui veulent faire ce qui leur tente en littérature, qui se lisent entre eux autres et qui découvrent de quoi est-ce qu’on est capables, c’est quoi notre imaginaire collectif et qu’est-ce qu’on peut inventer en matière de style et de forme quand on est rendu complètement libre. On n’est pas obligé de vendre mille livres pour que nos prochains manuscrits soient réédités. Beaucoup de poètes qui viennent lire ont des fois juste un livre, parfois même aucun livre et ils font des lectures pareil, et les lectures marchent et on les oblige pas à remplir la salle, comme c’était le cas en musique. En musique, t’as toute une équipe de promotion derrière, ce qui fait que tu peux pas faire la musique que tu veux. Et pendant des années, ç’a tué la littérature, l’idée que les médias c’était le bout de la marde et que le seul but c’était d’avoir un lectorat et de vendre des livres. Nous autres on s’en crisse un peu.

SL : Ça me fait penser à un commentaire que t’avais laissé sur le blogue de La Swompe où tu disais que plus tu encadres la production culturelle dans un marché qui se doit d’être rentable, plus t’es pogné à faire dans les formes prescrites. Mais c’est comme un blessing.

C : C’est une liberté de pas gagner ta vie avec ça parce que t’es complètement libre.

SL : T’as pas de comptes à rendre à personne parce que t’es pas lié par contrat, t’as pas de rendement à donner. Il y a rien à gagner de façon professionnelle au-delà de dire qu’écrivain, c’est ton métier. Si t’es capable d’écrire des textes, écris-les. Et t’auras pas plus de crédit si tu gagnes ou pas ta vie avec ça. L’important c’est que tu le fasses. Quand on va re-tchéquer ça dans trente ans, il y aura pas plus de valeur au texte qui aura été écrit si ce gars-là gagnait sa vie avec ça ou pas.

M : Et on est chanceux parce qu’il y a encore des subventions qui permettent qu’il existe une littérature au Québec. Au Canada anglais et aux États-Unis, la situation est différente. On est chanceux de pouvoir faire des textes qui ne sont pas dans une exigence de rendement et qu’il y ait quand même une vie littéraire. La chose qui est cool c’est qu’on a vécu tellement longtemps dans un régime de littérature médiatique où c’était important d’avoir un lectorat et une visibilité que tout le monde avait oublié qu’il y a des moments où c’est le grand public qui mène les choses et d’autres où c’est en petit groupe que ça se fait.

C : Un des choses qui est merveilleuse avec le Dans ta tête et avec le gala de l’Académie, c’est la collectivité que ça permet. Si t’es un éditeur, t’es quand même coincé. Si t’es un journaliste, t’es quand même coincé, etc. Nous on est libres et cette collectivité-là qui est quand même importante, elle est ancrée dans tout ce qu’on fait. On le fait pour nous. Un grand nous.

M : Oui, mais moi j’ai pas d’amis! Je vais pas téléphoner à Daniel Leblanc-Poirier pour savoir ce qu’il fait à soir.

LZ : Tu vas juste aller au Cheval blanc pis tu connais les trois quarts du monde qui sont là!

M : Mais on n’a jamais donné de prix au Cheval blanc! Il en mériterait!

LZ : C’est clair, ça nourrit les poètes!

Pis là, Larue pis Mathieu se mettent à parler du beau design de la Farnham, pis je finis par arrêter l’enregistreuse. Frette sec de même. On a-tu besoin d’une conclusion? Je pense pas.

Daria

Nouveauté cette année : l’Académie de la vie littéraire exploite des enfants pour la fabrication des trophées.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :