La sagesse, là ! Là !

Anthony-Pettis-Kick-EA-Sports

Madame,

Comment c’qu’a va?

Aon! Tu t’es ennuyée! Moé aussi, la grosse, moé aussi. Tu m’excuseras, ces derniers temps j’tais occupée à fourrer mon Monsieur dins États-Unis pis à signer des boules dans le Haut-Canada. Entre autres choses. Une vraie vie de rockstar, j’te dis pas !

D’ailleurs, j’ai vu que pendant mon absence t’avais liké une couple de statuts Facebook peu recommandables. Wewoui, essaye pas. Je peux toute savoir ça avec mon téléphone intelligent, très intéressant. Ta vie es-tu si déprimante que ça, Madame? Va à pharmacie pis pogne toé du Kutex, des bas de nylon, de la crème chère, une bonbonnière de chocolats pas mangeables, quecqu’chose… Parce que là, ça va mal à’ shop.

T’es une fan de Jean Tremblay12. Je t’ai surprise à aimer quelques-unes de ses réflexions profondes-et-à-la-fois-désinvoltes lancées dans l’internet. Tu te demandes de quoi je parle? Laisse-moi rafraîchir ta mémoire de vieille chipie…

En date du 28 avril dernier, Monsieur le Maire a dit: «C’est la peur qui ns protège. Certaines fois, ns devrions en avoir davantage.» pis t’as aimé ça.

En date du 3 mai, il a ajouté: «Ce n’est pas les idées qui transforment, c’est la foi.»,

pis en date du 10, il a dit: «Les combats ultimes, ce n’est pas du sport!».

Non, mais vraiment ! Y’était temps que je r’viennes pour te remettre les yeux en face des trous. J’ai pas de bac en philo (j’ai pas de bac tout court), mais j’ai sept ans de thérapie en arrière de la cravate, me permettant d’analyser assez facilement certains mécanismes mentaux néfastes et de les déconstruire à coups de deux-trois arguments assez bien vulgarisés. Check ben.

Quand Monsieur Tremblay dit «C’est la peur qui ns (prononcer «nous») protège. Certaines fois, ns devrions en avoir davantage.» Il encourage ses lecteurs aka les électeurs de Saguenay, à entretenir leurs comportements immatures et à demeurer dépendants affectivement. La peur n’est pas une émotion constructive. Plutôt que de la banaliser et d’en faire un produit de rationnalisme aigüe tel qu’il le propose, ses lecteurs devraient plutôt s’en libérer en vue de se responsabiliser et se dépasser. Pour ce faire, il est suggéré de passer par trois étapes de réflexion/action constructives.

La première étape consiste à entendre cette peur. La sortir de soi. La façon la plus simple et efficace, à mon sens, est de l’écrire sur papier. Il faut y aller sans retenue, sans barrière, pour arriver à la source de notre peur et/ou de tout autre mal-être intérieur.

La deuxième étape suggère une analyse du comportement immature. Il suffit de regarder notre programmation intérieure néfaste et d’essayer de voir comment nous pourrions attaquer le problème de façon logique et constructive.

Le dernière étape consiste à adopter une attitude logique et mature face à la situation, au quotidien. Pour ce faire, il faut répéter les deux premières étapes autant que nécessaire. À pratiquer tous les jours jusqu’à ce que la peur et/ou tout autre mal-être intérieur ne se présente plus.

Exemple…

Mettons que t’aurais une peur maladive, Madame, d’aller d’entrainer depuis que t’as accouché parce que tu fais toujours un peu pepi quand tu cours ou que tu forces trop. Le Maire de Saguenay, dans sa logique, pourrait te répondre quelque chose dans le genre de: «Voyons Madame! Ma femme aussi pisse un peu quand elle court, pis?! Mets une patch pis on n’en parle pu!» ou encore «Je comprends, Madame. Je suggère donc que tu t’entraines tu-seule dans ton sous-sol, à l’abri de tous, pour éviter qu’on te sente jusqu’à Chicoutimi Nord.» Dans les deux cas, aucun de ces conseils n’est constructif. Aucun de ces conseils ne tient compte de la composante illogique du mécanisme, aucun de ces conseils ne reconnaît qu’un traumatisme ait pu avoir lieu. Même si tu mets une serviette sanitaire pour t’entrainer Madame, ta peur de pisser va demeurer. Cette peur, à priori banale, cache sans doute une peur plus grande; elle est le témoignage d’une programmation immature.

Après ventilation, tu découvriras peut-être que cette peur du pepi vient d’un trop grand perfectionnisme ou d’une intransigeance profonde envers toi et les autres. En travaillant cette intransigeance au quotidien, dans différentes situations, tu te libèreras de ton mécanisme infantile et, de fil en aiguille, n’aura plus peur de t’échapper en courant. Tu accepteras que ça peut arriver, prendra les mesures nécessaires, et accèdera au bonheur d’une bonne séance de jogging.

Dans son autre statut: «Ce n’est pas les idées qui transforment, c’est la foi.», Monsieur Tremblay laisse entendre que les non-croyants sont condamnés à la stagnation éternelle par une incapacité totale à se «transformer». Par cette affirmation, il voudrait dire que l’on nait croyant et qu’une découverte spirituelle tardive est impossible. Il ne propose pas que la foi est nécessaire pour grandir, il annule d’emblée la possibilité d’y accéder. Lui répondre que le bonheur est accessible par une attitude constructive intérieure, même dénuée de pratique religieuse, ne ferait probablement pas écho. Entre toé pis moé, Madame, y’é pas rendu là dans ses pensées sages.

Finalement, aller dire que «Les combats ultimes, ce n’est pas du sport!» c’est baveux en viarge. T’as juste à regarder les fesses de Georges dans son maillot moulant pour savoir que c’est de la viande de sportif AAA. Pis les cuisses d’Hendricks… Sans parler des abdos de Pettis, avec ses tatoos su’é pipes.

Non, vraiment, Madame… Le Maire Tremblay, y’é su’a poff.

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